Lecture:
Exode ch.13, verset 17
Cet épisode nous narrant une partie de la sortie d'Egypte, autrement dit de la libération du peuple juif de son esclavage est lue lors de la fête de Pessah, la Pâque, ou en traduction littérale, le passage. Ici on peut interpréter par le passage de la Mer Rouge, mais surtout le passage de l'esclavage à la liberté.
Mais puis-je me considérer comme tout à fait libre, alors que je suis astreint par 613 commandements qui sont sensés régir ma vie ?
En fait, lorsque ce peuple est sorti d'Egypte, il n'était libéré que physiquement et restait encore moralement un peuple d'esclaves incapable de vouloir assumer pleinement sa liberté. Cela peut apparaître paradoxal, mais ce n'est qu'après avoir reçu la Torah sur le Mont Sinaï qu'il s'est véritablement senti un peuple libéré. Dès l'instant où l'on est le serviteur de Dieu, on ne peut plus être le serviteur des autres : on est donc définitivement débarrassé de la mentalité d'esclave. !
Dans notre société moderne, on retrouve cette notion sous d'autres formes : On peut rester « esclave de l'autre » dans le cadre de son travail ou bien dans la course éperdue aux gains ou aux honneurs. Celui qui aime sa famille, sa femme et ses enfants ne peut pas se sentir l'esclave. Les commandements de la Torah, c'est un code de vie qui nous dit de quelle manière aborder les lois civiles et morales. La Torah traite aussi bien de la circulation routière que de l'environnement ou de la gestion d'une entreprise. Il faut donc bien comprendre qu'elle est un ensemble de feux rouges et verts installés dans notre vie, qui régit notre état d'homme. Et parmi ces feux verts de la liberté, l'apprentissage à vivre une vie totalement épanouie sans que notre liberté s'exprime au détriment de celle d'autrui.
La Torah nous dit dans Deutéronome 23,8 : L'Egypte faisait jeter tout nouveau-né mâle juif dans le Nil. Pourtant, tu ne détesteras pas l'Egyptien car tu as été un étranger dans son pays, alors que parallèlement, elle nous dit dans Deutéronome 17,16 de ne jamais retourner en Egypte. La Torah
nous recommande l'éloignement de l'ennemi tout en maintenant à son égard une relation humaine décente.
Lors de la commémoration de la sortie d'Egypte, où les dix plaies tombèrent sur le peuple égyptien, dont la dernière la plus cruelle, la mort des premiers nés égyptiens, les juifs premiers-nés, descendant de ceux qui ont été épargnés par la main de Dieu, observent une journée complète de jeûne et d'abstinence à la mémoire de toutes ces victimes d'il y a deux mille ans.
Je terminerai en disant que dans l'idée de liberté, l'obligation du respect de l'étranger est répétée trente-six fois dans la Torah, mais que ce respect ne doit pas nous conduire à effacer notre identité. Comme a dit un jour Léopold Senghor, « Pour prétendre à l'universel, il faut être solidement ancré dans sa propre identité.
Monsieur Jean-Claude JACOB
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