Laurent Voulzy sera en  concert à St-Martin le jeudi 18 octobre (complet) et  le jeudi  8 novembre à 20h30.

Les billets sont en vente sur internet à la Fnac et   au Parc Music rue de la Poste à Arlon

Neuvaine à Notre-Dame de Lourdes - Homélie du samedi 3 février 2018 PDF Imprimer Email
Année 2018

« Faites tout ce qu'il vous dira »

C'est l'évangile du signe de Cana (Jn 2,1-12) qui sera au cœur du thème pastoral des pèlerinages de cette année qui marque le 160ème anniversaire des apparitions de 1858. La Ville de Lourdes, de son côté,  pour lancer l'événement et redynamiser le tourisme (et peut-être les pèlerinages) propose comme slogan : « Lourdes 1858-2018 : 160 ans d'émotions ! » avec le portrait de Bernadette en filigrane. Laïcité oblige, la ville ne pouvait sans doute pas faire plus, mais « émotions » est un mot trop faible pour présenter  l'expérience spirituelle profonde que les pèlerins vivent à Lourdes.


Le père Recteur des Sanctuaires André Cabes souhaite pour sa part que 2018 soit «l'occasion d'un retour aux sources, Marie et Bernadette : deux petites femmes dont la rencontre silencieuse fait écho à la parole éternelle d'amour que le vacarme de nos vies agitées, de nos angoisses et de nos peurs, ne nous permet plus de percevoir. Il sera bon de redécouvrir celle qui est le premier témoin de Lourdes, visage de Marie, et cierge pascal illuminé par la clarté de l'Esprit Saint. Après la Vierge du Magnificat en 2017, c'est donc la petite Bernadette que nous retrouvons cette année. « Avez-vous vu cette enfant ? » demandait Mgr Laurence à ses conseillers lors de l'enquête sur l'authenticité de l'événement de Lourdes. Voir Bernadette et l'entendre, accueillir la lumière qui jaillit du fond d'un trou noir du rocher, accueillir ce silence qui permet d'entendre la Parole. Avec Bernadette, nous serons à l'écoute de la Vierge du Silence, qui nous porte la Parole unique d'un Dieu Amour créateur et sauveur. Le « message » de Lourdes n'est autre que la Bonne Nouvelle annoncée aux pauvres, et qui leur est confiée. »


Mais en quoi le signe de Cana va-t-il pouvoir inspirer la dynamique de nos pèlerinages en nous laissant porter par la figure inspirante de Bernadette ?  Trois verbes peuvent ouvrir un chemin : écouter, s'engager, partager.


Ecouter. La première invitation que  Bernadette reçoit de la « belle dame » ne manque de l'étonner, elle la moins que rien qui est pauvre en tout : « Voulez-vous me faire la grâce de venir ici pendant quinze jours ? » La Dame me disait « vous » et me souriait, dira Bernadette. Et voilà qu'elle lui demande le privilège d'un tête à tête qui se vivra la plupart du temps dans le silence et la prière. Un long apprivoisement qui permettra à Bernadette de découvrir son manque (« Ils n'ont pas de vin »), mais aussi qu'elle est aimée, passionnément et infiniment aimée par un Dieu qui veut son bonheur. Un bonheur qui n'est pas d'être comblée de biens matériels, mais d'être reconnue dans le regard de celle qui lui sourit et lui dit « vous ». Cela suppose que le pèlerin, devant la grotte, se mette lui aussi à l'écoute, dise son manque, mais aussi son désir d'exister vraiment.


S'engager : Marie dira aux serviteurs : « Faites tout ce qu'il vous dira ». Et Jésus ordonne : « Remplissez d'eau ces jarres ». Bernadette, à l'invitation de la dame va aussi se mettre en route vers le fond de la grotte pour creuser la terre, se barbouiller de boue et boire à la fontaine qu'elle va réactiver « pour les pécheurs ». Bernadette a fait confiance à la parole de Marie et s'ouvre pour elle un chemin de grâce, mais aussi pour tous les pèlerins qui viendront à Lourdes boire à la source des sacrements.


Partager : « Allez dire aux prêtres qu'on bâtisse une chapelle et qu'on vienne ici en procession ». Bernadette, grâce à sa catéchiste Marie, va redécouvrir la grâce de son baptême. Bien sûr sa dignité profonde d'enfant de Dieu et de membre de l'Eglise mais aussi la mission qui y est liée. «  Puisez maintenant et portez-en au maître du banquet ». Autrement dit : « Fais goûter aux convives le vin et la joie des noces ». La grâce que tu as puisée à la source, tu ne peux pas la garder pour toi. Tu es invité à la partager autour de toi. C'est la mission que reçoivent tous les pèlerins. C'est un terrible défi pour nous tous qui sommes renvoyés dans nos différents milieux de vie souvent peu réceptifs à la dimension spirituelle.  Mais nous pouvons vivre cette mission sereinement en nous rappelant cette formule de bon sens de Bernadette : « Je suis chargée de vous le dire, pas de vous y faire croire. »

Et pour conclure, je cite encore le Père André Cabes qui nous renvoie à nos propres responsabilités de chrétiens : « Il y a des jarres vides à remplir, il y a des épaisseurs de boue à creuser, des coeurs de pierre à convertir en coeurs de chair... Quels choix me sont proposés ? Quel chemin à tracer pour moi, mon milieu de vie, mon Eglise, et le monde dans lequel je vis ? Quelle parole je dois transmettre, quelle commission m'est confiée, pour « les prêtres », les responsables, pour ceux qui aujourd'hui ont la charge de guider leurs frères, leurs concitoyens ? Comment prendre ma part de l'annonce de l'Evangile et de la construction de la « chapelle », de l'Eglise ? Comment prendre ma place parmi les pauvres, les petits, les souffrants, les Bernadette d'aujourd'hui à qui est confiée la Bonne nouvelle de Jésus ? »

Et si vous preniez le risque de venir en pèlerinage à Lourdes pour répondre à toutes ces questions ? Soyez les bienvenus !


Abbé Philippe GOFFINET - Directeur des Pélerinages Namurois et Doyen de Dinant