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homélie du 26 septembre 2010 PDF Imprimer Email
Année 2010

1ère lecture : du livre d'Amos (6,1a.4-7)
2ème lecture : de la première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée (6,11-16)
Evangile : selon saint Luc (16,19-31)

Rebelote ! On remet ça ! ... Le message cinglant pour ceux qui se sont laissés séduire par le mirage de l'argent est de la même veine aujourd'hui que dimanche dernier ! "Vous ne pouvez servir à la fois Dieu et l'argent !" disait Jésus.

Aujourd'hui, dans le langage en parabole - et donc univoque, sans nuance qu'il affectionne - Jésus évoque l'abîme qui séparera pour l'éternité Dieu et tous ceux qui durant leur vie auront eu un cœur indifférent envers les pauvres couchés devant leurs portes.

La parabole de ce dimanche parle d'un renversement, d'un juste retour des choses tel que Luc aime à le dire. "Les premiers seront les derniers..." Le pauvre se retrouve dans la grande convivialité céleste. Le riche est enterré : pour lui, c'est le grand vide... sans possibilité de rémission.

Attention ! Dieu ne prend pas à la légère notre vie d'ici-bas, car la vie éternelle, ce n'est pas pour plus tard. C'est ici, dans nos choix de vie et nos gestes quotidiens que nous fabriquons de l'éternel. Attention à l'aujourd'hui ! Il y a de l'irréparable dans nos choix et nos attitudes. La vie, c'est sérieux ! L'éternité commence aujourd'hui !

Et puis, il y a cet abîme infranchissable qui ne peut être l'œuvre de Dieu. C'est nous qui le creusons. Il est notre œuvre. Trop simple de crier vers Dieu pour qu'il le comble à notre place ! Ce monde nous a été donné pour que nous le construisions, ensemble, fraternel pour tous. La terre nous est confiée pour que tous puissent en récolter des fruits.

Pas étonnant que Dieu nous dise à l'heure de la rencontre : « Non, la vie vous appartenait, je vous ai fait confiance. C'est vous qui avez détraqué la machine. Un hémisphère nord bouffi et repu, un sud famélique, abandonné, je n'y peux rien ». La parabole nous dit que la pauvreté n'est pas une fatalité. C'est aussi l'œuvre de nos mains. Elle est souvent le fruit de l'indifférence. Dieu lui-même se trouve impuissant, pieds et poings liés par nos folies. "Même si un mort ressuscitait, ils ne seraient pas convaincus !"

Frères et Sœurs, reconnaissons que cette parabole est impressionnante et décapante ! Sans doute brûlante d'actualité à tous les générations, à tous les moments de l'histoire des hommes et dans toutes les civilisations !

Nous l'entendons aujourd'hui dans l'actualité qui est la nôtre, dans les défis de société que les médias nous rappellent chaque jour mais aussi, chacun, dans sa propre histoire.

C'est notre style de vie à chacun, notre capacité à écouter l'autre, notre générosité qui sont questionnés.

Laissons retentir en nous ces mots de l'apôtre Jean : « Si quelqu'un jouissant des biens de ce monde, voit son frère dans la nécessité et lui ferme ses entrailles, comment l'amour de Dieu pourrait-il demeurer en lui ? »

Abbé Jean-Marie JADOT - Doyen de Saint-Martin