Le temps de l'Avent commence ce dimanche 3 décembre...

Soyons des guetteurs !

Les croyants sont des guetteurs.

C‘est le nom que Dieu leur a donné. Pas des juges qui prononcent des jugements irrévocables sur tout ce qui hésite et peine à la surface de la terre, pas des guerriers qui peinent à la surface de la terre, pas des guerriers qui entreprennent la lutte - Sainte évidemment - contre tout ce qui entraîne du mouvement dans les longs couloirs de la Tradition, pas des gardiens des valeurs éternelles, pas des diplomates qui naviguent entre toutes les eaux pour présenter le Bien de la Communauté, pas des saints à la pureté irréprochable !

Des guetteurs: qui crient au plus fort de la désespérance: „ Ne perdez pas courage, le Jour se lève „, qui sont à l‘affût, qui distinguent dans la poussière et la sueur, les traces du salut qui vient, qui passent de l‘un à l‘autre, tapant sur l‘épaule: „ Tiens bon. Tu n‘es pas seul ! „, qui vivent au milieu de leurs frères, connaissant les mêmes joies et les mêmes difficultés, leur répétant parfois au sein des moqueries, qu‘au milieu d‘eux il y a Quelqu‘un qu‘ils ne connaissent pas et qui travaille avec eux au bonheur de tous, qui réveille les yeux de leurs frères, les invitant à regarder, au-delà des cris, la joie qui se lève à l‘horizon des vivants.

Guetteurs: c‘est le nom de baptême des croyants !

(Source : www.lespasseurs.com )

Homélie du dimanche 24 septembre 2017 PDF Imprimer Email
Homélies 2017
  • « Mes pensées ne sont pas vos pensées. »
  • Oui, nous ne pensons pas comme Dieu ! Est-ce que c'est bien dans la logique des choses de donner autant à celui qui vient d'être embauché qu'à celui qui a de l'ancienneté ? Voilà une parabole qui ne laisse personne indifférent. Elle peut agacer des patrons qui trouvent la situation irréaliste, irriter des travailleurs qui trouveraient cela trop facile, révolter des chrétiens qui voient d'autres aller au ciel et qui leurs yeux n'ont pas mérité autant qu'eux. Mais cette parabole peut réjouir ceux qui verront d'abord la générosité de Dieu.
  • La justice distributive demanderait que les premiers embauchés reçoivent plus que les derniers. Or, ce n'est pas le cas. Ils reçoivent le salaire convenu et ne sont donc pas lésés. Mais, ils récriminent. Leur réaction évoque ce que nous vivons quotidiennement dans de petites choses comme dans de plus grandes, comme humains ou comme chrétiens. Elle traduit aussi notre ignorance de Dieu ou la non-coïncidence des pensées de Dieu avec les nôtres. Nous ne pouvons qu'être blessés humainement, parce que nous ramenons tout au niveau de nos mentalités, de nos cultures et traditions, de nos ambitions que ce soit dans nos cercles amicaux ou nos groupes de prières. En tant que chrétien, nous pourrions être tentés de faire valoir certains droits sur d'autres car nous pensons agir mieux qu'eux. Nous regardons le sort des autres et devenons envieux. Nous passons à côté de cette pureté de cœur dont parle Jésus, pour voir ce que Dieu leur demande ou leur a donné, ce qui leur convient le mieux. Nous nous comparons aux autres et en devenons chagrins ; la vie devient alors pesante et notre vie chrétienne ressemble à un lourd fardeau à traîner.
  • C'est la révolte de Jonas dans sa mission chez les Ninivites. Il lui a fallu un combat intérieur pour ajuster ses pensées à celle de Dieu et accepter la gratuité et l'universalité de l'amour, de la miséricorde et de la bonté de Dieu... Une gratuité, un amour, une miséricorde et une bonté qui n'exclut personne. Dieu ne peut donc être emprisonné dans les limites de nos raisonnements.
  • Nous ne devons pas non plus lui en vouloir, parce qu'il est bon. Nous sommes appelés, nous aussi, à passer par ce combat spirituel pour guérir nos blessures intimes, qui nous empêchent de sortir de nous-mêmes, d'ajuster nos pensées à celles de Dieu et enfin participer au festin qu'il prépare pour tous ses enfants. Non seulement pour nous, mais pour les autres aussi. Nous ne pourrons jamais être heureux en nous comparant aux autres, en regrettant d'être ceci ou cela, de ne pas être ceci ou cela.
  • Se comparer, c'est entrer dans une spirale de rivalités, d'inquiétudes et de manque de paix intérieure. Au contraire, si nous fixons notre cœur sur Dieu, nous verront mieux ce qu'il nous a donné et nous verrons mieux que la part d'héritage qu'il nous a laissée est celle qui nous convient le mieux. Alors, nous trouverons la paix, une paix intérieure garantie par la puissance de son amour pour chacun de nous.

Abbé Wenceslas MUNGIMUR - Doyen de Saint-Martin