Le nouveau vitrail de St Martin : "Matin de Pâques"

Essai d'interprétation

Donnons-nous la peine de nous avancer vers le chœur de l'église et retournons-nous pour avoir une vue d'ensemble du vitrail. Le regard est ébloui par la magnificence de l'œuvre et par le chatoiement des couleurs. Le vitrail est non-figuratif et laisse à chacun la liberté d'interprétation qui lui convient.

Essayons de le détailler quelque peu et laissons le regard le parcourir de bas en haut.

Le bas du vitrail frappe d'abord par son bleu nuit, qui forme une masse énorme et occupe toute la surface du bas. Il évoque dans mon esprit le monde des abysses, avec des ondulations qui font penser à des courants sous-marins.  Serait-ce le monde des enfers, dont il est question dans le credo chrétien ?

Ou encore les ténèbres de la nuit profonde après la mort en croix du Christ ?

On sent très bien que ce bleu traduit quelque chose d'inquiétant, qui a de quoi faire frémir.

Il faut distinguer dans cette masse deux zones :

-        celle du dessous, d'un bleu profond, avec au centre une tache multicolore qu'il me paraît difficile d'interpréter. Cette zone est soulignée d'une bande rouge qui fait le lien avec les bandes rouges latérales et semble encadrer tout le tableau.

-        celle du dessus, avec déjà des tons d'un bleu plus clair, où apparaît au centre une tache verte qui tranche sur le bleu. Signe d'espoir ? Évocation du tombeau où repose un corps dans une mort qui n'est que provisoire ?

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Homélie du dimanche 01 Décembre. 1ère Semaine de l'Avent. PDF Imprimer Email
Année 2019

Le temps passe vite ! L'année liturgique C / 2019 s'est terminée dimanche dernier et nous commençons aujourd'hui une nouvelle année liturgique, l'année A. Comme d'habitude en cette période de l'Avent, le mouvement « Vivre ensemble » nous propose de participer à la solidarité telle qu'elle doit se traduire dans la transformation du « moi je » en « nous tous ensemble » ou encore : ‘Nous, tous ensemble, solidaires.'

Ce thème est en rapport avec la réalité que nous observons et vivons en nous, autour de nous et dans notre monde. Une réalité qui est celle de la souffrance, de la misère, de la pauvreté et de la solitude, que l'on observe dans une bonne part de la population, surtout chez les plus âgés, les jeunes et même les enfants en bas âge. Cette dure réalité est souvent la conséquence inévitable de la montée de l'individualisme, de l'indifférence et aussi du creusement des inégalités sociales et économiques dans notre société.
Noël est la fête qui nous rappelle la présence du Dieu couché sur la paille, un Dieu fragile et pauvre venu parmi les hommes. Il nous invite à en prendre conscience et à nous incliner devant Lui, pour le retrouver en nous, mais aussi dans tous nos frères et sœurs démunis.

Le temps de l'Avent nous invite à nous réveiller, à sortir de nos sommeils pour rallumer en nous cette petite lampe qui a tendance à s'éteindre, pour être éclairés et voir le clin d'œil que Dieu adresse à chacune de ses créatures, surtout celles dont la dignité est bafouée.

L'ambiance générale dans laquelle nous baignons aujourd'hui ressemble à celle du temps de Noé et du déluge. La vie suit son cours. Il y a des choses qui marchent, avec de belles initiatives de solidarité et de fraternité. Mais aussi de celles qui ne vont pas bien, qui inquiètent et qui créent du stress, de l'angoisse, du pessimisme ; même s'il est vrai qu'il n'y a pas toujours raison de s'inquiéter. La tendance générale est soit de ne voir que ce qui va mal, soit de vivre dans une indifférence ou une insouciance qui font oublier l'éveil et la vigilance. Et lorsque la panique générale devient trop importante, chacun cherche à se replier et à se refermer sur lui-même.

Jésus nous invite aujourd'hui à nous réveiller de nos sommeils d'insouciance et d'indifférence, à sortir de nos peurs, de nos enfermements, en allant vers les autres, en participant avec eux à l'avènement d'un monde nouveau. Un monde fraternel et solidaire où chacun et chacune assume ses droits et ses devoirs. Droit à la vie, à la liberté et à l'égale dignité qui permet de bâtir ensemble un monde de justice et de paix dans lequel les gens s'aiment et où il fait bon vivre. N'est-pas là la promesse du Royaume ?

Doyen Wenceslas MUNGIMUR.