Le nouveau vitrail de St Martin : "Matin de Pâques"

Essai d'interprétation

Donnons-nous la peine de nous avancer vers le chœur de l'église et retournons-nous pour avoir une vue d'ensemble du vitrail. Le regard est ébloui par la magnificence de l'œuvre et par le chatoiement des couleurs. Le vitrail est non-figuratif et laisse à chacun la liberté d'interprétation qui lui convient.

Essayons de le détailler quelque peu et laissons le regard le parcourir de bas en haut.

Le bas du vitrail frappe d'abord par son bleu nuit, qui forme une masse énorme et occupe toute la surface du bas. Il évoque dans mon esprit le monde des abysses, avec des ondulations qui font penser à des courants sous-marins.  Serait-ce le monde des enfers, dont il est question dans le credo chrétien ?

Ou encore les ténèbres de la nuit profonde après la mort en croix du Christ ?

On sent très bien que ce bleu traduit quelque chose d'inquiétant, qui a de quoi faire frémir.

Il faut distinguer dans cette masse deux zones :

-        celle du dessous, d'un bleu profond, avec au centre une tache multicolore qu'il me paraît difficile d'interpréter. Cette zone est soulignée d'une bande rouge qui fait le lien avec les bandes rouges latérales et semble encadrer tout le tableau.

-        celle du dessus, avec déjà des tons d'un bleu plus clair, où apparaît au centre une tache verte qui tranche sur le bleu. Signe d'espoir ? Évocation du tombeau où repose un corps dans une mort qui n'est que provisoire ?

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Homélie du dimanche 9 juillet 2017 PDF Imprimer Email
Année 2017

Dimanche dernier, nous avons entendu les exigences requises par Jésus de ceux qu'il envoie en mission. El nous est bon d'entendre aujourd'hui de sa bouche que son joug reste facile à porter, et son fardeau, léger.

D'abord, il lève le voile sur sa relation au Père, dans un style qui annonce celui du quatrième évangile. Entre le Père et le Fils, il y a une connaissance profonde, à nulle autre pareille. Et c'est le Fils qui est seul à révéler le Père; Toute la connaissance qu'à notre tour nous pouvons avoir du Père, et donc de Dieu, passe par Jésus qui veut bien la transmettre, et de préférence aux tout-petits, à ceux qui reconnaissent leur ignorance et aussi leur désir de Dieu. À l'inverse, chez les sages et les savants, il y a le risque de prétendre tout savoir et de n'éprouver aucun besoin de Dieu. Il faut qu'eux-mêmes deviennent des petits selon l'Évangile.

Ces petits ne le sont ni pas l'âge ni par la taille, mais par l'humilité, la pauvreté, la douceur. Comme Jésus lui-même, "doux et humble de cœur". Comme le roi annoncé par le prophète Zacharie, un roi "pauvre et monté sur un âne, qui proclamera la paix aux nations". Dans ce contexte, il y a équivalence entre humilité et pauvreté, car la pauvreté dont il s'agit est d'abord elle du cœur, comme dans les béatitudes. Et il en va de même pour la douceur.

Dans la vie prégnante que beaucoup parmi nous connaissent - de manière très suggestive, ne disons-nous pas souvent que nous menons une vie de fou ? - ne faut-il pas entendre la parole de l'Évangile de ce dimanche comme une sonnette d'alarme. La vie professionnelle et l'amoncellement d'activités sportives et autres que beaucoup connaissent aujourd'hui n'est-elle pas un champ de lutte et de pouvoir où le faible est méprisé, où l'humain n'est pas souvent pris en considération. Dans nos conversations, ce constat revient si souvent !

J'ose penser que la parole du Christ frappe juste chez certains d'entre nous quand il nous dit : "Halte, arrête-toi un moment, repose-toi, retrouve toi-même un cœur de doux et humble; quel est le sens de ce que tu vis en ce moment ?

Dans la prière que le Christ adresse à son Père ce dimanche, prière qui exprime très clairement l'intimité exceptionnelle qu'il revendique avec Dieu, il invite par le fait même tous ceux qui veulent le suivre à trouver dans la relation à Dieu la source de la confiance, d'une paix intérieure et d'une joie sereine mais aussi la force pour vaincre les démons de l'orgueil et du désir toujours inassouvi de posséder plus, d'amasser des biens au-delà du nécessaire et par là même d'écraser les autres.

Prendre le temps du repos, de la prière et de l'intimité avec Dieu, c'est se nourrir de l'esprit des béatitudes. C'est loin d'être du temps perdu ! C'est redonner du sens et du souffle à sa vie... et c'est refaire place aux autres dans son rythme de vie !

En ce deuxième dimanche de juillet, je vous dis à tous : "Reposez-vous bien... auprès de Celui qui est doux et humble de cœur ! Réapprenons à vivre auprès de Lui !"


Abbé Jean-Marie JADOT