La paroisse Saint-Martin vous invite au

Concert de Gala

par l'harmonie municipale d'Esch-sur Alzette

Samedi 16 juin 2012

à 20h30 en l'Église Saint Martin à Arlon
Direction: David Reiland
Présentation: Sylvie Wirtz-Weis

Programme

Fanfare for the Common Man d'Aaron Copland
Procession des Nobles de Nikolaï Rimski-Korsakov
L'Italiana in Algeri, Ouverture de Gioacchino Rossini
Impressions Luxembourgeoises d'André Waignein
Rikudim de Jan Van der Roost
Innuendo de Freddie Mercury, Brian May, Roger Taylor, John Deacon
Frank Sinatra Hits Medley
West Side Story de Leonard
Bernstein

Entrée 15 €  (étudiants 7 €)

Prévente 12 € au CDD rue de Bastogne 46 et au secrétariat paroissial, square Albert 1er 31
http://harmoniemunicipaleesch.org/index.htm

Homélie du lundi 1er novembre 2010 - Toussaint PDF Imprimer Email
Année 2010

1ère lecture : de l'Apocalypse de saint Jean (7,2-4.9-14)
2ème lecture : de la première lettre de saint Jean (3,1-3)
Evangile : selon saint Matthieu (5,1-12a)

Le premier novembre de chaque année, l'Eglise nous invite à célébrer la fête de tous les saints, y compris ceux qui ne figurent pas sur le calendrier liturgique. « Ils sont nombreux les bienheureux, qui n'ont jamais fait parler d'eux, et qui n'ont pas laissé d'image. Tous ceux qui ont, depuis des âges, aimé sans cesse et de leur mieux autant leurs frères que leur Dieu ! Ils sont nombreux (...) ces bienheureux du quotidien » (R. Lebel). En effet, seul Dieu connaît la foi de ses saints serviteurs qu'il a lui-même « marqué du sceau » (Ap. 7,3-4). Le livre de l'Apocalypse parle d'un chiffre symbolique (144.000) pour dire tout simplement qu'ils sont innombrables. D'ailleurs le verset qui suit le précise : Après ceux-là, « j'ai vu une foule immense que nul ne peut dénombrer » (Ap. 7,9).  Les chiffres 12.000 et 12 (tribus) étant le symbole de totalité (comme 144.000 = 12.000 × 12). Selon l'évangile de Matthieu, Jésus commence sa prédication par la proclamation du bonheur qu'il adresse à toute la foule de l'humanité de tous les temps (même dans les moments d'épreuves) et de tous les lieux, de toutes les cultures et de toutes les religions. Mais pour avoir accès à ce bonheur, cela suppose notre adhésion, notre volonté, notre engagement : « tout homme qui fonde son espérance sur Jésus [le Fils de Dieu] se rend pur comme lui-même est pur » (1 Jn 3,3).

Des siècles et des siècles, dans toutes langues et nations, des personnes ont fait le choix de suivre Jésus et de mettre en pratique son Evangile, par la prédication et la contemplation, par la foi ardente, par les œuvres de charité, de « guérisons » pour améliorer la qualité de la vie, chacun et chacune à sa manière. Venant d'Afrique, je me permets de vous affirmer que certains noms des familles belges raisonnent fort dans le fin fond des villages d'Afrique Centrale. Des congrégations religieuses qui se comptent encore aujourd'hui par milliers donnent un témoignage émouvant de la présence réelle de Jésus. Dans des situations de détresse, ces témoins sont à juste titre le dernier recours de tout un peuple. Leur liste est suffisamment longue et leurs œuvres irremplaçables dépassent l'entendement. Ces actes de générosité continuent à témoigner que « là où il ya l'amour et l'humanité, Dieu est présent » (Philippe Bacq s.j.). Certains ont fait le don total de toute leur vie, notamment par le martyre : les très jeunes (encore mineurs) comme Charles Lwanga et Kizito de l'Ouganda, André Kim Taegon et ses compagnons en Corée (1839-1867), sans oublier les innombrables témoins des premiers siècles et même de notre siècle qui ont lavé et blanchi leurs robes « dans le sang de l'Agneau » (Ap 7,14). Benoît XVI et Jean Paul II (2003) montrent par exemple que les églises d'Egypte et d'Ethiopie ont survécu à beaucoup d'épreuves et de persécutions, déjà au début du christianisme. Oui, même « en temps de crise profonde, des groupes de personnes (...) sont plus efficaces pour inventer les solutions de demain » (Bruno Delvaux).

