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| Neuvaine à Notre-Dame de Lourdes - jeudi 9 février 2012 |
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| Année 2012 | |||
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"Mystère glorieux : Christ est ressuscité ! Alleluia." 1ère lecture : de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (15, 1-11) Evangile : selon saint Marc (16, 1-8) Sur base d'enquêtes récentes, « notamment pour le Monde des Religions », Frédéric Lenoir estime qu'en France (c'est certainement différent chez nous...), moins d'1% de la population adhère encore intégralement à l'intégralité du Credo. 51% de la même population se déclare pourtant catholique... Plus étonnant sans doute, seuls 58% des catholiques français disent croire en la Résurrection du Christ. Tandis que, dans le même groupe, 8% croit en la réincarnation, dans une perspective souvent bien éloignée de celle des bouddhistes pour qui la loi du Karma précise que les souffrances d'un individu sont liées à ses mauvaises actions dans des vies antérieures et qu'il est condamné à renaître tant qu'il n'aura pas éliminé les effets négatifs de ses actes. La libération étant de quitter la ronde infernale des existences, le Samsara. Fermons la parenthèse... pour en savoir plus, je vous suggère la pièce « Bonté Divine » qui sera proposée ici dans 2 mois... Pas évident, dans ces conditions, de parler de Résurrection, a fortiori, à nos jeunes... Et puis, que leur dire ? Comment le Christ est-il ressuscité ? Et nous ? Allons-nous avoir droit à un supplément de vie ? Je vous propose donc d'essayer d'approfondir ensemble cette question de Résurrection. Daniel MARGUERAT, dans son beau livre « Résurrection, une histoire de vie » fait remarquer que le Nouveau Testament a recours à une profusion de langages pour exprimer un évènement qui fait littéralement sauter les limites des mots et que cela révèle, sans doute, l'intensité du vécu des premiers chrétiens. Ils ont accumulé les mots, combiné plusieurs langages dans l'espoir que, chacun étant inadéquat, ils parviendraient tous ensemble à donner une idée de Pâques. Evènement à ce point stupéfiant qu'on en parle et que beaucoup en vivent encore 2000 ans plus tard... Aujourd'hui, notre discours sur la Résurrection, s'est considérablement appauvri et se limite bien souvent au « symbole des apôtres ». : « le troisième jour, il est ressuscité des morts, il est monté au ciel, il est assis à la droite de Dieu, le Père tout-puissant ; d'où il viendra pour juger les vivants et les morts » Essayons dès lors de regarder les textes d'un peu plus près. Dans nos Bibles, le verbe « Ressusciter » traduit en fait deux verbes grecs : - Egeiro : réveiller, et - Anisthemi : mettre debout, relever Dieu relève ce que la mort a abattu : Avant, le défunt sommeillait, Après, Dieu l'a fait se lever. Arrêtons-nous maintenant aux manifestations du Ressuscité : Dans la foi hébraïque, voir Dieu ne consiste jamais à contempler son visage (pensons au buisson ardent, pex) mais à entendre sa parole. Il en va de même dans les récits d'apparition du Ressuscité où il n'est jamais décrit, mais où sa parole se fait reconnaître. Quand St Paul dit aux Corinthiens « Il s'est fait voir », cela montre que l'initiative revient au Christ et non aux témoins. C'est LUI qui se fait voir à ceux qui pensaient qu'il était perdu. Notons aussi que Dieu ne se donne à voir qu'aux croyants : les apôtres, les disciples d'Emmaüs, Marie de Magdala... Pour Saint Paul, la Résurrection est donc cette révélation bouleversante que la force de Dieu se fait connaître sur la Croix, soit dans le lieu de la plus intense fragilité. Pour, en quelque sorte, prouver la Résurrection, Paul dit « Regardez-moi, c'est le signe que le Christ vit et que son apparition s'est montrée efficace. » Le signe de la Résurrection n'est pas à chercher dans une question « Où est le corps ? » mais dans l'efficacité et la fécondité de sa parole, dans l'œuvre de sa grâce, dans la contagion du pardon. Malgré les persécutions qu'il a fait subir aux chrétiens, Dieu s'est montré à Paul. La preuve en est l'œuvre de la grâce à travers lui : l'œuvre missionnaire, les églises qu'il a fondées, les croyants qui, par lui, sont venus à la foi. Croire en la Résurrection nécessite donc une preuve par l'acte : faire confiance en un Dieu qui relève, qui met debout, même après le plus total échec. Croire cela, c'est refaire le geste de Paul, ajouter son nom à la liste des témoins prestigieux. La foi en Pâques est évidemment une foi vulnérable mais aimer la vie ou parier sur la vie, n'est-ce pas aussi parier sur une certaine vulnérabilité ? L'évangéliste, Marc, lui, nous raconte que les femmes sont venues au tombeau soigner un gisant. Au lieu du corps, une parole emplit l'espace. Et cette parole les chasse de la tombe, les déloge en quelque sorte de la mort qu'elles ont en elles. Que dit cette parole ? 