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Homélie du dimanche 1er août 2010 PDF Imprimer Email

1ère lecture : du livre de l'Ecclésiaste (1,2 ;2,21-23)
Evangile : selon saint Luc (12,13-21)


Frères et sœurs, chers amis,

Je suis très content de me retrouver au milieu de vous. Après avoir vécu 30 ans en Belgique, je complète cette année 40 ans de Brésil, où j'ai commencé à travaillé en janvier 1971, à Salvador de Bahia, une ville de plus de 3 millions d'habitants, dans le nord-est du Brésil, un des régions les plus pauvres du monde.

Et on peut dire, de fait, comme l'a souligné monsieur le Doyen, que depuis de nombreuses années, vous faites partie de mes amis et partenaires, chaque fois que je viens dans votre paroisse, témoigner de mon apostolat au Brésil, et je vous en suis très reconnaissant. Je remercie aussi de tout cœur monsieur le Doyen et les confrères de cette paroisse qui me donne la possibilité de me retrouver au milieu de vous.

Nous sommes tous préoccupés par la crise économique mondiale qui semble petit à petit se dissiper. Chaque pays en a senti les effets. Le Brésil en a moins souffert, ce qui signifie pour les grands économistes brésiliens, que le Brésil ne se trouve pas encore dans l'axe économique mondial. On parle beaucoup, au Brésil, de progrès économique, mais au plan de l'éducation, de la santé, de la sécurité publique, la situation reste très précaire. Ce qui continue à faire de grands progrès au Brésil, c'est le combat contre la corruption, et l'Eglise brésilienne s'est résolument engagée dans ce domaine, par l'intermédiaire de la commission épiscopale « Justice et Paix ». En 2002, l'Eglise brésilienne, à partir d'un processus juridique mis au point par la constitution de 1988, a soutenu une loi d'initiative populaire contre l'achat de votes en temps d'élection. Et cette loi, sur la base de 1.800.000 signatures, est passée au parlement brésilien. En conséquence, jusqu'à aujourd'hui, 867 politiciens ont vu leur mandat législatif ou exécutif cassé par la justice électorale. Cette année, par la même voix, l'Eglise a défendu la loi d'initiative populaire du « dossier judiciaire vierge », qui de nouveau est passé au congrès brésilien. Et en vertu de cette loi, les politiciens qui ont été condamnés pour corruption en seconde instance par un collège de juges, perdent leur casier judiciaire vierge, et deviennent inéligibles. 386 politiciens sont ainsi empêchés de présenter leur candidature aux élections d'octobre prochain. Les journaux brésiliens commencent à parler d'une révolution française sans guillotine ! Et l'épiscopat brésilien a été l'acteur principal de cette grande victoire de l'éthique en politique, qui annonce beaucoup plus de justice dans la vie sociale au Brésil. Et puisque je suis en bonne santé, moi aussi, je continue à lutter pour le Brésil ! Et ce qui compte pour nous dans ce contexte social et ecclésial c'est de mener à bien le travail pastoral, au plan religieux et social dans notre paroisse de 60.000 habitants. Tous mes collaborateurs sont d'authentiques brésiliens : les prêtres, les diacres, les religieuses, les laïcs. Ce qui donne à mon travail paroissial la garantie d'une qualité brésilienne. Au plan religieux, les groupes bibliques qui se réunissent chaque semaine dans les maisons sont pour nous des semences de communautés vivantes. Notre désir, notre objectif principal est de semer la parole de Dieu dans le cœur des gens. Au sein des communautés et de l'Eglise.

Et aujourd'hui, nous avons l'occasion d'accueillir ensemble la parole de Vie dans cette lecture du livre de l'Ecclésiaste. L'auteur reflète la sagesse des hommes de bon sens. La vanité doit être exclue de notre vie, et vivre dans la sincérité et l'honnêteté ouvre le chemin de la paix et du bonheur. Dans l'Evangile d'aujourd'hui, nous entendons de la propre bouche de Dieu ces paroles : tu es devenu fou ! Donc nous ne devons pas devenir fous en faisant tourner notre vie autour des richesses de ce monde.

L'accueil de la parole de Dieu dans la liturgie, dans les groupes bibliques, conduisent à la création d'écoles d'étude de la Bible et de formation missionnaire. L'animation de ces écoles dans ma paroisse, et dans les paroisses voisines, est prise en charge par des sœurs qui font partie de la Fraternité des Missionnaires de l'Evangile. Une communauté nouvelle issue des groupes bibliques et approuvée officiellement par l'archevêque de Salvador. Ces sœurs sont de plus en plus connues comme les Sœurs des Ecoles Bibliques et Missionnaires. De telles écoles devraient, me semble-t-il, se multiplier dans l'Eglise d'aujourd'hui pour appuyer, encourager, le renouveau missionnaire des paroisses.