La fête du 1er novembre nous rappelle que sainteté n'est pas l'apanage de quelques-uns. Nous pourrons constater que les gens modestes sont nombreux dans la communion des saints, à commencer par la Vierge Marie, Saint  Joseph, les saints apôtres et prophètes (Ep. 3,5), les martyrs et les docteurs de l'Eglise, ... mais aussi des milliers et des milliers d'hommes et de femmes qui, à la suite de Jésus ont fait de la Bonne Nouvelle de Jésus leur devise. Ils sont - de part le monde entier, des artisans de paix et de justice, ils ont eu pitié des exclus comme St Damien de Molokaï, ils ont choisi la non-violence et la douceur du cœur au milieu du monde de la jungle et de la loi du plus fort, ils procurent joie et espoir aux pauvres comme Mary MacKillop d'Australie, comme Rose de Lima au Pérou, Daniel Comboni, ou notre St patron Martin qui était officier et chef de l'armée, Saint Bernard, Saint Donat, pour ne citer que ceux-là.

Ils sont nombreux, des hommes et de femmes, des religieux et des religieuses, qui ont fait que la Bonne Nouvelle soit réellement « bonne » au milieu des mauvaises nouvelles de chaque jour. Nous pouvons avoir assez d'exemples même dans notre paroisse d'Arlon et des environs, dans tous les coins de la Belgique et dans les pays limitrophes, en Asie, en Océanie, en Amérique et en Afrique. Lors des conférences de « Carrefour de la Parole », les orateurs ont donné les exemples frappant de la vie de Mère Tereza, de Sr Emmanuelle, de St Vincent de Paul, mais si il y en a encore d'autres, beaucoup d'autres : les pauvres de cœur, ceux qui ont un cœur doux, de réels messagers de bonté et de réconciliation, de générosité, et de foi et d'espérance envers ceux qui n'en peuvent plus. Ils sont vraiment nombreux, même si souvent ils préfèrent agir dans la discrétion.

L'Eglise nous donne quelques noms en guise d'exemple. Parfois, comme il en est pour la reconnaissance des apparitions, le chemin de reconnaissance officielle des « bienheureux » dans le « canon des saints » (d'où le mot canonisation) est assez long est même exigent. Entre autres conditions, un miracle, une guérison ! La reconnaissance du miracle est un des signes rassurant que l'intercession est efficace. Cependant, ce n'est pas le saint qui fait le miracle. C'est Dieu lui-même qui, par l'intercession du saint, donne un signe visible, comme il y en a eu, pour déployer encore l'amour et la pitié de Dieu envers nous. Aujourd'hui, c'est la fête des saints de notre pays et « de toutes les nations » (Ap. 7,9), de cette foule immense qui acclame Dieu « autour du trône de l'Agneau ». Mais aussi c'est la fête du saint possible en chacune et en chacun de nous. « Voyez comme il est grand, l'amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu - et nous le sommes » (1 Jn 3,1). Nous sommes tous appelés à la sainteté. D'ailleurs, Saint Paul appelle tous les fidèles des saints (Ep 1,1), lorsqu'il parle des chrétiens d'Ephèse, de Corinthe, de Colosse, de Philippe, ... Pendant les messes de la semaine, la lettre aux Ephésiens nous interpellait à juste titre, afin que nous puissions nous édifier les uns les autres, en famille, au lieu de travail, voir dans les simples contacts, de salutation « par un saint baiser » (2 Co 13,12). « Dès maintenant » (1 Jn 3,2) dans notre vie quotidienne, le Royaume dont il est question dans l'Evangile (Mt 5, 1-12), ce Royaume est à nous et il a déjà commencé.

Aujourd'hui, accueillons cette grâce car c'est Dieu lui-même qui nous appelle à la sainteté. La sainteté est en fin de compte un don, une grâce. Dieu « le seul Saint » peut affermir convenablement ce qu'il a commencé en nous. Par la prière et le soutien de tous les saints, surtout les saints de nos familles, accueillons le don de celui qui nous conduit « aux sources d'eaux vives » (Ap 7,17). Louons le Seigneur pour ce bonheur qu'il nous appelle à partager avec lui, avec nos frères et sœurs, avec la solidarité et la communion de tous les saints.

Abbé Joseph SAGAHUTU