Le nouveau vitrail de St Martin : "Matin de Pâques"

Essai d'interprétation

Donnons-nous la peine de nous avancer vers le chœur de l'église et retournons-nous pour avoir une vue d'ensemble du vitrail. Le regard est ébloui par la magnificence de l'œuvre et par le chatoiement des couleurs. Le vitrail est non-figuratif et laisse à chacun la liberté d'interprétation qui lui convient.

Essayons de le détailler quelque peu et laissons le regard le parcourir de bas en haut.

Le bas du vitrail frappe d'abord par son bleu nuit, qui forme une masse énorme et occupe toute la surface du bas. Il évoque dans mon esprit le monde des abysses, avec des ondulations qui font penser à des courants sous-marins.  Serait-ce le monde des enfers, dont il est question dans le credo chrétien ?

Ou encore les ténèbres de la nuit profonde après la mort en croix du Christ ?

On sent très bien que ce bleu traduit quelque chose d'inquiétant, qui a de quoi faire frémir.

Il faut distinguer dans cette masse deux zones :

-        celle du dessous, d'un bleu profond, avec au centre une tache multicolore qu'il me paraît difficile d'interpréter. Cette zone est soulignée d'une bande rouge qui fait le lien avec les bandes rouges latérales et semble encadrer tout le tableau.

-        celle du dessus, avec déjà des tons d'un bleu plus clair, où apparaît au centre une tache verte qui tranche sur le bleu. Signe d'espoir ? Évocation du tombeau où repose un corps dans une mort qui n'est que provisoire ?

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Homélie du dimanche 1er octobre 2017 PDF Imprimer Email
Année 2017

L'évangile de ce dimanche, comme celui des deux prochains dimanches, révèle le climat polémique qui ne cesse de se développer autour de Jésus.

Grands prêtres et anciens du peuple veulent pousser Jésus à justifier son autorité : de quel droit Jésus agit-il ainsi ? (Mt 21, 23-27). Mais Jésus ne cherche plus à convaincre ses adversaires ; il utilise une parabole pour mettre face à leurs contradictions ceux-là mêmes qui veulent le perdre. "Un homme avait deux fils..." : l'un refuse d'obéir à son père, mais ensuite, s'étant repenti, il accomplit la mission qui lui avait été confiée ; l'autre acquiesce à la demande du père et cependant est évidente. Les adversaires de Jésus le savent très bien : "Il ne suffit pas de dire "Seigneur, Seigneur" !" Les publicains et les prostituées, autrement dit ceux qui avaient transgressé la loi, se sont reconnus pécheurs à l'annonce de la Parole, tandis que ceux qui ont toujours défendu scrupuleusement la loi n'ont pas entendu la prédication de Jean le Baptiste, l'Envoyé de Dieu venu appeler à la conversion. Déjà six siècles avant lui, le prophète Ézékiel invitait "à ouvrir les yeux" sur le mal et à changer très concrètement sa manière de vivre (première lecture).

"Aujourd'hui", l'appel à travailler à la vigne du Seigneur c'est-à-dire à s'engager pour Dieu dans la construction de son Royaume, retentit en nous.  "Aujourd'hui" comme hier, les bonnes paroles seules ne suffisent pas ; il nous faut mettre en pratique notre foi en la Parole : c'est ainsi que nous cheminons humblement avec le Christ.

C'est aujourd'hui que le fils est envoyé par son père travailler à la vigne. Oui, c'est aujourd'hui que Dieu nous envoie nous engager dans son Royaume d'Amour qui est toujours à construire et à reconstruire. La Parole qu'il nous adresse est toujours à mettre en pratique dans le contexte de vie qui est le nôtre à chacun.

Réjouissons-nous d'être interpelés et encouragés à chaque eucharistie !


Abbé Jean-Marie JADOT (largement inspiré par Le Missel des Dimanches)