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Neuvaine à Notre-Dame de Lourdes - mardi 7 février 2012 PDF Imprimer Email
Année 2012

"Mystère douloureux : porter sa croix avec le Christ"

Porter sa croix avec le Christ... Aider les autres à porter leur croix.

1ère lecture : de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens (2,6-11)
Evangile : selon saint Marc (15,20b-32)

Qui d'entre nous supporte d'être faible, allongé sur un lit, dans une situation de dépendance, d'être humilié?

C'est pourtant ce chemin que Dieu a choisi pour se révéler à nous.

Saint Paul nous le rappelle dans la première lecture (dans sa lettre au Philippiens):

« le Christ Jésus, lui qui était dans la condition de Dieu, n'a pas jugé bon de revendiquer son droit d'être traité à l'égal de Dieu ; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur....Il s'est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu'à mourir et à mourir sur la croix ! »

La mort du Christ sur une croix résume à elle seule l'amour inconditionnel que Dieu a pour nous.

En prenant la condition de serviteur et non celle du maître, il s'est abaissé pour pouvoir nous rejoindre au plus profond de nous-même.

En communiant ainsi pleinement à notre condition humaine, il nous rejoint dans notre faiblesse. Il donne un sens à la souffrance.

Durant toute sa vie, il a passé son temps à soulager, à guérir, à pardonner; à remettre les hommes debout,  pour qu'ils soient dans l'espérance.

Il a toujours été du côté des plus faibles.

Le Christ a bien fait comprendre que ce n'est ni par la puissance, ni par la gloire que nous pourrons emprunter les chemins qui mènent à Dieu, mais bien à travers cette part de fragilité qui habite en chacun de nous.

Il nous faut avoir un cœur assez humble pour goûter à la plénitude de son amour.

Comment peut-on aujourd'hui faire siennes les paroles de Saint-Paul si ce n'est en aidant les autres à porter leur croix comme l'a fait Simon de Cyrène!

Nous sommes tous un jour ou l'autre confrontés au grand âge ou à la maladie d'un proche.

Lorsque la faiblesse apparaît dans sa vie, elle lui fait mal, elle l'humilie. L'image qu'il avait de lui vole en éclats.

Sa fragilité blesse en lui son rêve de perfection, de puissance.

Il se sent perdu, abandonné.

Et pourtant comme le déclarait Cecily Saunders, la pionnière des soins palliatifs : «C'est quand il ne reste plus rien à faire que tout reste à faire».

Nous pouvons alors l'aider en l'accompagnant.

Accompagner un malade, c'est faire un bout de chemin avec lui, dans le respect de son rythme.

Toute personne a en elle la capacité de faire face aux épreuves si nous lui faisons le cadeau de l'écoute.

La véritable écoute,

c'est refuser de penser à la place de l'autre,

c'est  refuser de lui donner des conseils,

c'est refuser de l'enfermer dans ce que nous savons ou plutôt ce que nous croyons savoir de lui.

C'est l'accepter comme il est sans le juger, avec ses doutes, ses angoisses, sa colère, ses espoirs.

C'est lui permettre de dire et de redire sa souffrance.

Au cœur de celle-ci, nous devons être en empathie, plein de compassion.

Nous devons être pour lui un miroir positif en l'aidant à revoir ce qu'il a fait de bien dans sa vie.

Nous devons lui dire que nous sommes heureux d'être à ses côtés.

Ecouter, c'est être en communion avec le malade pour que lorsque la fin de vie approche, nous puissions être une présence silencieuse.

La mort, comme la naissance nécessite de notre part, la même protection ; une attention toute particulière, faite de tendresse.

Oser toucher un malade, c'est lui dire qu'il est aimable : digne d'être aimé jusqu'au bout. Que même si son corps se dégrade, il reste un être humain à part entière car son être intérieur continue à se renouveler chaque seconde.

Toute vie est sacrée aux yeux de Dieu, chaque vie est porteuse d'un absolu. Accompagner une personne en fin de vie, c'est accompagner la vie jusqu'au bout.

Si la science a rajouté des années à la vie, c'est à nous de rajouter de la vie aux années.

Marie, Mère de Dieu, Notre Mère, toi  qui étais présente au pied de la croix, guide nos pas vers les chemins de l'écoute qui sont chemins de liberté, chemins qui mènent à Dieu.

Que par notre regard, toutes les personnes qui arrivent au crépuscule de leur vie se sentent dans l'espérance de la résurrection.

Bénédicte VAN OLDENEEL