Des nouvelles du projet  de solidarité avec Lokolama au Congo

C'est en 2007, à l'occasion du centenaire du début de la construction de notre église Saint-Martin, qu'est né, à l'instigation de notre Doyen Jean-Marie JADOT, le projet de solidarité "PARTENARIAT IBANGA" dont l'objectif était de construire un Centre de Santé à Lokolama. Lokolama se trouve en pleine forêt tropicale de la République démocratique du Congo, dans l'actuelle province de Mai-Ndombe, province dont le chef-lieu est Inongo sur le lac Léopold II.

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Homélie du dimanche 20 août 2017 PDF Imprimer Email
Homélies 2017

Quelle mère, puisqu'il est question d'une mère dans l'évangile d'aujourd'hui, n'agirait pas de la même façon que celle dont parle l'évangile ? Quelle mère resterait insensible devant la maladie d'un enfant, à plus forte raison lorsqu'il s'agit d'un cas grave ? Quelle mère ne déplacerait pas les montagnes pour aller vers la personne capable d'apporter des solutions ?


L'évangile d'aujourd'hui nous parle de l'amour d'une mère, d'une région païenne ou d'une terre étrangère, qui harcèle Jésus pour obtenir la guérison de son enfant. Une mère angoissée par l'état de sa fille et prête à attirer l'attention de Jésus par tous les moyens. Sa démarche est sincère, authentique, profonde et remplie d'une foi réelle. Elle est insistante au point d'agacer les disciples qui se retranchent derrière des réactions d'ordre sectaires et conformistes. Tradition oblige !

Une attitude étonnante ! Plus étonnante encore est la réponse de Jésus à cette femme. On dirait que c'est vraiment le Jésus humain, historique, fidèle à ses traditions, qui réagit. Une attitude devant laquelle ne recule en aucun cas la dame. Et Jésus opère un tournant dans son comportement en réagissant comme le Fils de Dieu, touché par la force de la foi, la confiance et l'insistance de cette mère, qui va jusqu'à espérer de se contenter des miettes qui tomberaient sous la table. Jésus comprend que le message de Dieu ne se limite pas à un seul peuple : il s'adresse à toute personne de bonne volonté. Ce message porte des fruits auprès de chaque femme, de chaque homme, qui entreprend une démarche vraie et authentique en l'accueillant avec foi et persévérance. Jésus reçoit, à travers cette femme, la lumière nécessaire à sa mission. « C'est vrai, dit-elle, je ne fais pas partie du peuple élu, mais moi aussi je suis aimée de Dieu. » Sa réaction fait naître Jésus à une nouvelle manière de faire. Aimée de Dieu, cette femme a droit elle aussi à sa prévenance et son aide.

C'est ici que se réalise la prophétie du prophète Isaïe, dans la première lecture de ce jour, « Ma maison s'appellera Maison de prière pour tous les peuples. » Saint Paul, s'adressant à ses concitoyens, parle de l'accueil de la Bonne Nouvelle annoncée aux nations païennes. Ses concitoyens se contentent d'espèce de protocole des traditions ou des lois à respecter, mais refusent d'accepter la mission salvatrice de Jésus-Christ et d'accueillir en profondeur la Bonne Nouvelle qui leur est annoncée. Paul leur rappelle que non seulement ils sont dans l'illusion, mais qu'ils seront surpris et même jaloux de l'authenticité et de la foi des peuples païens.

Il nous arrive, à nous aussi, d'avoir des convictions qui guident et nous renferment dans nos comportements et nos pensées. Des attitudes qui nous installent dans nos certitudes et qui nous empêchent d'être en vérité à l'écoute du Seigneur et de vivre l'ouverture de l'universalité de la foi. Le Seigneur nous invite à aller plus loin. Il nous parle et nous interpelle dans notre existence à travers des paroles, des événements, des rencontres...Une injustice peut être un tremplin vers la confiance ; un pardon peut devenir un chemin vers plus de liberté. Nous partageons tous la même humanité et comme Jésus, nous devenons ainsi plus humains.


Abbé Wenceslas MUNGIMUR - Doyen de Saint-Martin