Le nouveau vitrail de St Martin : "Matin de Pâques"

Essai d'interprétation

Donnons-nous la peine de nous avancer vers le chœur de l'église et retournons-nous pour avoir une vue d'ensemble du vitrail. Le regard est ébloui par la magnificence de l'œuvre et par le chatoiement des couleurs. Le vitrail est non-figuratif et laisse à chacun la liberté d'interprétation qui lui convient.

Essayons de le détailler quelque peu et laissons le regard le parcourir de bas en haut.

Le bas du vitrail frappe d'abord par son bleu nuit, qui forme une masse énorme et occupe toute la surface du bas. Il évoque dans mon esprit le monde des abysses, avec des ondulations qui font penser à des courants sous-marins.  Serait-ce le monde des enfers, dont il est question dans le credo chrétien ?

Ou encore les ténèbres de la nuit profonde après la mort en croix du Christ ?

On sent très bien que ce bleu traduit quelque chose d'inquiétant, qui a de quoi faire frémir.

Il faut distinguer dans cette masse deux zones :

-        celle du dessous, d'un bleu profond, avec au centre une tache multicolore qu'il me paraît difficile d'interpréter. Cette zone est soulignée d'une bande rouge qui fait le lien avec les bandes rouges latérales et semble encadrer tout le tableau.

-        celle du dessus, avec déjà des tons d'un bleu plus clair, où apparaît au centre une tache verte qui tranche sur le bleu. Signe d'espoir ? Évocation du tombeau où repose un corps dans une mort qui n'est que provisoire ?

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Homélie du dimanche 14 janvier 2018 PDF Imprimer Email
Année 2018

Frères et sœurs bien-aimés, les textes de la liturgie de ce dimanche nous parlent de l'appel de Dieu. Le thème de la vocation est au cœur de la bonne nouvelle de ce jour. Toute notre vie est une vocation à l'amour, au service et à la joie. Chacun (e) d'entre nous, sous de formes de différentes, a été appelé par le Seigneur à suivre et à vivre une vocation dans sa vie de tous les jours. Aujourd'hui encore, l'appel du Christ retentit dans nos cœurs. Il appelle chacun (e) de nous par son nom à être avec lui, avant de faire quelque chose pour lui. L'appel des disciples, dont nous parle l'Évangile de ce jour, est un bel exemple. Nous sommes au début de l'évangile. À Jean et André qui demandent à Jésus : "Maître, où demeures-tu?", il répondit: "Venez et vous verrez", c'est-à-dire qu'il leur propose d'"être" avec lui, avant de "faire" quelque chose avec lui et pour lui. Chaque vie est déjà un appel, parce que je suis aimé, ma vie vaut la peine. L'appel du Seigneur permet d'éclore, de s'épanouir et de devenir pleinement soi-même dans une relation personnelle avec lui, à découvrir qui il est et à vivre avec lui.

Les textes de ce jour montrent que la vocation se définit par trois mots clés : appel, écoute, réponse.

- appel : la vocation s'effectue par l'intermédiaire d'autres personnes. Pour le jeune Samuel, c'est par le canal d'Anne, sa mère, qui le conduit au Temple et d'Eli, son guide spirituel. Pour les deux disciples, André et Jean, c'est Jean le Baptiste qui leur montre le Messie, le Christ. À son tour André sert de pont entre son frère Simon et Jésus, pour lui dire : «Nous avons trouvé le Messie ». Une rencontre enthousiaste se communique, se partage. Pour les enfants qui sont accueillis aujourd'hui dans notre communauté, en vue du baptême, ce sont leurs parents qui les accompagnent dans la maison de Dieu. Et, en ce qui nous concerne, pour qui sommes-nous aujourd'hui des intermédiaires, des témoins et des accompagnateurs pour relayer l'appel du Seigneur ? À travers la vie et la parole des autres, parents, grands-parents, frères et sœurs, curé-doyen de notre paroisse, religieux (es), catéchistes, animateurs d'un groupe des jeunes, des scouts, enseignants, amis, nous avons connu le Christ et nous avons répondu à son appel. C'est la raison pour laquelle nous pouvons nous réjouir d'être chrétiens. À notre tour, nous sommes appelés à servir de pont entre le Christ et nos frères et sœurs qui ne le connaissent pas encore, ou qui le connaissant n'ont pas encore eu le courage de lui dire oui, de répondre à son appel.

- écoute : Samuel répond au Seigneur qui l'appelle par son nom : "Parle, Seigneur, ton serviteur écoute". Écouter la voix du Seigneur qui parle permet de discerner son appel. De même, Jésus demande aux disciples qui le suivent : « Que cherchez-vous ? » C'est une question qui amène à prendre conscience de sa propre recherche de Jésus, le rencontrer, le suivre pour écouter sa Parole et adhérer à lui. La vocation n'est pas le fruit d'un projet humain, mais celui d'un amour reçu et offert. C'est Dieu qui a toujours l'initiative du choix.

- réponse : le Seigneur fait appel pour associer à son œuvre, à une mission particulière. Il attend une réponse généreuse, active. Samuel a répondu : «Tu m'as appelé, me voici ». Les disciples aussi ont répondu présent en allant habiter auprès de Jésus. Depuis ce jour, ils ne l'ont plus lâché. La fécondité de la mission dépend de la qualité de la réponse.

Frères et sœurs, comme baptisés, nous appartenons au Seigneur. Nous sommes appelés à collaborer avec lui, chacun (e) selon sa vocation, dans la joie. Mais il demande à chacun (e), qu'est-ce que tu cherches en me suivant ? Qu'est-ce que tu veux vraiment ? Qu'attends-tu de moi ? Qu'elle est ta réponse personnelle? Ne fermons pas trop vite le rideau en disant: l'appel ne concerne pas ; je ne serai pas capable ; je suis encore trop petit ; je n'ai pas le temps ...

Le temps liturgique ordinaire exige du prêtre le port des ornements verts. C'est le temps vert de notre vie, chargé d'espoir, qui sert à encourager et illuminer notre chemin de foi dans la vie quotidienne à la suite de Jésus et retrouver en lui élan spirituel et espérance. Que la parole de Dieu touche le cœur de chacun (e), et que tout homme, toute femme de bonne volonté puisse répondre avec joie à l'appel d'amour de Dieu et se rende disponible pour le service des autres.


Jean-Claude BAMBELE, vicaire, Saint Martin, Arlon