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| Homélie du dimanche 5 décembre 2010 - 2ème dimanche de l'Avent |
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| Année 2010 | |||
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Isaïe 11,1-10 ; Ps 72 ; Rm 15,4-9 ; Mt 3,1-12 Dimanche dernier, la liturgie du temps de l'Avent insistait sur la vigilance : Veiller ! En ce deuxième dimanche, « c'est une clé de conversion qui nous est donnée ». Dans une prière d'action de grâce, un des jeunes de notre assemblée nous en donne la signification : « Avec cette clé, je peux me retirer dans ma chambre, un moment, dans le silence et le secret de mon cœur. Je me retire comme dans un désert ! Pour réfléchir, me recueillir. Ainsi je te fais de la place, Seigneur ! Je viens faire un peu de ménage dans mon cœur, ranger mes idées, trier mes priorités, enlever la poussière de mes mauvaises pensées, choisir de belles choses à mettre en première place,....CHANGER ». Frères et sœurs, Les lectures de ce dimanche nous situent ainsi dans l'urgence de l'avènement du Royaume de Dieu et de la conversion, à travers la figure de Jean le Baptiseur et précurseur du Messie. En ce temps de grâce, Jean Baptiste est une figure très évocatrice. Il est la « Voix de celui qui crie dans le désert » (Mc 1,3) : « Convertissez-vous car le Royaume des cieux est tout proche ». C'est au désert que Jean Baptiste a choisi pour proclamer la « Bonne nouvelle ». A titre de rappel, le désert est, dans la Bible, symbole du lieu de conversion, lieu de recueillement et de prière. Aller au désert, c'est nous retirer loin des bruits et nous dépouiller de toute chose superficielle pour ne retenir que l'essentiel. D'où l'attitude de simplicité de Jean-Baptiste (Mt 3,4). Cependant, Jean-Baptiste n'est qu'une voix prophétique qui annonce celui qui est plus grand et qui baptisera « dans l'Esprit et dans le feu » (Mt 3,11). Le plus grand parmi des prophètes, Jean-Baptiste est connu à travers les écrits bibliques, mais aussi par le témoignage de l'historien Flavius Josèphe. On connait, entre autre, les circonstances de sa mort (Mt 14,3 ; Mc 6,17 ; Lc 3,19-20). L'Evangile de Mathieu nous présente le Baptiste menant une vie d'ascèse dans le désert (Mt 3,4). Malgré cette vie austère ainsi que la rigueur de son message (Mt 3,7), nombreux sont ceux qui ont perçu en lui un envoyé de Dieu : « Toute la Judée et toute la région de Jérusalem venaient à lui » (Mt 3,5). La vie ascétique de Jean Baptiste nous rappelle que nous aussi devrions nous dépouiller de tout ce qui est superficiel et retrouver les valeurs essentielles. Le détail que nous trouvons surtout dans l'Evangile de Luc, rapporte que Jean Baptiste annonçait un baptême de pénitence (Mt 3,11) pour la rémission des péchés (Lc 3,3) : « produisez donc un fruit qui exprime votre conversion » (Mt 3,8). « Convertissez-vous » (Mt 3,2), autrement dit, prenez un chemin radicalement opposée à celui que vous aviez suivi. Engagez un retour inconditionnel vers Dieu. Un appel qui consiste en « un renversement total de notre style de vie » (Chiara Lubich). La colère de Dieu dont il est question dans l'Evangile signifie l'urgence de l'avènement du Royaume (Mt 3,1), un Royaume où règnent l'amour et la miséricorde. Dieu se fait tout proche..., « préparez le chemin du seigneur, aplanissez sa route » (Is 40,3). Jean Baptiste va concrétiser cet engagement par un signe prophétique, un signe de purification : le baptême dans le Jourdain (accepter d'être purifié/lavé). Le temps de l'Avent est un temps privilégié de « cœur à cœur » avec Dieu et avec nos voisins. Quand deux cœurs se joignent il se produit un miracle (proverbe chinois). Le dialogue honnête avec Dieu suppose l'accueil de son pardon (cfr chant de méditation), « cette grande vertu que le christianisme nous a enseignée et qu'on a si rarement pratiquée » (Herman Van Rompuy). Le pardon est pourtant « un élément central du message évangélique » (Mgr Augustin Misago). Pour montrer que le pardon est « transfiguration de l'histoire », l'Union européenne en est un bel exemple : « l'idée européenne est précisément née de la tragédie de la guerre (...). L'Europe s'est inventée par le pardon » (Herman Van Rompuy). Pour aboutir au dialogue en famille ou entre amis, pour avoir une société saine, il faut privilégier ce qui construit et qui rassemble, il faut se parler en toute vérité, il faut « oser la relation » (Bruno et Isabelle Eliat). Les psychologues disent que pour guérir les blessures, il faut une reconnaissance des erreurs commises, les nommer tout en évitant d'imputer la faute à l'autre, il faut accepter le dialogue, oser le pardon, cette « vertu » qui nous permet de « faire vraiment le deuil du passé » (Emile Shoufani) en essayant de le dépasser afin de « préparer des chemins d'espérance » (chant d'entrée) et ainsi créer un espace de paix véritable. La première lecture insiste également sur la justice fondée sur la vérité (Is 11,3-4). Nous retrouvons largement le même thème dans l'Evangile (Mt 3,10.12). Une telle justice favorise la réconciliation et la paix, l'harmonie dans la différence comme sur « la colline sainte » (Is 11,6-9). En effet, l'authentique justice suppose un regard vers autrui, ce « regard » qui est mis en relief par les lectures de l'Avent : « Accueillez-vous les uns les autres comme le Christ vous a accueillis pour la gloire de Dieu » (Rm 15,7). Nous avons à veiller sur nos frères et sœurs (premier dimanche de l'Avent) comme le Seigneur veille sur nous, en leur manifestant un amour vrai (Rm 13,11) comme condition sine qua non pour être digne de porter le nom de « fils d'Abraham » (Mt 3,9). Jean-Baptiste, se veut « précurseur » de Jésus « l'Agneau de Dieu » (Jn 19,36), celui qui « porte » et « enlève le péché du monde », l'Agneau de Dieu qui se donne jusqu'à verser son sang « en rémission des péchés » (Mt 26,28). Dans 20 jours, nous allons fêter la naissance de celui qui a daigné vivre dans notre monde. Pourtant il avançait résolument au cœur de la déchirure humaine, sachant qu'il sera livré par ceux-là qui devaient l'accueillir. Ce « rejeton » ou le « pas grand-chose » fait allusion au « Fils de David » né dans la pauvreté extrême, qui, pourtant nous comble de sa richesse en nous donnant les dons de son Esprit Saint : Esprit de piété, « Esprit de sagesse et d'intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte du Seigneur » (Is 11, 2). Bien sûr, nous savons bien que c'est le Christ qui est évoqué dans ce passage d'Isaïe (Luc 4, 21), mais aussi ces dons de l'Esprit sont répandus sur nous, par exemple le jour du baptême ou de confirmation. Le jour de notre baptême, nous sommes devenus temples de l'Esprit-Saint et nous avons été brûlés du feu de ce même Esprit en vue de la noble mission, celle d'annoncer la Bonne Nouvelle (Lc 4,18). Durant ce temps de l'Avent, puissions-nous nous laisser embraser par le feu de l'Esprit pour devenir des témoins vivants de l'amour de Dieu pour tous les hommes. Que l'Esprit Saint nous révèle qui est Dieu, qu'il nous ouvre au discernement, au respect (crainte) de Dieu et à la contemplation. Que le Seigneur lui-même nous attache à son amour, qu'il nous aide à vivre en chrétien et nous donne le désir de répondre à son amour. Abbé Joseph Sagahutu
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