Le nouveau vitrail de St Martin : "Matin de Pâques"

Essai d'interprétation

Donnons-nous la peine de nous avancer vers le chœur de l'église et retournons-nous pour avoir une vue d'ensemble du vitrail. Le regard est ébloui par la magnificence de l'œuvre et par le chatoiement des couleurs. Le vitrail est non-figuratif et laisse à chacun la liberté d'interprétation qui lui convient.

Essayons de le détailler quelque peu et laissons le regard le parcourir de bas en haut.

Le bas du vitrail frappe d'abord par son bleu nuit, qui forme une masse énorme et occupe toute la surface du bas. Il évoque dans mon esprit le monde des abysses, avec des ondulations qui font penser à des courants sous-marins.  Serait-ce le monde des enfers, dont il est question dans le credo chrétien ?

Ou encore les ténèbres de la nuit profonde après la mort en croix du Christ ?

On sent très bien que ce bleu traduit quelque chose d'inquiétant, qui a de quoi faire frémir.

Il faut distinguer dans cette masse deux zones :

-        celle du dessous, d'un bleu profond, avec au centre une tache multicolore qu'il me paraît difficile d'interpréter. Cette zone est soulignée d'une bande rouge qui fait le lien avec les bandes rouges latérales et semble encadrer tout le tableau.

-        celle du dessus, avec déjà des tons d'un bleu plus clair, où apparaît au centre une tache verte qui tranche sur le bleu. Signe d'espoir ? Évocation du tombeau où repose un corps dans une mort qui n'est que provisoire ?

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Homélie du dimanche 18 juin 2017 - Fête du Saint-Sacrement PDF Imprimer Email
Année 2017

Ce dimanche 18 juin, la fête du Corps et du Sang du Christ nous est offerte comme un bouquet final du temps de Pâques ! L'Eucharistie, cette source et ce don si essentiels à nos vies de baptisés et à la vie des communautés chrétiennes !

Sans l'Eucharistie, la foi se meurt, la charité s'affadit et l'espérance s'essouffle ! Nous en faisons, hélas, douloureusement l'expérience aujourd'hui ! Nous sommes les témoins d'un abandon qui n'est pas seulement une rupture de fidélité et une perte de repères et de sens pour ceux qui partent, mais aussi une blessure et un manque pour ceux qui tentent de rester fidèles ! Sans l'Eucharistie, il n'y a plus de vie d'Église et le souffle de l'Évangile lui-même se dilue.

Participer à l'Eucharistie, c'est à chaque fois se mettre à l'écoute de la Parole de Dieu, communier au Corps du Christ et à l'Amour divin et aussi rencontrer d'autres chrétiens. C'est une joie tout autant à recevoir de Dieu qu'à partager aux autres.

Faire mémoire du Christ dans l'Eucharistie, c'est recevoir la force de l'Amour de Dieu pour devenir ce que nous recevons, c'est accueillir l'amour de Dieu au sommet du don qu'il nous fait à l'heure de la croix pour en devenir à notre tour des donateurs. Le don de Dieu devient un don fraternel pour bâtir un monde fraternel.

J'ai vraiment été impressionné par ce que nous avons eu le bonheur de vivre, il y a quinze jours, dans notre église, à l'Eucharistie de 11 heures, le jour de la fête de Pentecôte quand toute la fraternité universelle - qui marque de plus en plus notre communauté de Saint-Martin - s'est exprimée dans 17 langues différentes et dans des chants venus de plusieurs pays d'Afrique. Que lbeau moment de fraternité et de construction du monde !

Le geste mémorial de l'Amour divin que Jésus a vécu avec ses apôtres au soir du Jeudi-Saint dans le partage du pain et du vin entretient dans toutes les communautés chrétiennes depuis 2000 ans l'apogée du message d'amour divin qui s'est réalisé à l'heure de la croix. "Faites ceci en mémoire de moi"...ce sont les derniers mots de Jésus au terme de la consécration.

On peut dire aussi que ces mots clôturent le temps pascal en cette fête du Saint-Sacrement. C'est à la fois, un jour festif de mémorial mais aussi d'envoi en mission et d'ouverture à la fraternité universelle.

Abbé Jean-Marie JADOT