Le nouveau vitrail de St Martin : "Matin de Pâques"

Essai d'interprétation

Donnons-nous la peine de nous avancer vers le chœur de l'église et retournons-nous pour avoir une vue d'ensemble du vitrail. Le regard est ébloui par la magnificence de l'œuvre et par le chatoiement des couleurs. Le vitrail est non-figuratif et laisse à chacun la liberté d'interprétation qui lui convient.

Essayons de le détailler quelque peu et laissons le regard le parcourir de bas en haut.

Le bas du vitrail frappe d'abord par son bleu nuit, qui forme une masse énorme et occupe toute la surface du bas. Il évoque dans mon esprit le monde des abysses, avec des ondulations qui font penser à des courants sous-marins.  Serait-ce le monde des enfers, dont il est question dans le credo chrétien ?

Ou encore les ténèbres de la nuit profonde après la mort en croix du Christ ?

On sent très bien que ce bleu traduit quelque chose d'inquiétant, qui a de quoi faire frémir.

Il faut distinguer dans cette masse deux zones :

-        celle du dessous, d'un bleu profond, avec au centre une tache multicolore qu'il me paraît difficile d'interpréter. Cette zone est soulignée d'une bande rouge qui fait le lien avec les bandes rouges latérales et semble encadrer tout le tableau.

-        celle du dessus, avec déjà des tons d'un bleu plus clair, où apparaît au centre une tache verte qui tranche sur le bleu. Signe d'espoir ? Évocation du tombeau où repose un corps dans une mort qui n'est que provisoire ?

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Homélie du dimanche 15 novembre 2015 PDF Imprimer Email
Année 2015

Les événements que saint Marc décrit dans son évangile ressemblent à la situation et aux problèmes de notre temps. Nous vivons une période très agitée, où l'angoisse est de plus en plus présente. Des faits terrifiants par ci par là, des catastrophes naturelles, des épidémies, les terribles ravages du sida, du cancer, du paludisme... les famines, les génocides, le terrorisme, les hommes transformés en bombes vivantes... on pourrait vraiment croire à cette fin dont nous parle Jésus !Et les faux prophètes s'empressent et surgissent de partout pour surfer sur l'occasion en or de prédire les malédictions.


Or Jésus lui-même nous dit que personne ne sait ni le jour, ni l'heure où ces événements arriveront. Dieu seul le sait.Il faut reconnaître que si, d'une part les experts nous alarment, avec raison, sur le réchauffement climatique ou sur les bouleversements planétaires face aux signes inquiétants qui se multiplient, d'autre part, et curieusement, les mêmes experts accordent un long avenir à notre planète.

Dans la Bible, il est écrit que Dieu ne veut pas provoquer un autre déluge... qu'il trouve que le monde qu'il a créé est bon.S'accorder à dire que Dieu veut détruire le monde, c'est ainsi devenir ses accusateurs, reconnaissant que ce monde créé par lui est mauvais et sans espoir d'avenir.

Comme Satan, dans le livre de Job, on devient alors les tentateurs de Dieu.

Ce comportement survient dès qu'on accède à une réflexion négative, destructrice et critique... très différente de l'inspiration qui vient de Dieu et qui nous dit que son œuvre est bonne, que son œuvre s'accomplit malgré les épreuves et dans les épreuves.

Cependant, il est vain pour nous de prédire cette fin du monde. Nous savons tous qu'il existe une fin pour chacun et chacune de nous : notre mort est notre fin à tous. Elle peut nous surprendre, surgir à l'improviste. Mais Jésus nous invite à être vigilant, à veiller et à vivre attentif aux signes du temps. Il nous invite au réalisme : il sait bien que l'histoire humaine, que chaque vie humaine est marquée par les épreuves. A chacun de les affronter, soit dans une attitude fataliste, soit en gardant la foi et l'espérance. C'est à cela que Jésus nous invite : continuer à avoir foi en sa fidélité, confiance en son amour à travers les épreuves.

Jésus parle du jugement de Dieu. Mais ce qui est rassurant, c'est de savoir que Dieu est un Père miséricordieux, fidèle et sincère. Nous ne devons pas nourrir la crainte face à lui.

Nous sommes donc loin des discours qui associent le jugement à une fin du monde catastrophe et à la colère de Dieu.

Ce ne sont que des discours humains de nature à faire peur et à manipuler. Attention à toutes les interprétations des messages venus « d'en haut », peu crédibles lorsqu'ils n'invitent pas à l'amour, à la paix et à la vraie conversion du cœur. Le texte d'aujourd'hui est une invitation non à la peur mais à l'espérance. Il se termine avec la belle Parabole du figuier : «Quand ses branches reverdissent et que sortent les feuilles, vous savez que l'été est proche

N'attendons pas pour mettre en pratique la Parole de Dieu. Devenons des pierres vivantes, travaillons sans relâche à l'accomplissement du monde nouveau dont nous parle Jésus, à l'humanisation de notre terre, au respect de toute vie afin que notre monde devienne un monde fraternel, un monde d'amour, de justice, de paix et de solidarité entre tous.

Abbé Wenceslas MUNGIMUR - Vice-Doyen de Saint-Martin