THE GREGORIAN VOICES

Les maîtres du chant grégorien le LUNDI 4 JUIN à 20h30 à l'église Saint-Martin.
Le chant grégorien rencontre la musique pop. Huit chanteurs bulgares aux voix impressionnantes vous présentent le monde des chants grégoriens. Vêtus de frocs traditionnels, ils créent une atmosphère mystique. Vous vivez un concert varié avec un mélange de chants grégoriens, de musique ecclésiastique orthodoxe et de chants de l’époque de la Renaissance et du Baroque. Complété par des chansons classiques de la musique pop, ce concert est un plaisir auditif fabuleux et incomparable !
Entrée 20 EUR (17 EUR). Prévente au Park Music et Office du Tourisme.

Neuvaine à Notre-Dame de Lourdes - samedi 4 février 2012 PDF Imprimer Email
Année 2012

"Les mystères joyeux : Dieu-avec-nous"

1ère lecture : de la lettre de saint Paul Apôtre aux Galates (4,4-7)

Evangile : selon saint Jean (1, 1-18)

Loin des effluves et de l'agitation des fêtes, replongeons-nous ce soir dans le mystère de l'incarnation. Il ne s'agit pas que de s'émerveiller devant un mignon petit poupon ! C'est bien plus que cela et pourtant c'est aussi cela !

Ce qui est épatant dans la foi chrétienne, c'est que Dieu, le Créateur, se soit abaissé à devenir lui-même créature, et ce, en passant par toutes les étapes de la croissance humaine. Il est né d'une femme, se soumettant à son accueil, sa générosité. Plutôt que d'apparaître directement tout accompli, il a choisi de vivre notre parcours de la naissance à la mort.

C'est quelque chose de curieux dans le Credo d'ailleurs, n'avez-vous pas remarqué, qu'on y parle pas de la vie de Jésus, des ses actes, de son message - alors que c'est cela qui nous touche le plus ! On y dit que Jésus « a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert pour nous sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli... ». Bref on évoque seulement sa naissance, sa mort et sa résurrection. Et jusqu'à ce que Jean-Paul II ajoute les mystères lumineux, c'était pareil pour le rosaire : on passait des mystères joyeux aux mystères douloureux sans évoquer le message central de l'évangile ! C'est donc que l'essentiel de la foi chrétienne, c'est d'abord que Dieu se soit fait homme sans faux semblants ! Il est bien né et il est bien mort : il a vécu notre condition humaine du début à la fin. Et parce qu'il nous a rejoint dans notre humanité, il nous entraîne dans sa résurrection et dans sa divinité. « A ceux qui l'ont reçu, dit St Jean, à ceux qui croient en son nom, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu ».

« Le Verbe qui était Dieu, qui était au commencement,

Le Verbe s'est fait chair et a habité parmi nous. »

Il s'est incarné dans le ventre d'une femme, embryon de vie humaine, est né petit poupon, totalement dépendant, a appris à marcher, à parler, à lire, à obéir, à travailler... Il a revêtu notre condition humaine dans toute sa réalité. C'est cela qui est bonne nouvelle ! ça veut dire que désormais rien de nos vies n'est étranger à Dieu ! Il n'y a pas d'une part les tâches quotidiennes : vaisselles, lessives, nettoyages ou métro-boulot-dodo et d'autre part la prière, la messe, l'adoration. Il n'y a pas d'une part les besoins naturels : manger, dormir, se reproduire... et d'autre part : la foi, la charité, l'espérance. Non, notre vie n'est pas un meuble à tiroirs : un tiroir pour la famille, un tiroir pour le travail, un autre pour soi et un pour Dieu. Dieu veut habiter notre vie dans son entièreté. Il ne demande pas un tiroir quand bien même ce serait le premier ! Il se veut présent à toutes les dimensions de notre vie, de notre être. Toute notre vie l'intéresse, rien n'est trop petit ou trop bas pour lui sinon pourquoi aurait-il pris la peine de prendre chair ?

Nous sommes donc invités à l'accueillir dans notre réalité humaine. Qu'est-ce à dire ?  J'évoquerai deux aspects : d'abord l'accueillir dans toutes nos dimensions en refaisant l'unité de notre être.

