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Neuvaine à Notre-Dame de Lourdes - Témoignage du lundi 5 février 2018 PDF Imprimer Email
Année 2018

« Faites tout ce qu'il vous dira ! »

Mais qu'est-ce qu'Il nous dit ? L'entendez-vous ?

J'ai toujours eu de la peine à discerner la volonté de Dieu.

Si elle m'a paru évidente pour un premier choix de vie parce je me suis sentie appelée par le Seigneur à vivre avec Lui, pour Lui, je l'ai ensuite trouvé bien silencieux dans les décisions importantes à prendre au cours des ans.

Aujourd'hui, je cherche toujours à vivre avec Lui mais j'ai fait tout un chemin...

Quand j'étais jeune je rêvais de faire de « belles » choses pour Dieu (je dis « belles » parce que « grandes » c'est un peu prétentieux !), je rêvais d'un engagement radical, en devant institutrice de sauver les enfants de l'analphabétisme... J'admirais les personnes engagées auprès des pauvres, des prisonniers... et j'aurais voulu faire comme elles ... je pense bien sûr que c'est important d'avoir un  grand idéal quand on est jeune pour démarrer sa vie d'adulte mais ensuite il faut s'ancrer les deux pieds sur terre ...

Est-ce que le Seigneur demande de réaliser ce pour quoi l'on n'est pas fait ? d'être comme telle ou telle personne formidable ?  Il y a une phrase attribuée au rabbin Zusya qui disait alors qu'il était devenu vieux: "Dans l'autre monde, on ne me demandera pas: "Pourquoi n'as-tu pas été Moïse ? ". On me demandera : " Pourquoi n'as-tu pas été Zusya?" Le Seigneur me demande d'être Karine et pas l'abbé Pierre, Sr Emmanuelle ou même Monique ou Hélène qui font telle ou telle chose que je trouve tellement mieux que ce que je fais ! C'est prendre une mauvaise route que de se désoler de ce qu'on n'est pas, de ce qu'on ne peut pas réaliser !

André Sève conclut son petit livre « 30 minutes pour Dieu », par cette réflexion : « Ce qui aura tué tant de vies qui voulaient être magnifiques, c'est que des êtres généreux rêvaient de faire de grands pas. Thérèse (de Lisieux) nous apprend à commencer par de petits pas. Et à continuer pareil. Les petits font toujours de petits pas. Mais si la droite de Dieu les saisit... »

Ce que le Seigneur me demande d'abord, c'est de m'accepter telle que je suis, avec mes limites, et de lui faire confiance. De ne pas rêver ma vie mais de vivre mon réel ! De ne pas vouloir aller ailleurs faire de plus belles choses mais d'être avec Lui et de l'accueillir ici et maintenant, dans ma vie quotidienne, dans les conditions qui sont les miennes.

Aujourd'hui, comme vous le savez, je suis assistante paroissiale à St-Martin depuis 18 ans. Ma mission c'est principalement l'organisation de la catéchèse mais aussi l'accompagnement des funérailles et surtout aider l'équipe pastorale dans l'organisation de la vie paroissiale. Je suis aussi engagée à la Saint-Vincent de Paul d'Arlon.

Quelqu'un qui voulait devenir assistant paroissial m'a dit un jour qu'en voyant le temps que je passais au secrétariat paroissial, il avait changé d'avis car il voulait évangéliser... Eh oui parfois je me dis aussi « mais qu'est-ce que je fais ? Est-ce cela ma mission : répondre aux mails, faire des courriers, corriger des intentions de messe, rappeler des réunions, donner des sous aux mendiants qui sonnent à la porte du presbytère ? »

Et puis aussi, en paroisse, on fait beaucoup d'œuvres pour Dieu mais fait-on l'œuvre de Dieu ? Je m'interroge parfois. Qu'est-ce que Dieu veut que nous fassions ? Peut-être pas d'organiser des tas de choses qui correspondent à ce que nous pensons être bien, pour Dieu mais qui sont en fait nos désirs, notre volonté... Faire l'œuvre de Dieu demande d'être à son écoute, disponibles, prendre le temps de se laisser guider par les événements... alors que souvent en paroisse, on est pressé... on est dans le faire, faire, faire...

La volonté de Dieu, c'est faire mon travail comme il se présente et pas comme je voudrais. C'est accepter d'être dérangée dans mon planning. C'est pouvoir lâcher ma volonté propre pour accueillir ce qui vient. C'est vivre mon quotidien, ce qui se présente à moi,  comme le lieu où il m'attend. Etre disciple de l'événement. C'est à cela que je me sens appelée aujourd'hui (et que je vis difficilement...). C'est comme l'a écrit Etty Hillesum dans son journal intime : « Il ne faut pas vouloir les choses, il faut les laisser s'accomplir en moi... Que ta volonté soit faite et non la mienne. »

Sa volonté, c'est ce que Madeleine Delbrel exprime si bien dans cette méditation, que je voudrais vous partager. Tout un programme de vie et un chemin d'humilité.


« Quand ceux que nous aimons
nous demandent quelque chose,
nous les remercions de nous le demander.

S'il vous plaisait, Seigneur, de nous demander
une seule chose dans toute notre vie,
nous en resterions émerveillés,
et d'avoir fait cette seule fois votre volonté
serait l'événement de notre destinée.

Mais, parce que chaque jour,
chaque heure, chaque minute,
vous mettez dans nos mains un tel honneur,
nous trouvons cela si naturel
que nous en sommes blasés,
que nous en sommes lassés.

Et pourtant, si nous comprenions
à quel point est impensable votre mystère,
nous resterions stupéfaits
de pouvoir savoir ces étincelles de votre vouloir
que sont nos minuscules devoirs.
Nous serions éblouis de connaître,
dans cette immense ténèbre qui nous revêt,
les innombrables,
les précises,
les personnelles
lumières de vos volontés.

Le jour où nous comprendrions cela,
nous irions dans la vie
comme des sortes de prophètes,
comme des voyants de vos petites providences,
comme des agents de vos interventions.
Rien ne serait médiocre,
car tout serait voulu par vous.
Rien ne serait trop lourd,
car tout aurait racine en vous.
Rien ne serait triste,
car tout serait voulu de vous.
Rien ne serait ennuyeux,
car tout serait amour de vous.

Nous sommes tous des prédestinés à l'extase,
tous appelés à sortir de nos pauvres combinaisons,
pour surgir, heure après heure, dans votre plan.
Nous ne sommes jamais
de lamentables laissés pour compte,
mais de bienheureux appelés,
appelés à savoir ce qu'il vous plaît de faire,
appelés à savoir ce que vous attendez
à chaque instant de nous :
des gens qui vous sont un peu nécessaires,
des gens dont les gestes manqueraient
si nous refusions de les faire.
La pelote de coton à repriser, la lettre à écrire,
l'enfant à lever, le mari à dérider,
la porte à ouvrir, le récepteur à décrocher,
la migraine à supporter :
autant de tremplins pour l'extase,
autant de ponts pour passer de notre pauvre,
de notre mauvaise volonté,
au rivage serein de votre bon plaisir. »

Karine BURNOTTE - Assistante paroissiale