La paroisse Saint-Martin vous invite au Concert de Galapar l'harmonie municipale d'Esch-sur AlzetteSamedi 16 juin 2012à 20h30 en l'Église Saint Martin à Arlon Programme Fanfare for the Common Man d'Aaron Copland Entrée 15 € (étudiants 7 €) Prévente 12 € au CDD rue de Bastogne 46 et au secrétariat paroissial, square Albert 1er 31 |
| Homélie du dimanche 10 octobre 2010 |
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| Année 2010 | |||
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Chers amis de Saint-Martin, Chers frères et sœurs, Ce soir / ce matin, je viens une nouvelle fois vous témoigner de mon travail dans les montagnes de Bolivie ; je viens une fois encore vous dire combien l'écoute que nous rencontrons, mon épouse et moi, dans nos échanges et dans les gestes de solidarité posés par la communauté des chrétiens, nous portent dans notre mission et nous convainquent de poursuivre la tâche. Celle-ci est immense, beaucoup le savent, quand on sait les défis que nous nous sommes plantés, et lorsque l'on connaît les contrées, immenses et désolées, où sont nichées les communautés dans lesquelles vivent les enfants et les jeunes à qui nous dirigeons notre action. Je vous le rappelle, car les années sont passées tellement vite : cela fait maintenant 17 ans que nous avons quitté la Belgique, en famille, pour nous installer en Bolivie, ce pays situé au cœur de l'Amérique Latine, le plus pauvre du continent. 17 ans que nous œuvrons dans des projets éducatifs qui motivent notre permanence dans cette région du monde. Car dans le domaine de l'éducation, vous l'imaginez bien, les résultats ne s'obtiennent qu'à long terme. Ma femme, Françoise, inlassablement, poursuit son travail dans le domaine de la prévention de la violence domestique. Elle assume aussi la responsabilité d'un refuge pour adolescentes victimes de cette violence. Des jeunes filles, parfois encore des enfants, abusées dans leur corps et dans leur âme, qui vivent, déchirées, avec une blessure qui demande du temps pour guérir. Quand elle veut bien cicatriser ! Il s'agit de tout un programme de vie et d'une disponibilité à toute épreuve. Dieu sait ce qu'il lui faut d'énergie et de patience pour en venir à bout de ces situations si délicates. Un travail de longue haleine car on a l'impression de ne jamais en terminer avec ces tragédies humaines, que vivent les familles déboussolées de notre temps. Ces familles émigrées des campagnes, qui viennent grossir les ceintures de pauvreté de la grande ville de Cochabamba, où nous vivons depuis notre arrivée en Bolivie. Pour ma part, je vous le rappelle, j'ai fondé au long des dix dernières années, de petits internats dans les hauts plateaux du Nord Potosi. Ils accueillent, à 4.000 mètres d'altitude, des enfants et des jeunes, garçons et filles, tous issus de familles paysannes parmi les plus pauvres de l'altiplano. Leurs parents, parfois, ne produisent pas suffisamment pour subvenir aux besoins de leurs nombreux enfants. Là-haut, pas de chauffage, pas d'électricité, peu de terres et peu d'eau pour vivre ; les conditions infrahumaines dans lesquelles vivent ces familles poussent parfois plusieurs de leurs membres à fuir vers la ville. Avec, pour les plus fragiles d'entre eux, les risques, et parfois les conséquences, que je viens de vous décrire. Dans les campagnes, l'internat est le moyen idéal pour obtenir peu à peu les résultats qui soient à la hauteur de notre ambition et répondent aux expectatives des familles paysannes. Ils sont huit maintenant, huit internats : Qachari, Vila Vila, Colloma, Quintapampa, Toracari, Carasi, Mizque et San Marcos, le dernier-né, avec qui nous avons, il y a 3 ans déjà, tendu un pont d'amitié, avec Saint-Martin. Au total, 500 élèves ont l'opportunité d'y poursuivre leur scolarité. Sans cette aubaine, pas ou peu d'éducation possible pour la plupart de ces enfants qui, tôt ou tard, abandonnent l'école. Imaginez-vous : on estime qu'en 5 ans, un élève qui marche en moyenne 3 heures et demie par jour pour arriver à l'école puis s'en retourner vers sa communauté, aura plutôt consacré à sa formation plus de 3500 heures d'étude! On comprend aisément pourquoi les élèves des internats, en général, obtiennent des notes supérieures au rendement normal. Ce sont effectivement des enfants et des jeunes qui se consacrent à l'étude avec conviction et enthousiasme. Qui ont soif d'apprendre. De lire et de découvrir. Mais ce sont aussi des élèves qui sont engagés dans le travail productif ; par le biais du travail, on se solidarise avec sa famille, sa communauté ; on se forme pour la vie