Le dimanche 12 NOVEMBRE

Fête paroissiale de la Saint-Martin

A 11h messe festive

A 12h30, à Clairefontaine

DINER PAROISSIAL

Apéro - Potage campagnard

Judd mat Gaardebounen

Dessert - Café

Prix : 18€  (6€ pour enfants de - de 12 ans).

Réservations pour le 3/11 : au secrétariat paroissial 063/226507 (en matinée)

ou chez Rita et Paul ORIGER 063/234623 - paul.origer@skynet.be


Homélie du samedi 11 février PDF Imprimer Email
Homélies 2017

11 février 2017

Homélie en la fête de Notre-Dame de Lourdes - Journée Mondiale du Malade.

« Émerveillement pour tout ce que Dieu accomplit. »

Évangile : Le récit de la Visitation (Lc 1, 39-56)

À la lecture de cette page d'Évangile, je peux dire que, chaque fois, une joie intérieure m'envahit. Comment, en effet, ne pas partager la joie de Marie et Elisabeth, toutes deux émerveillées des grandes choses que le Seigneur a fait pour elles ? Leur joie est communicative. Même l'enfant qu'Élisabeth porte en son sein en tressaille d'allégresse. Cette joie, c'est aussi celle de tout un peuple, un peuple que Dieu vient visiter pour lui annoncer une bonne nouvelle, à savoir que le Royaume de Dieu tant attendu, tant espéré, est maintenant tout proche. « Il germe déjà. Ne le voyez-vous pas ? » dira Jésus.

À entendre cette bonne nouvelle, comment ne pas nous réjouir, nous aussi, comme Marie et Elisabeth ? Car aujourd'hui encore, Dieu vient nous visiter. Les signes du Royaume sont là, parmi nous. Il nous faut peut-être retrouver notre capacité d'émerveillement, que nous perdons parfois en grandissant, pour les découvrir et renouer avec la joie de l'Évangile que le Pape François appelle de tous ses vœux pour l'Église dans le monde d'aujourd'hui.

Le Magnificat prend naissance dans le cœur de Marie à l'occasion de sa visite à sa cousine Élisabeth. Une visite qui est plutôt une visitation. En effet, au moment où ces deux femmes se rencontrent dans la maison de Zacharie, la présence d'une troisième personne se perçoit. Et cette présence, c'est celle de Dieu lui-même. C'est l'Esprit de Dieu qui souffle sur cette rencontre. D'où l'émerveillement de l'une et de l'autre pour tout ce que Dieu accomplit. Marie le chante : « Mon esprit s'est rempli d'allégresse à cause de Dieu mon Sauveur. »

Marie et Élisabeth ont en commun cette capacité d'émerveillement que l'on connaît chez les enfants. Un enfant s'émerveille tous les jours. Il découvre le monde et tout est nouveau pour lui. Chaque chose est un évènement qui lui procure une joie naturelle, spontanée, communicative. Les enfants ont à nous apprendre l'émerveillement.

C'est parce que tout ce qu'elles vivent, elles le vivent en présence de Dieu, dans la lumière de Dieu, dans le souffle de l'Esprit de Dieu que Marie et Élisabeth n'ont jamais perdu leur cœur d'enfant capable d'émerveillement. Devant Dieu, en sa présence, on ne peut être qu'un enfant, un enfant bien-aimé, un enfant émerveillé au-delà des vicissitudes que la vie peut placer sur notre chemin. Élisabeth est restée sans enfant jusqu'à un âge avancé, et l'on sait combien, dans la société de l'époque, une telle situation était source de raillerie. Marie, toute jeune encore, a déjà dû affronter le doute de Joseph et aussi, probablement, les regards soupçonneux de son entourage. Mais elles ont toutes deux garder leur capacité d'émerveillement parce que, devant Dieu, elles ont gardé leur cœur d'enfant bien-aimé.

