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Homélie du dimanche 2 avril 2017 - 5ème dimanche de Carême PDF Imprimer Email
Homélies 2017

Comme tous les humains, Lazare est mort. Mort de maladie. C'est le sort de beaucoup. Pourtant il était l'ami de Jésus. Mais cela ne lui a donné aucun privilège particulier. Ses sœurs aussi sont les amies de Jésus. Elles doivent, elles aussi, affronter la dure loi de la séparation : temps de l'absence, temps de la déstabilisation, temps de la peur de l'avenir...

Elles réagissent à cet événement avec leur foi et leur sensibilité. Marthe croit fermement que son frère ressuscitera à la fin des temps. Ce qui ne change rien à la triste situation. Marie se tait ; elle s'unit à Jésus et sait qu'il partage sa peine et sa souffrance. Jésus ne s'en cache pas : il est ému. Ceci nous montre le côté humain de Jésus, même si par la suite vont ressortir sa nature et sa mission divines qui donneront à tous ces événements une tout autre dimension. Celle qui va lui permettre d'ouvrir de nouveaux espaces de vie et de manifester jusqu'où va la maîtrise de Dieu sur la vie et sur la mort. Cette autre dimension, Jésus la dévoile déjà dans sa réaction à l'annonce de la maladie de son ami Lazare. Alors que ses sœurs sont désarmées par la mort de leur frère et vivent douloureusement une telle séparation, comptant sûrement sur une intervention salvifique de leur ami Jésus, celui-ci, sans aucun empressement, ose prononcer ces seules paroles : « Lazare est mort, et je me réjouis de n'avoir pas été là, afin que vous croyiez ! ».

Par cette réaction étonnante et, peut-être, choquante, Jésus veut amener ses amis et leur entourage à jeter un autre regard sur la mort et transformer leur attitude vis-à-vis de celle-ci. Avec lui, la mort n'est plus une fin sans issue, mais elle fait partie de la vie et devient une étape de l'existence et un passage dans la vie de l'au-delà. C'est auprès de Jésus et de son père qu'il faut chercher la clé de ce mystère de la mort et aussi de la vie.  Quand nous parlons de la mort, il s'agit bien sûr de la mort physique -et là avec Dieu rien n'est impossible, les miracles sont possibles -, mais ici aussi et surtout il s'agit de toutes les autres morts qui nous privent de la joie de vivre, qui nous paralysent et nous renferment dans les tombeaux de nos égoïsmes, de nos préjugés et nos critiques négatifs, nos manques de confiance en nous-mêmes et dans les autres..., qui nous divisent et nous plongent dans les ténèbres, dans la haine et qui font que nous puissions nous lier, nous-mêmes, et lier les autres...

Ainsi, avec la résurrection de Lazare, Jésus, non seulement nous ouvre la voie vers la victoire de la vie sur toutes morts, mais il vient ouvrir nos tombeaux, nous délier de nos chaînes pour rendre libres et participants de la victoire de sa résurrection. Désormais, avec sa mort et sa résurrection, Jésus nous ouvre une approche nouvelle approche : la mort n'a plus le dernier mot, mais plutôt la vie et l'amour. La résurrection ne concerne pas seulement le corps à la fin des temps, elle désigne aussi la vie de Jésus qui transforme déjà maintenant toute existence.  Nous commençons à ressusciter lorsque nous suivons Jésus dans notre vie de tous les jours. La vie éternelle ne consiste pas à être parqués quelque part dans une espèce de ‘Walhalla' (séjour des morts), elle commence dès maintenant, dans notre façon vivre et d'aimer à la suite de Jésus. Tel est bien le désir plus profond de Jésus : nous communiquer cette vie par sa parole ; cette parole qui traverse nos tombeaux et nous ramène à la vie. Nous devons répondre par notre foi qui est ouverture à cette parole..

Nous sommes ainsi invités à professer la même foi que Marthe et Marie, pas une foi sur des opinions ou des idées, mais une foi en la personne de Jésus, présent en nous, au cœur de notre vie, et en sa résurrection.


Abbé Wenceslas MUNGIMUR - Doyen de Saint-Martin