L'asbl AMANOCLAIR possède son site Web : http://www.clairefontaine-arlon.be

(Mis à jour pour la réservation de salles)

Lire la suite...
Homélie du dimanche 25 juin 2017 PDF Imprimer Email
Homélies 2017

Les textes de ce dimanche et surtout la lecture de l'évangile concernent l'envoi en mission des disciples et les persécutions qui les attendent. Jésus leur demande de proclamer sa parole avec assurance au milieu des souffrances et  des persécutions, dans le contexte d'un monde où domine la pensée unique, c'est-à-dire : une société où les gens sont contraints de penser ce que les autres pensent et comme les autres pensent. Ainsi, il n'y a plus de conflits possibles, mais on y perd sa liberté et sa personnalité.

Une pensée unique qui, déjà du temps de Jésus, était un système politico-religieux et que personne ne pouvait remettre en cause de peur de s'attaquer à Dieu. Il fallait beaucoup de courage pour aller à l'encontre de cette conception et surtout une foi inébranlable pour parler du Dieu révélé par Jésus. C'est en étant conscient de tout cela que Jésus adresse ses recommandations à ceux qu'il envoie. Il les invite à ne pas craindre. « Ne craignez pas ! », leur dit-il ! Ne pas avoir peur de transmettre son message et de dire ce qu'on a à dire, puisque cela vient de Dieu. Ne pas craindre les oppositions et même la torture et la mort, car Dieu dispose de la vie éternelle. Ne pas craindre l'avenir, car rien sera oublié ni perdu pour ceux et celles qui tiendront jusqu'au bout.

La peur est le contraire de la foi...La foi donne l'assurance de pouvoir  m'appuyer sur Dieu, qui est mon rocher. Jésus invite donc à trouver en Dieu la victoire sur la peur. La peur des autres, la crainte de soi-même. Car le disciple peut se découvrir faible et pécheur. Il peut avoir peur que les autres se servent de ses limites pour le culpabiliser. Comme Jérémie qui dit : « Tous mes ennemis guettent mon faux pas ! ». Jésus voudrait apaiser ceux qui vont être persécutés. Pour lui, lorsque je mets mes faiblesses entre les mains du Seigneur, les autres ne pourront pas s'en servir contre moi. Les autres peuvent m'atteindre extérieurement, ils peuvent blesser mon corps, ma sensibilité, m'imposer des humiliations, des déshonneurs, mais ils ne peuvent pas atteindre mon âme : Dieu y habite. Dans la mesure où je rejoins celui qui m'habite, je rejoins mon rocher, ma forteresse, mon bouclier et je ne peux être détruit, car Dieu ne peut être détruit.

Dieu est la vérité qui est appelée à se dévoiler : cette vérité finira par se révéler et rien ne sera caché de ce que le Seigneur a dit et promis. C'est lui qui fera le reste. Et ce qu'il faut dévoiler surtout, c'est la proclamation de la Bonne Nouvelle du Seigneur, la Bonne Nouvelle de son Royaume, la Bonne Nouvelle du salut et non pas le péché. La priorité est accordée à la vie spirituelle, qui permet de prendre position pour le Seigneur, se déclarer pour lui devant les hommes et de comprendre que rien ne sera perdu de la part de ceux qui ont décidé de le suivre. C'est le choix de chaque croyant, de chaque chrétien, au jour le jour, quand sévissent des menaces, des persécutions... qui les poussent à renoncer à leur foi, à renier leur Dieu. C'est le choix des chrétiens cooptes, de l'Égypte, de l'Orient, des chrétiens du monde entier qui préfèrent la mort au lieu de renier leur Dieu. C'est à ce choix que le Christ nous invite aujourd'hui, quand nous guette cette tentation de renier notre Dieu, notre foi...pour souscrire et plaire à la dictature de la pensée unique, en vogue dans les mentalités de beaucoup de nos contemporains.


Abbé Wenceslas MUNGIMUR - Doyen de Saint-Martin