Le temps de l'Avent commence ce dimanche 3 décembre...

Soyons des guetteurs !

Les croyants sont des guetteurs.

C‘est le nom que Dieu leur a donné. Pas des juges qui prononcent des jugements irrévocables sur tout ce qui hésite et peine à la surface de la terre, pas des guerriers qui peinent à la surface de la terre, pas des guerriers qui entreprennent la lutte - Sainte évidemment - contre tout ce qui entraîne du mouvement dans les longs couloirs de la Tradition, pas des gardiens des valeurs éternelles, pas des diplomates qui naviguent entre toutes les eaux pour présenter le Bien de la Communauté, pas des saints à la pureté irréprochable !

Des guetteurs: qui crient au plus fort de la désespérance: „ Ne perdez pas courage, le Jour se lève „, qui sont à l‘affût, qui distinguent dans la poussière et la sueur, les traces du salut qui vient, qui passent de l‘un à l‘autre, tapant sur l‘épaule: „ Tiens bon. Tu n‘es pas seul ! „, qui vivent au milieu de leurs frères, connaissant les mêmes joies et les mêmes difficultés, leur répétant parfois au sein des moqueries, qu‘au milieu d‘eux il y a Quelqu‘un qu‘ils ne connaissent pas et qui travaille avec eux au bonheur de tous, qui réveille les yeux de leurs frères, les invitant à regarder, au-delà des cris, la joie qui se lève à l‘horizon des vivants.

Guetteurs: c‘est le nom de baptême des croyants !

(Source : www.lespasseurs.com )

Homélie du dimanche 23 juillet 2017 PDF Imprimer Email
Homélies 2017

1ère lecture : du livre de la Sagesse (12,13.16-19)
2ème lecture : de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (8,26-27)
Evangile : selon saint Matthieu (13,24-43)

J'ai toujours apprécié l'expression qu'il nous arrive d'utiliser à propos d'une connaissance : "C'est quelqu'un de très humain". "Etre humain", c'est beaucoup plus que de dire que cette connaissance est une femme ou un homme. Dans l'expression "être humain", il y a bien des nuances de compréhension, de tolérance, d'écoute, de bonté, de miséricorde. Ce qui faisait dire dans la première lecture de ce dimanche à l'auteur du livre de la Sagesse : "Par ton exemple, Seigneur, tu as enseigné à ton peuple que le juste doit être humain."

C'est vers Dieu que la Bible nous invite à regarder pour apprendre à devenir humain, à maitriser nos humeurs pour ne pas arracher trop vite l'ivraie qui pousse dans le bon grain. La Parole de Dieu que nous venons d'écouter questionne les violents, les intolérants, les sectaires et les intégristes de tout poil... ceux qui se croient un peu vite purs et bien pensants.

Comme les autres composantes de la société, à différentes périodes de leur histoire, les Eglise chrétiennes ont connu elles aussi la tentation de se prendre pour "l'Eglise des purs", "plus catholique que le pape", de rejeter les pécheurs,... jusqu'à sombrer dans l'inquisition.

Bien sûr, tous les croyants sont invités à se convertir sans cesse... mais chacun à son rythme.... Bien sûr, aucune communauté, aucun croyant ne peuvent vivre sans repères, sans règles et sans idéal. Mais ces balises nécessaires ne dispensent pas d'accompagner avec patience et humanité, chacun sur son chemin. Tout comme l'éducation des enfants et des jeunes, la pastorale doit compter sur le temps et se fonder sur la patience et l'espérance. Tous ceux qui ont des responsabilités dans l'Eglise - à tout niveau - doivent souvent méditer la patience de Dieu avec son peuple, pour accepter et comprendre la complexité du cœur de l'homme, accueillir la différence et respecter l'œuvre du temps, le temps de la maturation.

"Pour faire un homme, chantait Hugues Aufray, mon Dieu que c'est long !"... long comme les années qui vont du grain de moutarde à l'arbre aux oiseaux, long comme les hivers après les semailles et avant l'été des moissons, long comme la nuit de fermentation avant l'heure du pain croustillant.

Dans cette longueur du temps, il y a une grande idée maîtresse que chacun de nous, parents, grands-parents, éducateurs, prêtres ou chrétiens engagés dans la vie de l'Eglise doivent souvent méditer : laisser le temps au temps pour que l'humanité et le cœur de l'homme s'humanisent et par là-même se divinisent... et que Dieu fasse son œuvre en nous...

Ceci dit... cette longue patience ne doit pas nous empêcher de continuer à semer la Parole de Dieu dans les cœurs ! L'urgence, aujourd'hui, est peut-être plus forte que jamais.

Dieu engage toujours des semeurs d'Evangile...

Abbé Jean-Marie JADOT - Doyen de Saint-Martin