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HOmélie du 15 juillet 2018 PDF Imprimer Email
Année 2018

Homélie 15e dimanche ordinaire année B

Marc 6, 7-11

Frères et sœurs, la Parole de Dieu de ce dimanche nous donne l'occasion de nous réapproprier notre ministère de témoins de l'Évangile. Par notre baptême, nous sommes tous envoyés comme prêtres, prophètes et rois, pour témoigner de la Bonne Nouvelle du salut offert en Jésus-Christ. Dans l'évangile de ce jour, nous voyons Jésus qui appelle les Douze qu'il a choisis comme disciples et les envoie en mission deux par deux. Tels sont les deux mouvements fondamentaux de toute vie chrétienne: être choisi et envoyé. En bon pédagogue, Jésus choisit pour ses disciples une formation par alternance : tantôt sur le terrain, deux par deux, avec des instructions explicites, tantôt en grand groupe avec lui pour relire l'expérience vécue et grandir dans la confiance.

L'envoi des Douze en mission va dans le sens de l'accroissement du Royaume de Dieu : en les envoyant, Jésus étend son activité en paroles et en actes, non seulement chez les juifs, mais aussi chez les païens. Comme un bon médecin, il leur prescrivit une ordonnance de la mission : ne rien  prendre pour la route, sinon un bâton en main, ni pain, ni besace, ni pièces de monnaie, ni vêtement de rechange, mettre des sandales aux pieds, sinon l'essentiel. Ils ont déjà ce dont ils ont besoin pour leur mission. Jésus révèle par là aussi que la vraie nourriture nécessaire pour la route (le viatique), c'est lui en personne, pour soutenir la force, le courage des disciples. Il leur demande de changer leur centre d'intérêts, de préoccupations, de centrer leur mission sur sa personne. La seule chose qu'il leur a permis, c'est un bâton en main et les sandales aux pieds, c'est-à-dire les instruments de la marche. Ce qui leur permet de rester en mouvement d'envoi. Jésus les met ainsi dans une situation de marche qui sera la définition de leur apostolat. Les chrétiens sont des gens qui sont toujours en marche, de l'avant, qui sont toujours en mouvement, dans le mouvement de l'Esprit Saint.

Aujourd'hui tout est si facile. Quel que soit le voyage que nous entreprenions pour les vacances ou quelques missions de travail, notre premier réflexe c'est d'attraper une valise où on prend quelques échanges, même si on ne part que trois jours, peut-être un peu d'argent, on a la carte bleu dans la poche.

Une petite histoire. Autrefois, les missionnaires qui venaient évangéliser chez moi en Centrafrique, faisaient tout venir de leurs pays : nourriture, vêtements, chaussures, dans les conteneurs. Quand ils partaient pour évangéliser dans les villages, ils emportaient avec eux leurs aliments en boîte de conserve, en tranches coupées, la boisson de chez eux et campaient en route pour bien se régaler avant d'entrer dans les villages. Un jour les pauvres indigènes qui les attendaient pour un accueil chaleureux, poulets et bons mets du village, avaient pris leur devant pour les conduire. À leur grande surprise, ils les avaient trouvés en train de manger, boire... C'était la désolation. Ils étaient répartis chez eux déçus en demandant aux missionnaires de continuer leur route ailleurs. Ceux-ci avaient oublié que là où ils partaient, ils auront tout : ananas, légumes, poulet, riz, haricot nature, bio... en comptant sur la générosité des autochtones.

Selon le pape François : « ce dont nous avons besoin, spécialement à notre époque, ce sont de témoins crédibles qui, par leur vie et aussi leur parole,  rendent visibles l'Évangile et réveillent l'attraction pour Jésus-Christ, pour la beauté de Dieu  ».

Frères et sœurs, pour notre compréhension de l'évangélisation, la motivation première des disciples qui vont porter l'Évangile, ce n'est de dogmatiser les gens, de leur imposer une manière de voir, de comprendre le monde ou de donner sens à leur vie. C'est avant tout un ministère de libération que Jésus leur confie. Évangéliser, c'est délivrer. Et l'Église n'existe que pour évangéliser, pour faire la vérité, pour faire jaillir la lumière du Christ, tout en acceptant les risques de la dénonciation prophétique. Amos, le pauvre bouvier, dans sa mission prophétique, s'est heurté à l'accueil froid de « l'aumônier de cour impériale », le prêtre Amazias, qui a vu sa présence comme un concurrent pour raison de ses intérêts personnels, égoïstes liés au pouvoir politique. Être prophète n'est pas de tout repos. Le prophète est celui qui a dans sa bouche la Parole de Dieu : une parole de conversion. Et cette Parole peut changer la vie, la faire grandir, lui donner sens.

Comprenons donc pourquoi Jésus envoie deux par deux, en couple. C'est pour donner du poids à leur témoignage. Aujourd'hui comme hier, il est indispensable de faire équipe dans la mission chrétienne. En pastorale, l'on ne saurait travailler tout seul. Selon un Père de l'Église, Saint Grégoire : « Le Seigneur les envoya deux par deux pour qu'en prêchant la charité fraternelle, ils puissent d'abord la pratiquer ». Les disciples seront reconnus comme des disciples de Jésus-Christ à l'amour dont ils s'aiment. C'est l'amour qui nous envoie et qui fais de nous des témoins de l'Évangile. Rien d'autre. Et c'est cet amour-là qui fait la vérité dans les maisons où nous nous arrêtons quand nous sommes reçus comme des disciples, et qui va se répandre, modifier les rapports humains, façonner les sociétés. Annoncer la Bonne Nouvelle de l'amour de Dieu pour nous, est une urgence, c'est notre mission à tous et à toutes aujourd'hui. Autour de nous, nous trouverons plusieurs opportunités de le faire de diverses façons : un peu d'attention à ce que l'autre vit,  un mot d'encouragement, une réponse positive à un service demandé, un temps donné au près des blessés de la vie, des personnes isolées, des gens qui vivent de la précarité, une écoute attentive, un partage avec ceux qui sont dans le besoin, une ouverture à des étrangers...

Nous avons reçu la marque de l'Esprit-Saint, nous dit l'apôtre Paul. C'est lui, le Saint-Esprit, l'agent de l'évangélisation. Demandons-lui de faire de nous, surtout en ce temps des vacances où beaucoup se mettent en route, des envoyés qui emportent la richesse de l'amour dans les cœurs de leurs frères et sœurs.

Abbé Jean-Claude BAMBELE, vicaire, Saint Martin, Arlon.