Le nouveau vitrail de St Martin : "Matin de Pâques"

Essai d'interprétation

Donnons-nous la peine de nous avancer vers le chœur de l'église et retournons-nous pour avoir une vue d'ensemble du vitrail. Le regard est ébloui par la magnificence de l'œuvre et par le chatoiement des couleurs. Le vitrail est non-figuratif et laisse à chacun la liberté d'interprétation qui lui convient.

Essayons de le détailler quelque peu et laissons le regard le parcourir de bas en haut.

Le bas du vitrail frappe d'abord par son bleu nuit, qui forme une masse énorme et occupe toute la surface du bas. Il évoque dans mon esprit le monde des abysses, avec des ondulations qui font penser à des courants sous-marins.  Serait-ce le monde des enfers, dont il est question dans le credo chrétien ?

Ou encore les ténèbres de la nuit profonde après la mort en croix du Christ ?

On sent très bien que ce bleu traduit quelque chose d'inquiétant, qui a de quoi faire frémir.

Il faut distinguer dans cette masse deux zones :

-        celle du dessous, d'un bleu profond, avec au centre une tache multicolore qu'il me paraît difficile d'interpréter. Cette zone est soulignée d'une bande rouge qui fait le lien avec les bandes rouges latérales et semble encadrer tout le tableau.

-        celle du dessus, avec déjà des tons d'un bleu plus clair, où apparaît au centre une tache verte qui tranche sur le bleu. Signe d'espoir ? Évocation du tombeau où repose un corps dans une mort qui n'est que provisoire ?

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Homélie du dimanche 21 mai 2017 - 6ème dimanche de Pâques PDF Imprimer Email
Année 2017

Philippe, dont parle la première lecture, est un des sept diacres choisis pour l'organisation et la distribution équitable des repas, mais il ne s'est pas limité à ce rôle, il s'est mis à prêcher la parole de Dieu, comme les Apôtres. Et c'est vers les samaritains considérés comme des hérétiques qu'il se tourne. Sa prédication s'accompagne de nombreux signes et de guérisons. Très certainement, Philippe a compris et fait sien le message de Jésus lorsqu'il déclare que l'aimer et mettre en pratique ses enseignements, c'est faire la volonté du Père et c'est aussi  agir et faire la même chose que  Jésus. C'est ce que Jésus affirme: Si quelqu'un m'aime, je me manifesterai à lui, mon Père l'aimera et nous ferons chez lui notre demeure. De cette manière, Philippe, par sa foi en la parole de Jésus entre dans la réalité et dans le mystère de la relation que Jésus partage avec son Père et l'Esprit-Saint.

Il comprend le message de Jésus et le bien-fondé de sa mission, il en est convaincu et, de ce fait, sa prédication porte des fruits ; elle touche les cœurs de ses auditeurs, en provoquant en eux de nombreuses conversions. Il se laisse guider par la force de l'Esprit-Saint qui lui donne de vivre et de garder les enseignements de Jésus, énoncés en termes de commandements et dont l'application donne de vivre et de demeurer en Dieu. Parce que, pour Jésus, aimer, c'est obéir à ses paroles et il nous demande de ne pas oublier son principal enseignement qu'il tient de son Père : « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. »

Ainsi l'Esprit-Saint donne le discernement nécessaire pour vivre cet amour trinitaire dans la diversité réconciliée de l'Église. Si nous aimons Jésus, nous sommes aussi appelés à nous aimer comme des frères et sœurs. Le monde qui nous entoure nous donne une impression allant à l'encontre de ce message d'amour partagé et prend toutes sortes du mal qui paralysent, distraient et détournent de la vraie foi en Dieu, comme la peur, l'angoisse, la honte, les addictions, la violence, la guerre, la haine, les persécutions..., l'Esprit-saint donne la force, le courage et l'assurance pour faire face à ces obstacles et d se maintenir dans la ligne tracée par Jésus.

Ce sont le courage et la conviction de Philippe, ce sont aussi la persistance à la sainteté et la persévérance dans la bonne ligne des destinataires de la première lettre de l'Apôtre Pierre, qui sont en proie à toutes sortes de souffrances à cause de leur foi. Qu'ils n'aient pas honte de témoigner de leur foi jusqu'au bout.  Et Jésus lui-même, conscient de tous ces vents contraires, dit aux disciples : « C'est dans votre intérêt que je m'en aille. Je ne vous laisserai pas orphelins... {...}  Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, mon Père l'aimera, et nous viendrons vers lui. » Il dira encore : « Moi, je prierai le Père, et il vous enverra un autre défenseur qui serra pour toujours avec vous : l'Esprit de Vérité... », qui fera que continuer la présence de Jésus à jamais...

À l'approche de la fête de l'Ascension, où nous devons continuer la route en ayant confiance en Jésus, prions l'Esprit-saint de nous ouvrir, comme à Philippe, la porte de notre responsabilité des baptisés, celle de notre foi en la résurrection du Christ et de notre victoire sur le mal.


Abbé Wenceslas MUNGIMUR - Doyen de Saint-Martin