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Neuvaine à Notre-Dame de Lourde - témoignage du vendredi 8 février 2019. PDF Imprimer Email
Année 2019

Le thème de la neuvaine de cette année : Heureux, vous les pauvres, revêt un caractère presque provoquant.  Pour nous qui vivons dans une société matérialiste, il est difficile d'associer spontanément la pauvreté au bonheur ?

Pour bien comprendre cette phrase, il est important de connaître le sens des mots. La Bible a été écrite en grec. Dans cette langue, l'adjectif « pauvre » signifie mendiant et renvoie à la notion biblique de pauvres du Seigneur qui ayant conscience de leurs faiblesses et de la fragilité de leur existence reconnaissent que sans le Seigneur ils ne sont rien. François d'Assise, Benoît Joseph Labre, Mère Teresa ou encore l'abbé Pierre ont été ces pauvres du Seigneur qui ont associé dans leur vie l'imitation du Christ pauvre et l'amour concret pour les pauvres.  En cela, ils ont trouvé le bonheur et ont apporté du bonheur aux pauvres.

Au cours de cette neuvaine cette notion de pauvreté a été délinée en fonction des expériences de celles et ceux qui ont pris la parole.  Ce soir, je souhaiterais donc évoquer avec vous la pauvreté dans laquelle vivent certains jeunes.  Cette pauvreté s'appelle la peur.  Peur d'entrer dans un monde où la réussite sociale et le pouvoir sont mis en valeur.  Peur de se retrouver sans emploi et donc dans la précarité.  Peur du dérèglement climatique. Peur de ne pas être aimé parce que balloté d'un parent à l'autre. Peur de ne pas correspondre à l'image que leurs parents se font d'eux.  Peur de ne pas avoir l'apparence qui correspond aux canons de la mode.

Ces peurs vécues par certains jeunes ne sont finalement que le reflet des pauvretés de notre société qui manque cruellement d'amour et de fraternité.  Pour fuir cette peur, certains s'engouffrent dans toutes sortes d'assuétudes : les jeux en lignes toute la nuit, l'alcool ou encore la drogue. D'autres vont jusqu'au suicide.  Le tableau que je dresse peut paraître bien noir mais il n'est malheureusement pas exagéré. Il est même chiffré puisque selon l'OMS, le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les 15-29 ans. Il nous revient donc de proposer aux jeunes un chemin de sens.

Nous qui sommes parents, grands-parents, éducateurs chrétiens, nous pouvons trouver dans notre foi le chemin de bonheur à proposer aux jeunes.  Un aspect important de notre foi, c'est la confiance.  La confiance est aussi fondamentale dans la pédagogie de Dieu.  Il nous a fait confiance en nous offrant la Création. Le Christ nous a fait confiance en nous invitant à le suivre.  Marie a fait confiance à la petite Bernadette en venant la rencontrer à Lourdes. Bernadette a fait confiance à la  Dame.

La méditation de cette rencontre de Lourdes, de cette marque de confiance de Marie est aussi pour nous, l'occasion de nous pencher sur la qualité de nos rencontres. Et notamment les rencontres avec les jeunes.  Arrivons-nous à leur faire confiance et à les voir comme des sœurs et frères en humanité qui portent en eux un grand trésor ?  Ou bien les réduisons-nous à leur smartphone ? Arrivons-nous à prendre au sérieux leur engagement en faveur du climat ?  Jésus lors de ses rencontres a toujours cherché à déceler les richesses de ses interlocuteurs. Il leur accordait sa confiance. Marie a fait de même avec Bernadette.

Si nous nous exerçons à rencontrer les jeunes en confiance, à bâtir avec eux une relation de qualité et à déceler le trésor qu'ils portent en eux, nous pourrons les aider à se dépasser et à trouver un chemin de sens qui les rendra heureux malgré la pauvreté de la peur.  Pour les aider à atteindre cet idéal, il faudrait peut-être (et il y a du travail) que nous leur montrions l'exemple en devenant, comme le Pape François nous y invite, des pauvres du Seigneur en nous détachant, d'abord de tout ce qui est superflu.  JJ Goldman dans sa chanson « Les Choses » dit J'ai pris les choses et les choses m'ont pris.

Nous devrions ensuite placer le souci des plus fragiles d'entre nous au centre de nos préoccupations. L'indifférence tue.  Enfin, face aux pauvretés, n'oublions jamais que ce qui est important c'est ce que la personne EST et non ce qu'elle A.  Si nous voulons que les jeunes trouvent le bonheur, il faudrait sans doute que nous leur montrions que nous l'avons trouvé en abandonnant la logique de l'avoir plus au profit de l'être plus.  Alors et alors seulement le thème de cette neuvaine Heureux, vous les pauvres nous apparaîtra évident. Convaincu de cela, nous pourrons dire aux jeunes, comme le pape Jean-Paul II lors de son intronisation,  N'ayez pas peur !

Olivier Crucifix, diacre