aussi ; et puis l'on participe, d'une manière ou d'une autre, à l'autofinancement de l'internat. Car on produit, dans les potagers et dans les serres de l'internat ! Ceux-ci font même l'orgueil de la communauté. Pensez donc : cultiver des légumes, des tomates ou des oignons à 4000 mètres d'altitude. Ce sont, enfin, des habitudes alimentaires que l'on essaye d'inculquer à travers ce travail ; et le rendement scolaire s'en trouve amélioré, comme par miracle ! Ce sont surtout des enfants et des jeunes, conscients de leur engagement vis-à-vis de leur communauté et qui, demain, seront les jeunes leaders capables d'endosser des rôles importants dans le développement et la transformation de celle-ci. Il s'agit avant tout, vous l'avez compris, de former des personnes. Non seulement d'éduquer des enfants et des jeunes avec un sens critique, une maturité d'esprit, une vaste panoplie de connaissances - ce qui est nécessaire - mais aussi d'éduquer dans le sens du service, de la réciprocité, des valeurs propres à leur culture. Dans le respect des différences et des droits de l'homme. Dans la liberté et la responsabilité. C'est une pédagogie de l'espérance : celui qui ne cultive pas l'espérance ne peut éduquer ; les fruits se récoltent dans le futur. L'éducateur est un homme qui doit regarder vers le futur et avoir l'espoir... L'éducateur est constructeur du futur. Nous travaillons en confiant en l'être humain, mais avec beaucoup de réalisme, en essayant d'éviter toute forme d'optimisme ingénu. Je ne veux pas croire qu'il s'agisse d'une utopie supplémentaire. Tout au contraire : nos internats se doivent d'être un laboratoire pédagogique de transformation humaine. Car il nous faut tenter de former un ferment, dont l'idéal serait de penser davantage aux autres et d'ainsi créer une communauté humaine plus juste. C'est l'essence même de notre travail : apporter lumière et espérance sur le chemin de ces familles qui luttent, au jour le jour, pour leur survie. Frères et soeurs : L'Evangile d'aujourd'hui et la 1è lecture nous donnent un exemple pratique de ce travail de transformation. Tant le général Naaman que le Samaritain hérétique, l'un et l'autre lépreux, rencontrent la guérison. Leur foi les sauve de la maladie. Ils s'en trouvent « éclairés », « illuminés », capables d' « irradier » cette lumière vers leurs semblables ! A notre tour, il nous appartient de nous débarrasser de nos lèpres ; celles-ci sont nombreuses dans nos sociétés d'aujourd'hui et ont pour nom : indifférence, intolérance, intransigeance. Indifférence à la misère ou à la solitude d'autrui ; intolérance entre communautés, entre frères d'un même pays, d'une même famille, face au discours ou à l'opinion de l'autre ; intransigeance dans les divergences qui nous divisent et notre manière de résoudre les conflits, trop attachés à nos certitudes. Oui, trop souvent, nous nous plaçons dans des situations de haine, et non d'amour ; plutôt que d'intégrer l'autre, nous l'excluons ; plutôt que d'accueillir le lépreux, le malade, l'impur, nous préférons les garder à l'écart, nous nous gardons de les fréquenter ! L'aviez-vous remarqué ? Le général syrien Naaman, tout comme le Samaritain, sont tous deux des étrangers ! Naaman ne reste pas en terre d'Israël mais rentre chez lui. Et à la fin de notre évangile, Jésus dit au Samaritain : « Relève-toi, va, ta foi t'a sauvé ». Va : comme Naaman, cet homme doit repartir vivre sa vie. Cet évangile est l'évangile de la Présence : présence du frère, présence de l'autre, présence du pauvre ou du plus démuni, présence de celui qui met son prochain en évidence, présence et rencontre avec celui dont la parole rend à la vie : le Christ ne se trompe pas, ni de discours, ni de personne. Chers amis : Les enfants et les jeunes dont nous nous occupons Françoise et moi en Bolivie, peuplent notre chemin de vie. Mais comme les lépreux de l'évangile, comme nous-mêmes, ils souffrent d'un manque d'amour. Ils ont besoin, comme nous tous, de cette rencontre, de cette relation avec l'autre, dont la parole - la solidarité - leur rendra la santé. « Ce que vous ferez aux plus petits d'entre les miens, c'est à moi que vous le ferez » dit Jésus. La solidarité nous purifie. La solidarité nous libère de nos différences. Elle nous sort de notre solitude pour nous lier à cet Autre qui nous ouvrira des chemins nouveaux. Vers un ailleurs et un autrement. La solidarité nous rendra frères ! Bienheureux ceux qui ont faim et soif d'autre chose ! Robert Crespin Projet de Françoise et Robert Crespin en BOLIVIE
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