Le nouveau vitrail de St Martin : "Matin de Pâques"

Essai d'interprétation

Donnons-nous la peine de nous avancer vers le chœur de l'église et retournons-nous pour avoir une vue d'ensemble du vitrail. Le regard est ébloui par la magnificence de l'œuvre et par le chatoiement des couleurs. Le vitrail est non-figuratif et laisse à chacun la liberté d'interprétation qui lui convient.

Essayons de le détailler quelque peu et laissons le regard le parcourir de bas en haut.

Le bas du vitrail frappe d'abord par son bleu nuit, qui forme une masse énorme et occupe toute la surface du bas. Il évoque dans mon esprit le monde des abysses, avec des ondulations qui font penser à des courants sous-marins.  Serait-ce le monde des enfers, dont il est question dans le credo chrétien ?

Ou encore les ténèbres de la nuit profonde après la mort en croix du Christ ?

On sent très bien que ce bleu traduit quelque chose d'inquiétant, qui a de quoi faire frémir.

Il faut distinguer dans cette masse deux zones :

-        celle du dessous, d'un bleu profond, avec au centre une tache multicolore qu'il me paraît difficile d'interpréter. Cette zone est soulignée d'une bande rouge qui fait le lien avec les bandes rouges latérales et semble encadrer tout le tableau.

-        celle du dessus, avec déjà des tons d'un bleu plus clair, où apparaît au centre une tache verte qui tranche sur le bleu. Signe d'espoir ? Évocation du tombeau où repose un corps dans une mort qui n'est que provisoire ?

Lire la suite...
Homélie du dimanche 5 juillet 2015 PDF Imprimer Email
Année 2015

Nous avons entendu comment Jésus se heurte à la méconnaissance de ses compatriotes. Il leur semble peu instruit pour commenter les écritures. Il est bien connu dans son pays : ses parents, ses amis, toute sa famille sont issus de cette région. Ceux qui l'entendent en restent à ce niveau de connaissance et passent à côté de l'essentiel de son enseignement. Sa lucidité et son autorité sont pour eux un scandale, un obstacle pour accéder à la parole de Dieu. Et devant leur manque de foi, Jésus, étonné, se dirige vers d'autres  villages.

Comme quoi, il n'est pas facile de parler de Dieu : d'abord par rapport à soi-même quand ce n'est pas la foi ni un contenu spirituel qui nous y pousse et, ensuite, par rapport aux interlocuteurs dont l'écoute est souvent purement intellectuelle.

Parce que la foi n'est pas d'abord une affaire de connaissances ni de savoir : elle est plutôt et surtout un questionnement spirituel sur Dieu, sur Jésus, sur l'Esprit-Saint. Qui est Dieu, qui est Jésus, qui est l'Esprit-Saint.... pour moi ? Jésus, comme son Père, respecte infiniment la liberté de l'homme. Lorsque sa parole ne rencontre pas une oreille attentive et un cœur ouvert, elle ne peut porter du fruit.

La difficulté de Jésus ressemble à celles du prophète Ezéchiel et de Paul, dans la première et la seconde lecture. A Ezéchiel, le Seigneur demande d'affronter des cœurs durs et obstinés, la rébellion et la cruauté de ses compatriotes. Mais comme nous le dit Jésus, « un prophète n'est méprisé que dans son pays, sa parenté, sa maison ». Marc 6,4 - Jean 4, 44 En effet, les représentants des forces actives du pays ont été déportés à Babylone. Le prophète, lui aussi déporté, est appelé par Dieu. Il est envoyé vers son peuple rebelle ; il devra faire preuve d'audace et de courage. Qu'ils écoutent ou qu'ils n'écoutent pas, ils sauront qu'il y a un prophète au milieu d'eux qui les appelle à la conversion, à l'obéissance à Dieu et à la sainteté.

Paul nous décrit les vraies conditions de son apostolat. Il a reçu des révélations exceptionnelles. Mais il est accablé de difficultés et d'humiliations : insultes, faiblesses, contraintes, persécutions, situations angoissantes... A cela s'ajoutent de graves problèmes de santé. Bien sûr, il a demandé au Seigneur de l'en libérer car il n'en peut plus. Mais le Seigneur lui a répondu : « Ma grâce te suffit ». 2 Cor. 12, 9 Paul découvre ainsi que la puissance de Dieu agit dans sa propre faiblesse.

Ceci est important pour l'apôtre d'aujourd'hui : il doit être habité par cette confiance en Dieu. Il n'est pas seul dans cette mission. Le principal travail, c'est Dieu qui le fait dans le cœur de ceux qu'il met sur notre route. Car nous avons l'assurance que sa grâce vient transfigurer nos faiblesses et nous aider à reconnaître sa présence agissante en nos vies.

En célébrant l'Eucharistie, l'Eglise rend présent ce mystère du Royaume parmi les hommes.

Abbé Wenceslas MUNGIMUR - Saint-Martin