Les évènements dont nous faisons mémoire aujourd'hui en la fête de Notre-Dame de Lourdes ont des choses en commun avec la visitation de l'Évangile. C'est la visitation de Marie à Bernadette. Mais pas seulement à Bernadette, à tout un peuple aussi, ce peuple de croyants que nous sommes, un peuple en attente, en attente de Dieu. À Lourdes aussi, d'une certaine manière, Dieu a visité son peuple. Dès qu'elle voit la Belle Dame dans le creux de la grotte de Massabielle, Bernadette se sait et se sent en présence de Dieu. Et son cœur d'enfant s'émerveille. Les témoins des apparitions étaient frappés de voir son visage radieux. Comme pour le prophète Élie qui perçoit la présence de Dieu sur le mont Horeb dans le murmure d'une brise légère, c'est un coup de vent par un après-midi de grand calme qui éveille l'attention de Bernadette à une présence hors de l'ordinaire, une présence spirituelle.  Son émerveillement ira grandissant, de visitation de Marie en visitation. Rien ne troublera la paix et la joie de son cœur : ni les soupçons du curé Peyramale, ni les interrogatoires de la police, ni les menaces de prison, ni les barricades mises en place devant la grotte par les autorités de la ville. Son cœur d'enfant devant Dieu la garde sereine et dans l'émerveillement.

Dans son message pour la Journée Mondiale du Malade, qui, depuis 25 ans, à l'initiative du pape saint Jean-Paul II, se déroule en la fête de Notre-Dame de Lourdes, c'est-à-dire aujourd'hui, le pape François nous appelle aussi à l'émerveillement pour tout ce que Dieu accomplit. Est-il possible de s'émerveiller pour tout ce que Dieu accomplit lorsqu'on traverse l'épreuve de la maladie, du handicap ou de toute autre forme de souffrance ? Qui peut répondre à cette question, sinon celles et ceux qui traversent une épreuve ? J'ai vu des malades revenir d'un pèlerinage à Lourdes (ou à Beauraing, à Banneux...) témoigner d'une joie intérieure communicative, alors que leur maladie continuait pourtant à les ronger. J'ai rencontré des personnes vivant avec un handicap qui disent « oui » à la vie, la leur, et qui répandent la joie de vivre autour d'eux. J'ai entendu des visiteurs de malades raconter certaines de leurs visites vécues comme de véritables visitations, où la joie et l'émerveillement avaient leur place au cœur d'un récit de vie parfois difficile et douloureux. Et j'ai alors eu envie de dire, avec les gens qui suivaient Jésus et qui étaient témoins des merveilles qui s'accomplissaient : « Nous n'avons jamais rien vu de pareil ! »

Oui, réveillons notre capacité de nous émerveiller pour tout ce que Dieu accomplit.

Le secret de l'émerveillement, Marie, Élisabeth et Bernadette nous l'apprennent : c'est être ouvert à l'aujourd'hui de Dieu, être disponible à l'inattendu de Dieu, quelles que soient les conditions de vie qui sont les nôtres, malgré les déceptions, les souffrances, les épreuves que la vie peut nous réserver. Les personnes en souffrance que nous rencontrons, et dont la paix et la joie intérieures suscitent notre admiration, en témoignent. Tout en étant bien réelles, la maladie, la souffrance, les épreuves n'ont rien changé à leur perception de la vie. Accueillantes aux surprises de Dieu, elles ont su garder intacte leur capacité de s'émerveiller des choses de la vie, même dans l'épreuve.

Et nous, maintenant, essayons de retrouver devant Dieu notre cœur d'enfant bien-aimé, capable de s'émerveiller. Rendons-nous disponibles à ses visites, à ses visitations, dans les évènements qui surviennent, dans les rencontres, parfois inattendues, avec les autres. Laissons-nous surprendre par les initiatives de Dieu dans la réalité de notre vie. Sachons nous en émerveiller, nous aussi, et reconnaître que « nous n'avons jamais rien vu de pareil ! » et chanter avec Marie : « Le Seigneur fit pour moi de grandes choses... »

Abbé Philippe Coibion