Le coulage de la nouvelle cloche pour le campanile de St-Martin a été reporté au 27 septembre 2019.

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Homélie du dimanche 20 Janvier 2019, 2ème Semaine du Temps Ordinaire PDF Imprimer Email
Année 2019

Frères et sœurs, l'évangile d'aujourd'hui nous raconte qu'à Cana en Galillée, il y a une noce pour un jeune couple non-identifié et tous les gens du village sont invités à venir célébrer. Marie et Jésus sont également invités.

Cana de Galilée était un petit village pauvre où pouvait résider une soixante de personnes regroupées en une vingtaine de familles. Lorsqu'il y avait une noce, tous les gens du village étaient invités. Au temps de Jésus la fête de la noce pouvait durer toute une semaine.

La Galillée est reconnue comme un pays qui avait des vignes et de beaux raisins et nous comprendrons que le vin était très important pour vivre la fête.

Le vin signifiait la joie, la vie et l'amour. Dans le pays de la Galillée faire une fête, une noce et manquer de vin était très gênant et presque impardonnable.

En fait, au milieu de la fête à Cana, on se rend compte qu'une certaine inquiétude apparaît sur le visage des organisateurs de la fête : ils n'ont plus de vin. La fête est finie, la fête est ratée, gâchée... Peut-être pouvons-nous voir dans ce manque absolu un autre manque bien plus grave : « Ils n'ont plus d'amour ; ils n'ont plus de joie ; ils n'ont plus de paix ; tous ces gens victimes de la haine, de la violence et de l'indifférence. Ils n'ont plus rien.

Ils n'ont même pas où aller ! Ils n'ont pas de toit, pas de quoi manger, pas de quoi se faire soigner. Ils n'ont plus rien ! La situation de bien de migrants, de bien de réfugiés nous interpellent. Comme Marie est interpellé à ce repas de noces par ce manque crucial. Elle comprend qu'il y a un manque de vin.

Alors, Marie voit tout cela et elle nous donne un conseil, une consigne : « Tout ce qu'il vous dira, faites-le. » Tournons-nous vers le Christ, écoutons, accueillons sa parole et mettons-la en pratique.  Nous avons la parole du Christ, nous avons l'évangile. Sans cesse, il faut y revenir, contempler le Christ dans sa façon d'accueillir, d'écouter, de ressentir au plus profond de lui-même combien il est touché, ému par tous les drames humains qu'il rencontre sur les routes de Palestine, de Galilée et même au-delà des frontières de son propre pays.

Il nous faut le contempler dans la parole qu'il prononce, le geste qu'il accomplit pour guérir, consoler, relever, remettre debout, pardonner... Ce qu'il nous dit, c'est l'évangile de la miséricorde. Cette miséricorde, c'est à nous de la décliner, par notre façon d'accueillir, de construire la fraternité, de vivre de véritables solidarités, d'avoir un regard bienveillant envers toute personne, d'aimer tout simplement. Car s'il est un mot qui résume tout ce qu'il nous dit, c'est bien l'amour.

Oui, c'est bien d'amour qu'il s'agit ici. Une noce. Un mariage, ce n'est pas sans amour. Le mariage, c'est la célébration de l'alliance entre un homme et une femme qui s'aiment et qui ont décidé de se donner l'un à l'autre. Cet événement nous parle aussi de l'amour passionné de Dieu qui veut faire alliance avec tous les hommes de tous les temps et de tous les pays.

Et il nous invite à un changement autrement plus radical que l'eau devenue vin. Il nous invite à nous débarrasser de nos rites de purification inutiles et inefficaces pour embrasser la religion de l'amour.

Les noces de Cana annoncent quand l'heure sera venue, celle de l'alliance scellée dans le sang de l'agneau, le sang de celui qui va jusqu'au bout de l'amour, jusqu'à donner sa vie par amour. Le pape François disait : « Je préfère une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu'une Église propre s'accrochant à ses propres sécurités. »

Frères et sœurs, face à toutes ces interpellations le Christ nous dit et nous montre ce qu'il faut faire ! Il ne nous demande pas d'être propres, mais d'aimer, de voir en toute homme, en toute femme, un frère, une sœur à aimer. Amen.

Diacre Vincent Nhat.