Le nouveau vitrail de St Martin : "Matin de Pâques"

Essai d'interprétation

Donnons-nous la peine de nous avancer vers le chœur de l'église et retournons-nous pour avoir une vue d'ensemble du vitrail. Le regard est ébloui par la magnificence de l'œuvre et par le chatoiement des couleurs. Le vitrail est non-figuratif et laisse à chacun la liberté d'interprétation qui lui convient.

Essayons de le détailler quelque peu et laissons le regard le parcourir de bas en haut.

Le bas du vitrail frappe d'abord par son bleu nuit, qui forme une masse énorme et occupe toute la surface du bas. Il évoque dans mon esprit le monde des abysses, avec des ondulations qui font penser à des courants sous-marins.  Serait-ce le monde des enfers, dont il est question dans le credo chrétien ?

Ou encore les ténèbres de la nuit profonde après la mort en croix du Christ ?

On sent très bien que ce bleu traduit quelque chose d'inquiétant, qui a de quoi faire frémir.

Il faut distinguer dans cette masse deux zones :

-        celle du dessous, d'un bleu profond, avec au centre une tache multicolore qu'il me paraît difficile d'interpréter. Cette zone est soulignée d'une bande rouge qui fait le lien avec les bandes rouges latérales et semble encadrer tout le tableau.

-        celle du dessus, avec déjà des tons d'un bleu plus clair, où apparaît au centre une tache verte qui tranche sur le bleu. Signe d'espoir ? Évocation du tombeau où repose un corps dans une mort qui n'est que provisoire ?

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Homélie du mardi 15 août 2017 - Assomption PDF Imprimer Email
Année 2017

Je la vois d'ici, Marie, dans la légèreté de ses 15 ans, radieuse de l'inattendu de Dieu... encore étonnée, sans doute d'avoir dit « oui », simplement. Je la vois empressée de partir dans le pays d'à côté, là-bas dans les monts de Judée, vers l'actuelle Aïn Karim. Je la vois, malgré sa situation, légère sur la route. Comme l'a joliment écrit le poète Supervielle : « Elle pesait peu, n'étant occupée que de l'avenir en elle ».

Sûrement qu'elle s'était jointe à une caravane de passage qui se rendait en Judée, peut-être recommandée à une connaissance qui veillait sur elle.

Peut-être qu'elle souriait intérieurement en pensant à l'extraordinaire aventure de sa vieille cousine ! Elles allaient en avoir des choses à se dire !

Peut-être qu'elle s'arrêtait quand même de temps en temps pour écouter son corps qui lui faisait signe dans le silence.

Etonnant chemin que celui-là, de la plus jeune vers la plus ancienne, de celle qui représente tout le passé et l'attente de son peuple et de celle qui porte en elle, dans la fraîcheur de sa jeunesse, l'humanité nouvelle.

Sur cette route remplie de joie et d'espérance, on revit toute la densité de l'Annonciation et ce qu'elle signifie pour  l'avenir du monde... et l'on chemine vers la Visitation... et ce chant passionné, enthousiaste et révolutionnaire à la fois du Magnificat. Dieu nous étonne toujours ! Ses choix sont renversants ! Son amour est fidèle !

C'est cela que redit sans cesse Marie dans le cœur des croyants, des pauvres et des humiliés en particulier, de tous ces pèlerins qui n'en finissent pas de marcher vers elle !

Etonnante Marie, qu'il faut toujours remettre à sa place - la plus belle et la plus discrète à la fois - dans le plan de Dieu !

Parce que tu as cru, Marie, et que tu as porté en toi, Jésus, le Fils du Dieu Béni, heureuse es-tu !

Heureuse es-tu Marie d'avoir permis à Dieu d'entrer dans notre humanité !

Heureuse es-tu Marie, d'avoir permis à Dieu d'entrer dans notre humanité !

Heureuse es-tu, en ce matin de fête, de faire encore et toujours, renaître la joie dans notre vieux monde qui si souvent encore doute de son avenir !

Frères et sœurs, ne soyons pas surpris que cette rencontre toute simple des deux cousines, rencontre baignant dans une joie presque enfantine, nous soit proposée par l'Eglise pour célébrer l'entrée de Marie dans la plénitude de la Résurrection de son Fils et la gloire du ciel : car le ciel pour Marie, il a commencé quand elle a dit oui à Dieu, joyeusement et sans calcul et quand, dans la même foulée généreuse, elle va visiter Elisabeth.

La joie du ciel et de la résurrection commence en nos cœurs quand nous disons oui à Dieu, dans la confiance et l'abandon, et chaque fois que nous partons visiter nos frères et échanger la joie !

« Le Seigneur fit pour moi des merveilles, Saint est son nom ! »


Abbé Jean-Marie JADOT