Le nouveau vitrail de St Martin : "Matin de Pâques"

Essai d'interprétation

Donnons-nous la peine de nous avancer vers le chœur de l'église et retournons-nous pour avoir une vue d'ensemble du vitrail. Le regard est ébloui par la magnificence de l'œuvre et par le chatoiement des couleurs. Le vitrail est non-figuratif et laisse à chacun la liberté d'interprétation qui lui convient.

Essayons de le détailler quelque peu et laissons le regard le parcourir de bas en haut.

Le bas du vitrail frappe d'abord par son bleu nuit, qui forme une masse énorme et occupe toute la surface du bas. Il évoque dans mon esprit le monde des abysses, avec des ondulations qui font penser à des courants sous-marins.  Serait-ce le monde des enfers, dont il est question dans le credo chrétien ?

Ou encore les ténèbres de la nuit profonde après la mort en croix du Christ ?

On sent très bien que ce bleu traduit quelque chose d'inquiétant, qui a de quoi faire frémir.

Il faut distinguer dans cette masse deux zones :

-        celle du dessous, d'un bleu profond, avec au centre une tache multicolore qu'il me paraît difficile d'interpréter. Cette zone est soulignée d'une bande rouge qui fait le lien avec les bandes rouges latérales et semble encadrer tout le tableau.

-        celle du dessus, avec déjà des tons d'un bleu plus clair, où apparaît au centre une tache verte qui tranche sur le bleu. Signe d'espoir ? Évocation du tombeau où repose un corps dans une mort qui n'est que provisoire ?

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Neuvaine à Notre-Dame de Lourde - homélie du dimanche 10 février 2019. PDF Imprimer Email
Année 2019

Simon Pierre, ouvrier- pêcheur sur le lac de Galilée, ce matin-là, est au boulot avec ses amis.  Boulot ingrat s'il en est puisqu'il faut malgré tout laver les filets pour rien, après avoir peiné toute la nuit sans rien prendre.

Beaucoup diraient : Ce n'est certainement pas le moment de venir avec des paroles pieuses et des beaux discours.  C'est l'heure où il vaut mieux se tenir à l'écart et laisser passer le découragement.

Simon ignore encore que c'est l'heure que Dieu a choisie pour débarquer dans sa vie.  Dieu débarque souvent pendant les heures creuses.

La demande de Jésus est incongrue, provoquante.  Qu'est-ce qu'il y connaît à la pêche ! Pourtant  Simon s'exécute, sans comprendre sans doute.  Il fait confiance.  Et l'inattendu arrive.

Devant cette force surnaturelle, Simon s'écroule, saisi d'effroi : « Eloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur »

Isaïe, 6 siècles plus tôt avait fait la même expérience : « Malheur à moi, je suis perdu car je suis un homme aux lèvres impurs ».

Pour Simon-Pierre, cette pêche miraculeuse est un événement inattendu et bouleversant dans sa vie.  Quand Jésus lui dit : « désormais ce sont des hommes que tu prendras »,  commence alors pour lui sa mission d'apôtre et de premier pape.  Qui aurait pensé que le premier pape de l'Eglise du Christ soit un humble pêcheur du lac de Galilée !  Pour Dieu, toute histoire d'amour commence dans l'humilité !

Et la petite Bernadette Soubirous, elle aussi venant d'un milieu modeste et avec une santé fragile, le 11 février 1858,  va partir avec sa sœur Toinette et une amie ramasser du bois mort sur les berges du Gave  à la grotte de Massabielle.  Elle racontera elle aussi son saisissement quand elle voit dans la noirceur du rocher une dame toute vêtue de lumière.

C'est au cours des 18 rencontres avec Aquero comme Bernadette  nommait la Belle Dame, que Marie  va lui faire découvrir l'Evangile et être sa catéchiste pour la préparer à sa première communion  alors qu'elle avait été exclue du catéchisme paroissial parce qu'illettrée.

Cette rencontre bouleversante avec La Belle Dame qui se révèle être l'Immaculée Conception va devenir un temps fort de l'histoire de l'Eglise.  Depuis 161 ans des centaines de millions de pèlerins se sont rendus à la Grotte de Massabielle pour y vivre et redécouvrir le message de l'Evangile sous le regard de Marie.

Cette redécouverte de l'Evangile se vit d'abord dans des temps forts de prière  et de célébrations mais aussi dans une belle fraternité et une solidarité émouvante envers  les malades et moins valides et particulièrement le dévouement des hospitaliers à leur égard.

De nombreux pèlerinages à Lourdes ont marqué ma vie de chrétien et de prêtre en commençant comme je vous l'ai déjà dit par ma première communion à Lourdes.  J'avais 6 ans  Je ne l'oublierai jamais.  Ces 2 dernières années avec ma santé qui s'est dégradée, j'ai vécu  à l'accueil Marie Saint-Frai, maison qui accueille les malades et moins valides des Pèlerinages Namurois, des moments émouvants  d'entraide et de fraternité.

Les pèlerinages à Lourdes sont pour moi et pour beaucoup -je pense- des moments essentiels où la foi et l'espérance se vivent dans la charité !

Merci Seigneur pour le chemin de Bernadette, tracé par Marie, chemin de l'Evangile, annoncé aux pauvres, à travers même la misère, le mal et la boue, chemin d'un bonheur au goût de source, qu'il s'agit de partager.  Communion à ta vie même Jésus, toi qui t'es fait pauvre pour nous enrichir de ta pauvreté et de ton amour.!

Abbé Jean-Marie JADOT.