Le lifting de l'église Saint-Martin

« L'église Saint-Martin d'Arlon est un des plus beaux monuments néo-gothiques d'Europe » selon Monsieur Christophe BOTTINEAU, architecte en chef des Monuments historiques de France, désigné, avec son confrère l'architecte Jacques DAVIN, d'Arlon, pour la restauration de ce magnifique édifice.

Pratiquement tous les arlonais et leurs visiteurs sont intrigués par l'importance des échafaudages qui corsètent l'église Saint-Martin, et la durée de leur installation.

Pour rappel, la construction de cette église a débuté en 1907 et s'est achevée en 1914. Elle est donc plus que centenaire et a subi les affres de la guerre (double explosion du pont de Schoppach, vol de toutes les cloches) et de réparations mal réalisées. Les pierres qui la constituent ont pris de l'âge et certaines d'entre elles s'effritent, se décèlent et risquent de tomber. C'est particulièrement le cas de la tour et de sa flèche (97 mètres de hauteur, soit la plus haute de la Région wallonne) et de la flèche de croisée (appelée habituellement campanile).


Lire la suite...
Le mot du metteur en scène PDF Imprimer Email
Jubilé 1914-2014

Dire c'est faire ...

Quand Armel écrit, il fait bien plus que déposer un peu d'encre sur le papier. Son humour et son érudition secouent le cocotier de nos idées reçues. J'aime quand il me fait voir une chose sur laquelle mon regard avait trop négligemment glissé. Il a réussi à mettre des mots sur un geste. A travers un kaléidoscope de regards, Armel pose une question centrale : le geste de Saint Martin a-t-il encore un sens aujourd'hui ?
En écrivant un spectacle qui n'aura pas lieu comme une illusion comique, un pied de nez, une grimace d'enfant, ...  Armel se joue de nous pour que nous puissions jouer avec lui. Au tragique, Armel met un nez de clown, un bonnet de bouffon. Et c'est ce bouffon qui se permet de dire - aux rois, aux reines et aux princesses que nous pensons parfois être - la vérité sur le royaume sinon de Dieu, du moins des Hommes.
A travers ces différents person-nages qui parleront de Martin, Armel nous laisse le choix. D'abord, il nous offre la variété des points de vue, d'aimer ou non, de faire corps ou non, ... Puis, il nous interroge sur le choix d'agir ... ou non.

Et faire c'est dire un peu ...
Au commencement était le verbe... mais, au fil des semaines de répétition, j'ai compris que le geste de Saint Martin est la réalité tangible de la possibilité de Dieu.
J'ai grandi à l'ombre de ce clocher. Je suis passé des centaines de fois devant son fronton. Sous l'une de ces portes, j'y ai embrassé celle qui allait devenir ma femme ... Et Armel me le fait encore redécouvrir, ce clocher. Je lis le texte. J'en entoure certaines répliques, je souligne ce qui me touche, j'annote ... et je ne dirai rien aux comédiens. Ils trouveront par eux-mêmes ce qu'ils veulent dire, pourront dire, arriveront à dire à travers leur personnage. Parce qu'ils parlent ces personnages. Ils racontent, ils disent, ils se disent à travers un tableau. Mais nous est-il encore possible d'écouter un tel tourbillon de mots ? Ce n'est pas grave si votre esprit divague, si votre regard s'égare sur une sculpture ou une colonne. Regardez ces personna-ges comme des vitraux. Parfois, la lumière les frappe. Alors ils s'illuminent et les fragments de verre coloré s'embrasent, s'assem-blent et dégagent une image. De ce spectacle, si vous en gardez quelques fragments et quelques mots tendus vers quelque chose de plus juste, de plus beau, de meil-leur, je serai simplement heureux.

Fabien LAFONTAINE