Dans les faubourgs de Salvador, à 30 km du centre de la ville, le travail religieux nous oblige à affronter constamment le grand défi de la pauvreté et de la misère. Et tout notre travail social nous amène à aller à la rencontre, avec le bon Samaritain, des plus démunis, pour les aider à résoudre petit à petit leurs problèmes. Grâce à l'aide que vous m'avez apporté il y a deux ans, nous avons pu mettre sur pied la salle pour les soins dentaires, et aussi le centre d'informatique avec une ouverture sur le monde entier grâce à internet. Nous avons aussi pu réaliser toute une série de cours de première qualification professionnelle au cours de l'année. Ce qui me préoccupe le plus actuellement au plan social, c'est le problème de la drogue et de la violence chez les jeunes. Avec le crack, un stupéfiant bon marché, la drogue s'est répandue dans les milieux populaires, et est devenue un commerce dont la loi fondamentale est « payer ou mourir » ! Les jeunes insolvables sont éliminés systématiquement sans pitié ! Que de jeunes sont en péril dans les quartiers de nos communautés ! La froideur, la cruauté avec laquelle ils sont exécutés devant leurs maisons, devant leurs parents, montre que les commanditaires vivent loin de la douleur des familles durement éprouvées par ce problème qui est national. C'est pour cela que toutes les catégories sociales du Brésil actuellement, sont mobilisées pour faire face à cette situation. En premier lieu, les parents, ensuite les éducateurs dans tous les centres d'études et les écoles, et puis les formateurs d'opinion, les ministres de la foi dans l'Eglise catholique, les temples protestants et autres assemblées religieuses. Comment écarter les jeunes de la drogue ? Comment leur communiquer la joie, la satisfaction de travailler, de gagner dignement leur vie ? Dans les communautés de notre paroisse, nous intensifions les actions pour leur tendre la main.

En plus de la formation religieuse, qui est importante, et des cours d'informatique qui est de qualification professionnelle, nous avons le projet d'assumer l'organisation d'une plaine de jeux, avec des activités sportives et culturelles qui attirent les jeunes. Nous accompagnons aussi de près les jeunes qui sont admis en communauté thérapeutique. Il ne faut pas, évidemment, tomber dans le pessimisme !  Des exemples de courage, d'optimisme, de générosité... j'en vois tous les jours autour de moi parmi les plus démunis. Je pense spécialement à Divo, Jocelino, Renata, Pedro... qui sont passés par de grandes difficultés et qui ont pu remonter la pente. Ils sont aujourd'hui des gens heureux qui transmettent la paix.

C'est en pensant à eux, et à beaucoup d'autres familles pauvres, que j'organise pendant mon séjour en Belgique une action de solidarité en faveur de ma paroisse au Brésil. Et je compte sur votre précieuse collaboration qui jusqu'à présent ne m'a jamais manquée !

La lutte contre la dénutrition continue. A partir de 10 €, on peut offrir à une famille qui souffre de la faim un paquet alimentaire. Les cours de qualification professionnelle et d'informatique ne peuvent pas s'arrêter ! Un cours bien donné exige un investissement de 400 €. Pour les activités sportives et culturelles des jeunes nous disposons d'un terrain de 2000 mètres carrés. Pour y installer la plaine de jeux, les équipements nécessaires, nous avons besoin de 6000 €.

Ma paroisse, dans les faubourgs de Salvador, avec l'exode rural qui continue est devenue trop grande : 60.000 habitants. Mon évêque me demande de préparer la création d'une nouvelle paroisse de 30.000 habitants. Avec 25.000 € nous pourrons commencer à préparer la maison et l'église paroissiale. Je compte aussi sur votre solidarité pour mener à bien cette tâche.

Il est bien vrai que la mission se fait avec les pieds de ceux qui partent, les genoux de ceux qui prient et les mains de ceux qui aident ! Et pour que je puisse remplir ma mission dans les milieux défavorisés du Brésil, votre soutien est indispensable !

Un grand merci pour votre attention, vos prières ! Que Dieu bénisse vos familles, vos enfants, et qu'Il nous donne la grande grâce d'être des fidèles serviteurs de l'évangile. Amen !

Abbé Jean ABEL - prêtre à Salvador de Bahia au Brésil

Pour ceux qui veulent aider l'abbé Abel :

Abbé Jean ABEL : Rue de l'Ecole Technique 13  à 4040 Herstal
Fortis : 240-0660030-46       IBAN : BE33 2400 6600 3046    BIC : GEBA BE BB
CCP :  000-0962251-11       IBAN : BE30 0000 9622 5111    BIC : BPOT BE B1

Pour ceux qui désirent l'exonération fiscale :
SOS Layette : Rue de l'Ecole Technique 13 à 4040 Herstal
Fortis : 240-0660700-37    IBAN : BE35 2400 6607 0037  BIC : GEBA BE BB
sans oublier la mention : Pour l'abbé Jean