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| Neuvaine à Notre-Dame de Lourdes - Vendredi 3 février 2012 |
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| Année 2012 | |||
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"Prier le chapelet avec Bernadette" Frères et soeurs, Cette année, les Sanctuaires de Lourdes nous invitent à méditer et à prier les mystères du chapelet en mettant nos pas dans ceux de Bernadette qui "ne savait que son chapelet", comme elle le disait elle-même. "Savoir son chapelet", quand on y réfléchit bien, c'est entrer de plain-pied dans la révélation chrétienne, en allant à l'essentiel. Le chapelet commence, en effet, par le signe de la croix. Quand Bernadette a vu la Dame pour la première fois, le 11 février 1858, elle a tiré son chapelet de sa poche et a voulu faire le signe de la croix. Mais elle était comme paralysée et la main lui retombait. Ce n'est que la troisème fois qu'elle a pu le faire, à la suite de la Dame qui l'a tracé sur elle. Nous sommes déjà au coeur de l'amour de Dieu qui se révèle pleinement pour nous à travers le don de la vie de Jésus qui souffre et meurt sur la croix. C'est de cet amour-là que nous nous couvrons en traçant sur nous le signe de la croix. Et chaque dizaine commence par le Notre Père, la prière par excellence du chrétien où tout est dit: "Que ton règne vienne, Père. Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Père, que ton règne d'amour vienne aussi à travers nous surtout dans le signe du pardon donné. Aide-nous à ne pas être complices du mal. Viennent alors les "Je vous salue, Marie qui nous renvoient tous au mystère fondametal de notre foi chrétienne, celui de la venue en notre chair, par Marie, du Fils de Dieu en Jésus de Nazareth. Bernadette ne savait que son chapelet, mais elle savait l'essentiel. Et avec elle, nous sommes conduits vers la source d'eau vive qu'est le Christ et dont la source de Massabielle est le signe. La Dame faisait courir les grains de son chapelet avec Bernadette, mais ses lèvres ne remuaient pas. Normal, elle n'allait pas se prier elle-même. Mais à travers le signe du chapet, elle accompagnait Bernadette vers une découverte de ce Dieu qui, en Jésus Christ, est venu habiter chez les hommes: le Dieu d'amour et de tendresse, qui vient redire à chacun qu'il est aimé de manière unique et irremplaçable. Et voilà que le chapelet n'est pas seulement une prière mariale, où l'on prierait Marie pour elle-même et pour ses qualités. En priant Marie, on est inévitablement conduit vers Jésus. Et à ce moment décisif de l'Annonciation. "Réjouis-toi, Marie, toi qui as la faveur de Dieu (pleine de grâce), le Seigneur est avec toi."
Réjouis-toi, Marie, non pour tes qualités personnelles sans doute très riches, mais parce que tu as été visitée par le Seigneur lui-même. "Le Seigneur est avec toi", ce qui va devenir "Le Seigneur est en toi." Et il va prendre possession de ta chair, de ton corps, te féconder sans intervention humaine: "la nuée divine te couvrira de son ombre. Tu enfanteras un Fils et tu lui donneras le nom de Jésus: Dieu sauve! C'est-à-dire Dieu se fait proche des hommes, il leur offre un avenir, une espérance en venant habiter au milieu d'eux. Mais Dieu n'entre jamais par effraction dans la vie des hommes. Il respecte infiniment leur liberté. Et Dieu a besoin du "oui" de Marie, de sa collaboration pleine et entière: "Je suis la servante du Seigneur; que tout se fasse pour moi selon ta parole." Plutôt que d'humilité, il s'agit de foi, du pari de la foi et de l'amour qui anime Marie. Etre servante, dans la Bible, c'est déjà un titre de gloire! Voilà Marie de Nazareth embarquée dans une grande aventure: celle de la foi. Et son premier oui sera suivi de bien d'autres lorsque Jésus commencera son ministère public. Son enseignement et sa manière de faire la dérouteront, elle aussi comme bien d'autres. Avec ses proches, elle pensera même que Jésus est devenu fou et qu'il faut le retirer de la circulation (Mc 3,21): "à cette nouvelle, les gens de sa parenté vinrent pour s'emparer de lui. Car ils disaint: "Il a perdu la tête". Un passage que l'on passe souvent sous silence car on est un peu gêné de lire cela. Oui, Marie a dû apprendre, elle aussi, à devenir croyante et à tenir bon dans la foi en Jésus. Jusqu'au pied de la croix où nous la découvrons debout, recueillant le dernier souffle de son fils et devenant la mère des croyants. "Femme, voici ton fils! Fils, voici ta mère!" en Jn 19,26-27. En priant le chapelet avec Bernadette, nous sommes à bonne école. Nous apprenons avec elle et en compagnie de Marie à reconnaître Jésus comme la source et la mulière de nos vies... pour que nous devenions source et lumière pour nos frères. Amen. Abbé Philippe GOFFINET - Doyen de Dinant et directeur des Pèlerinages Namuroi
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