Le futur vitrail de l'église St-Martin à Arlon: une trace pour l'avenir

En 2014, l'église Saint-Martin d'Arlon fêtait ses cent ans. Parmi les projets retenus pour célébrer l'anniversaire: celui d'un nouveau vitrail sur le thème du ''Matin de Pâques''. Si la réalisation est toujours en cours, une première partie de l'œuvre a déjà été installée récemment. Etienne Tribolet, maître-verrier, poursuit le travail ''pour la communauté présente et à venir''.

Les premiers contacts entre l'abbé Jean-Marie Jadot et Etienne Tribolet - maître-verrier à Honnay, près de Beauraing - remontent à 2007. À l'époque, le doyen d'Arlon et le comité de sauvegarde de l'église Saint-Martin réfléchissaient aux possibilités de commémorer le centenaire de l'édifice. En déc

idant de remplacer le vitrail blanc situé au-dessus de l'entrée principale, les responsables de la paroisse faisaient le choix non seulement d'enrichir le patrimoine culturel de leur église mais également de laisser aux générations futures une trace du siècle en cours.
Etienne Tribolet (photo) est une personnalité bien connue dans le monde du vitrail. Il compte à son actif de nombreuses réalisations: la verrière de la pro-cathédrale  anglicane de Bruxelles, les vitraux du chœur de l'église Saint-Sébastien d'Annapes de Villeneuve d'Ascq (diocèse de Lille), ceux de la brasserie de l'abbaye Saint-Rémy de Rochefort, de l'église Saint-Materne d'Anthée ou encore de l'église Saints-Pierre-et-Paul de Thy-le-Château. Autant de références qui ont conduit la paroisse Saint-Martin à lui confier, elle aussi, son ambitieux projet.

''Matin de Pâques'', thème du nouveau vitrail

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Homélie du dimanche 6 août 2017 - Transfiguration PDF Imprimer Email
Homélies 2017

Cet Evangile de la Transfiguration de Jésus sur la montagne nous revient chaque année au deuxième dimanche de Carême, étape décisive de la montée vers Pâques. Cet événement marquant du cheminement des disciples est aussi célébré chaque année le 6 août, 40 jours avant l'Exaltation de la Sainte Croix, le 14 septembre. Cette fête était connue en Orient dès le 5ème siècle. Tous les 6 ans, le calendrier nous permet de fêter la Transfiguration un dimanche.

Cet épisode évangélique nous parle de ce moment sur le chemin inéluctable de la croix où Jésus a invité des trois amis les plus proches à le rejoindre dans sa prière, dans le silence de la montagne, là où il avait l'habitude de retrouver celui qu'il appelait « son Père ». Ce moment intense partagé par Pierre, Jacques et Jean nous parle de lumière, de beauté et de dialogue amoureux.

La lumière, la beauté et le dialogue : trois perles précieuses de la vie des hommes dont nous manquons parfois cruellement...

Dans la grisaille de notre temps, face à tout ce qui enlaidit notre humanité et à tous les échecs de dialogue et de convivialité entre les peuples, les régions, les familles, les individus, l'Evangile de ce dimanche d'été nous interpelle en profondeur. Il nous invite à nous poser quelques questions essentielles :

-       Toi, que fais-tu pour rendre ce monde plus lumineux ou plus beau ?

-       Es-tu un être de dialogue, d'écoute et de réconciliation ?

Mais aussi :

-       Quand tu fouilles dans ta propre histoire, quels sont les moments qui ont illuminés ta vie ? Qu'est-ce qui t'apporte la lumière ? Qu'est-ce qui construit ton bonheur en profondeur ?

Avec les trois apôtres Pierre, Jacques et Jean, nous entrons aujourd'hui dans la prière de Jésus. Celle-ci est bien autre chose qu'un moment de recueillement et d'introspection, un pur chemin à l'intérieur de lui-même - comme le proposent aujourd'hui bien de pseudo-mouvements spirituels. La prière de Jésus que nous découvrons est un chemin qui conduit à l'Autre et aux autres. En définitive, la prière chrétienne ne débouche pas sur la rencontre de soi (même si c'est un moment obligé et important) mais elle conduit à l'écoute de l'autre, au dialogue aimant entre le Père et le Fils. Un dialogue qui rend le visage de Jésus si beau que les apôtres diront : « On n'a jamais rien vu de si beau ! » et que Pierre voudrait rester là, toujours ! Les apôtres raconteront qu'ils ont vu Jésus parler avec Moïse, le libérateur et Elie, le familier de Dieu et le défenseur des pauvres.

Ils parlent, diront-ils, de son départ qui allait se réaliser à Jérusalem, de l'énigme de Pâques, de l'au-delà du mal et la mort. En entrant plus profondément dans « la nuée » (dans le mystère « divin » de Jésus), les apôtres découvrent que la nuée est « habitée », qu'au cœur du divin « on se parle », on se dit des mots d'amour : « Celui-ci est mon fils que j'ai choisi, mon bien-aimé. »

Ils pénètrent dans ce que les chrétiens appellent, après coup, « le dialogue trinitaire ».

Ceci est bien autre que du bla-bla pour spirituels chrétiens, des divagations théologiques. Nous touchons ici à l'originalité du christianisme et de la prière chrétienne en particulier : participer au dialogue d'amour du Père et du Fils... et puiser là, à cette source divine, la force et le courage pour changer le monde, lui proposer un chemin de lumière, de beauté et de dialogue. L'authentique prière chrétienne nous décentre de nous-mêmes, nous renvoie inévitablement aux autres. Elle nous préserve aussi de la tentation d'aller trouver Dieu uniquement quand nous en avons besoin, comme on va vers un distributeur automatique !

C'est là tout le bonheur auquel nous pouvons accéder et c'est l'espérance que nous pouvons offrir au monde !

Aussi, je vous laisse avec cette question abrupte :

Est-ce que vous vous ménagez des espaces, des moments de prière dans votre vie ? Si c'est important, qu'est-ce que vous attendez pour commencer ? Des moments de transfiguration, nous en avons tous besoin !


Abbé Jean-Marie JADOT