Influencés par la philosophie grecque, nous avons longtemps cru que l'être humain était  une âme enfermée dans un corps, appelée à s'en libérer - le corps étant donc une mauvaise chose ! En réalité, nous sommes un dans l'ensemble que constituent notre corps, notre psyché (les émotions, les sentiments, l'affectivité et les facultés : intelligence, imagination, volonté) et notre cœur profond (ce point infini au centre de l'être, le lieu de la plus grande profondeur où se vit la présence de Dieu) qui les anime. C'est une fausse route que de « diviser, opposer, mélanger ou confondre ces 3 dimensions (un mouvement psychique n'est pas un mouvement spirituel !) ou encore de négliger un des trois ou d'en développer un au détriment des autres. Ainsi : se réfugier dans le spirituel en négligeant la psyché ; laisser le cœur profond en sommeil, ne pas déployer sa vie propre, ne pas lui permettre d'exercer sa fonction dans l'organisme ; être fasciné par la psychologie considérée comme le seul terrain sûr ou, au contraire, croire que la prière va permettre de faire l'économie d'un trajet de vérité sur soi : faire de l'épanouissement du corps un but premier et unique, ou le négliger, être sourd à ce qu'il essaie de nous transmettre ; prendre les médiations (aide médicale, psychologique ou toute autre) comme des buts en soi, en oubliant la finalité, ou au contraire croire que l'on peut s'en passer alors qu'elles seraient nécessaires. » Il est essentiel de prendre conscience de la manière dont on vit avec son corps, sa psyché et son cœur profond ! Qui dirige ou prend toute la place ? Qui est oublié ou méprisé ? Le Verbe fait chair qui vient habiter en nous, nous invite à mettre de l'ordre à l'intérieur - non pas avec notre seule volonté mais avec sa grâce : en ouvrant notre terre intérieure en son entier à la présence du Christ, à la vie de l'Esprit. « C'est un mouvement très unifiant, une circulation vivante, un souffle qui part du cœur et va se répandre dans la psyché et dans le corps. Les différentes composantes de l'être humain se trouvent ainsi reliées mystérieusement et de façon parfaitement juste. »* Le cœur, nourri de la Parole de Dieu, va soutenir et réorienter notre psyché. Celle-ci, à son tour, va informer et soutenir le corps.

Accueillir le Christ dans notre réalité humaine, c'est aussi lui ouvrir ce qu'on préférerait cacher, notre part d'ombre.

Le Christ est venu apporter la lumière. Mais à quoi sert la lumière dans la clarté ? S'il est venu apporter la lumière, c'est pour éclairer nos obscurités. Car c'est bien cela aussi Noël, Dieu qui vient au milieu de notre nuit, au plus noir de l'hiver !

Je lisais dernièrement dans le courrier des lecteurs de La Vie ce témoignage sur la nuit de Noël :

« Ce ne fut ni Douce nuit ni Sainte Nuit, mais des heures d'écoute, du crépuscule à l'aube, dans un poste de province de SOS Amitié.

Ce fut plutôt ‘toute nuit contient son poids d'angoisse' de la part des appelants et ‘toute nuit accepte l'impuissance' pour l'écoutant. 35 appels de longueurs diverses dans lesquels Noël, sa joie et son espérance, tient peu de place.  Il s'agit surtout de solitude plus aigüe, de stress au travail, de difficultés de relations dans la famille, de l'impossibilité de comprendre ce qui se vit dans le monde d'aujourd'hui, de la peur du chômage et de ses conséquences. La plainte d'une humanité, désemparée, en souffrance, en recherche de ‘la nuit de Dieu d'où le jour va naître comme un feu'. »

Pour que le Verbe qui est Vie et Lumière puisse habiter nos ténèbres, il ne faut donc pas lui cacher notre part d'ombre mais lui ouvrir. Lui ouvrir nos peurs, nos solitudes, nos difficultés relationnelles, nos souffrances, nos impuissances...

Trois fois par jour, l'Angélus sonne au clocher de l'église : il nous rappelle que Dieu vient nous rejoindre au cœur de nos vies.

L'ange du Seigneur apporta l'annonce à Marie, Et elle conçut du Saint-Esprit.

Voici la Servante du Seigneur. Qu'il me soit fait selon ta parole.

Et le Verbe s'est fait chair. Et il a habité parmi nous.

Il est avec nous. Nous ne sommes plus seuls ! Mais il nous reste toujours à l'accueillir. Donc, premier mouvement, nous ouvrir entièrement à la présence du Seigneur, c'est-à-dire, toute notre vie, toute notre réalité avec nos ombres, nos faiblesses... et le laisser habiter notre vie. Alors tout peut prendre sens, être vécu avec lui, par amour. Et comme le dit St Jean « A ceux qui l'ont reçu, à ceux qui croient en son nom, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu.  De sa plénitude, tous nous avons reçu et grâce sur grâce. »

En recevant Jésus dans notre vie, nous pourrons grandir en enfant de Dieu, le laisser habiter de plus en plus notre cœur profond, goûter à la Vie, en appréciant les petites choses comme un sourire, une tasse de café, un rayon de soleil... et rendre grâce pour tout ce qu'il nous donne. Ce n'est pas quelque chose qui se réalise en un clin d'œil ! Il ne suffit pas de dire OUI une fois mais bien d'ouvrir nos vies chaque jour à chaque instant ! Alors il vivra en nous et nous rendrons le Christ présent à notre monde d'aujourd'hui.

* Simone PACOT, Reviens à la vie, Cerf ; 2002, la recherche de l'unité de la personne habitée par le Dieu vivant, p184 et 188

Karine BURNOTTE - assistante paroissiale