Le nouveau vitrail de St Martin : "Matin de Pâques"

Essai d'interprétation

Donnons-nous la peine de nous avancer vers le chœur de l'église et retournons-nous pour avoir une vue d'ensemble du vitrail. Le regard est ébloui par la magnificence de l'œuvre et par le chatoiement des couleurs. Le vitrail est non-figuratif et laisse à chacun la liberté d'interprétation qui lui convient.

Essayons de le détailler quelque peu et laissons le regard le parcourir de bas en haut.

Le bas du vitrail frappe d'abord par son bleu nuit, qui forme une masse énorme et occupe toute la surface du bas. Il évoque dans mon esprit le monde des abysses, avec des ondulations qui font penser à des courants sous-marins.  Serait-ce le monde des enfers, dont il est question dans le credo chrétien ?

Ou encore les ténèbres de la nuit profonde après la mort en croix du Christ ?

On sent très bien que ce bleu traduit quelque chose d'inquiétant, qui a de quoi faire frémir.

Il faut distinguer dans cette masse deux zones :

-        celle du dessous, d'un bleu profond, avec au centre une tache multicolore qu'il me paraît difficile d'interpréter. Cette zone est soulignée d'une bande rouge qui fait le lien avec les bandes rouges latérales et semble encadrer tout le tableau.

-        celle du dessus, avec déjà des tons d'un bleu plus clair, où apparaît au centre une tache verte qui tranche sur le bleu. Signe d'espoir ? Évocation du tombeau où repose un corps dans une mort qui n'est que provisoire ?

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Homélie du dimanche 06 Octobre.27ème Semaine du Temps Ordinaire PDF Imprimer Email
Année 2019

L'évangile nous parle de la foi comme d'une petite graine. Mais celle-ci est si minuscule qu'elle finit parfois par se perdre. Il n'est pas facile de vivre en disciple du Christ dans un monde hostile ou indifférent. Comment témoigner de l'évangile quand on ne voit que ce qui va mal dans nos communautés paroissiales ? Comment parler d'un Dieu amour à des hommes, des femmes et des enfants qui vivent dans la misère et qui sont victimes de l'exclusion et du mépris ?

La réponse, c'est Jésus lui-même qui nous la donne par ses paroles mais surtout par toute sa vie. Tout l'Évangile nous le montre en parfaite communion avec son Père. C'est cette foi qu'il veut nous inculquer, une foi qui est confiance totale, y compris sur la croix. Rien n'est impossible avec une telle foi : elle transporte les montagnes. Elle fait surmonter tous les plus grands obstacles.

Bien sûr, il n'est pas question de pouvoirs magiques. Avoir la foi, c'est donner toute sa confiance à Jésus malgré les apparences. Jésus nous parle de l'arbre qui se jette dans la mer. Dans la Bible, l'arbre est symbole de vie et la mer symbole de mort. Qu'un arbre aille se planter dans la mer, c'est bien ce que Jésus a fait : il a planté la vie dans la mort, et la mort a été vaincue. Par sa mort et sa résurrection, il nous a ouvert un passage vers la vraie vie. Nous pouvons vraiment lui donner toute notre confiance car rien ne peut nous séparer de son amour.

Dans la deuxième lecture, saint Paul nous met en garde comme Timothée contre la honte ou la culpabilité qui peuvent se saisir de nous quand nous sommes persécutés ou tout simplement quand on se moque de nous en tant que chrétiens. Beaucoup en effet peuvent être tentés de se taire ou de rougir de leur foi, que ce soit dans leur milieu de travail ou à l'école !

Seule une vie de foi dans laquelle nous nous tenons auprès de Dieu, et où nous prenons le temps de nourrir notre intelligence et notre cœur, nous permettra de surmonter cette peur et d'oser devenir des témoins, quoi qu'il en coûte. En cela, nous pouvons suivre l'exemple de tant de chrétiens à travers le monde qui n'ont pas peur de risquer leur tranquillité et même leur vie pour témoigner de leur foi ; d'une certaine façon, leurs martyres sont plus nombreux que jamais !

Pour arriver à ce témoignage, nous avons envie de faire, comme les disciples, cette prière à Jésus :  Seigneur, augmente notre foi, parce que nous sommes bien conscients de notre faiblesse, de notre peur, de nos petites et grandes trahisons. Mais est-il vraiment possible d'évaluer notre foi, de savoir quel est notre degré de force et de résistance à la peur ? Jésus va répondre en faisant voir à ses disciples que la foi n'est pas une question de quantité mais de qualité.

L'important, face aux difficultés, à la violence et même à la persécution, c'est de compter sur Dieu : nous sommes des pauvres qui mettent toute leur confiance en Dieu. Peut-être que notre foi ressemble à cette toute petite graine dont parle l'Evangile et dont la force est inattendue. Il y a des petites graines qui en germant sont capables de soulever des dalles de béton : le témoignage de la vie des saints nous le montre !

Les saints (et il y en beaucoup aujourd'hui) nous montrent que la foi n'est pas une vague croyance diluée dans des réflexions plus ou moins intellectuelles, mais une adhésion au Christ, reconnu par nous comme Dieu fait homme : cette foi peut soulever les montagnes. Mais nous nous demandons peut-être : comment durer dans la foi ? Revenons à l'image de la graine : celle-ci développe toute sa force dans la mesure où elle laisse la vie agir en elle ; de la même manière, la foi est une vie : elle grandit dans la mesure où nous l'exerçons, où notre « je crois » s'exprime dans l'appel de notre prière et dans chaque acte de fidélité et de témoignage.

Etant des « serviteurs » au service d'une mission qui nous dépasse, rien de ce que nous faisons n'est indispensable au Seigneur ; la croissance et le rayonnement de notre foi ne s'évaluent pas selon les critères humains de la réussite ou du donnant-donnant : c'est une question de confiance et d'amour mutuel. Jésus nous a dit : « sans moi, vous ne pouvez rien faire » ; ceci est un levier extraordinaire pour notre vie : nous pouvons en effet revenir au témoignage de Saint Paul disant : « je peux tout en celui qui me rend fort » et « tout est possible à celui qui croit ». Amen.


Abbé Vicnent Ngyen.