1. Le Crucifié a été relevé par Dieu 2. Il n'est pas ici 3. Mais il a un message à faire passer aux disciples : il les précède en Galilée. Ce message n'est donc pas celui de l'absence du corps mais la révélation du nouveau lieu de sa Présence. La mort n'est plus un point final. « Les femmes s'enfuirent du tombeau (...) Elles ne dirent rien à personne car elles avaient peur. » Ainsi se termine l'Evangile de Marc. Les 11 versets qui suivent et que l'on trouve dans nos « Nouveaux Testaments » ont été ajoutés par un autre auteur quelques années après. Comment la nouvelle a-t-elle dès lors circulé, si elles se sont tues ? Dans un livre, la fin du récit est le moment où le lecteur quitte le monde du récit pour rejoindre son monde à lui. Saint Marc invite ainsi le lecteur à comprendre : - Le rôle de la peur, - Le risque du silence, - Le lieu de la rencontre du Ressuscité. Dans sa « Galilée » à lui... Ce renvoi à notre vie est évidemment rempli de toute la vie du Christ, des personnes qu'il a rencontrées, des guérisons, des paroles échangées. Du coup, c'est tout l'Evangile qui se donne à lire comme un long récit de l'apparition du Christ Ressuscité. Faut-il rappeler que les récits évangéliques ont tous été écrits bien après la Résurrection ?... Le lecteur est ainsi convié à entendre le Dieu de la Résurrection l'appeler à suivre son maître. Martin Luther dit « Quand tu lis ‘le Christ est ressuscité', ajoute aussitôt ‘je suis ressuscité', et tu es ressuscité avec lui car il faut que nous soyons rendus participants à sa propre Résurrection. » Croire en la Résurrection nécessite donc d'adopter une position sur la vie qui, du coup, rejaillit sur ma propre expérience... A la différence de Lazare ou de la fille de Jaïrus qui ont été réanimés, Jésus ne bénéficie pas d'un supplément de vie terrestre. Pâques n'annule pas l'effet de la mort... mais révèle plutôt le mystère de la présence d'un ... Absent... Pour dire comment nous, nous allons ressusciter, Saint Paul utilise l'image de la graine : « Toi, ce que tu sèmes ne prend vie qu'à condition de mourir. Et ce que tu sèmes n'est pas la plante qui doit naître mais un grain. » 1Cor 15, 36-37 Cela nous enseigne donc que : 1. La mort est une condition de la Vie et 2. il y a discontinuité entre l'avant et l'après. Il en est ainsi pour la Résurrection des morts, précise t'il, « semé corruptible, on ressuscite incorruptible ». L'être humain nait mortel ; après sa mort, il ressuscite et entre dans une vie éternelle, non contrariée par la mort... Il ne s'agit évidemment pas d'attendre la mort en haïssant la vie que nous menons... L'horizon de la Résurrection est là pour empêcher la société de se refermer sur elle-même. La promesse d'un nouveau monde doit générer, à l'égard des injustices, une profonde insatisfaction, un ferment critique, une espérance qui sont tout le contraire du fatalisme ! Comme Jésus qui ne ressuscite pas sans ses plaies, nous ne serons pas relevés sans l'intégralité de notre histoire. Croire en la Résurrection ne signifierait donc pas d'attendre la recomposition de la chair, des muscles et des os. Ce qu'on affirme, c'est que, dans la Résurrection, je serai accueilli, MOI, tout entier, avec mon histoire et mon passé et que ce MOI sera rendu complètement disponible à l'action de l'Esprit de Dieu. Pour conclure, je voudrais vous partager les paroles du Christ, rapportées dans l'évangile de Saint-Jean (Jn 11 ;25-26) : « Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ; et quiconque croit en moi ne mourra jamais » Bibliographie principale : « Résurrection, une histoire de Vie », MARGUERAT Daniel, éditions du Moulin « Le marché, le temple et l'Evangile », VERMEYLEN Jacques, Cerf Hugues DELACROIX - Directeur de l'INDA
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