Joyeux Noël et heureuse année année 2012 !

L'église Saint-Martin fait partie du programme Eglises Ouvertes

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LES CARREFOURS DE LA PAROLE

UN TEMPS DE CATÉCHÈSE INTERGÉNÉRATIONNELLE

LE TOMBEAU VIDE
Fabulation ou résurrection ?
à la rencontre de témoins. . .

En ce temps fort de préparation à Pâques, un moment de convivialité, de réflexion, de découverte, de partage et de célébration.

SAMEDI 3 MARS 2012
de 13h30 à 18h à l'ÉGLISE SAINT-MARTIN


GRAND JEU RALLYE À LA RECHERCHE DES TÉMOINS
Temps d'échange et de réflexion en groupes
CÉLÉBRATION EUCHARISTIQUE
Animation spéciale pour les 2 ½ ans à 6 ans
Renseignements et inscriptions 063/226507 ou 0487/402649  saintmartinarlon@gmail.com
21 juillet 2010 - Intervention de la communauté israëlite PDF Imprimer Email

Psaume 128

Heureux celui qui craint l'Eternel, qui marche dans ses voies ! Oui, le produit de ton travail, tu le mangeras, tu seras heureux, le bonheur sera ton partage. Ta femme sera comme une vigne féconde dans l'intérieur de ta maison, tes fils, comme des plants d'olivier autour de la table. Voilà comment est béni l'homme qui craint l'Eternel ! Que le Seigneur te bénisse de Sion ! Goûte le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie. Puisses-tu voir les fils de tes fils ! Paix sur la terre sainte.

Dans la société actuelle, la course au bonheur devient un but. Nous sommes à la recherche d'un mieux vivre miraculeux et le miracle a pour nom, tout détenir, allure de star, bien être matériel, immortalité. Tout cela présenté de manière un peu moralisatrice est lié au fait que le rythme de la vie ensemble s'accélérer et que nous refusons la notion d'inexorable pour ce temps qui passe à toute vitesse. A cela, nos religions opposent la vie éternelle, la spiritualité, choses moins concrètes qu'un visage sans ride ou une bonne soirée passées entre amis.

Le judaïsme a à cet égard une vision partagée. Au premier plan, nous mettons le bonheur accessible à tous, par le biais de choses simples et quotidiennes, et plaçons la vie éternelle dans un futur si lointain que l'attente ne peut pas être la préoccupation principale. Le psaume 128 le dit bien. La vie éternelle n'est pas une question de vie ou de mort ; elle ne nous empêche pas de dormir ; nous avons bien des choses à faire ici-bas maintenant.

Il suffit de craindre le Seigneur, vaste programme, pour trouver le bonheur. Dieu n'est pas un policier. Il y a d'abord l'émerveillement devant Sa toute puissance, et le sentiment de notre fragilité, qui fait qu'aucun homme, même pas Moïse, le plus grand et le plus humble de nos prophètes, ne peut voir Dieu et vivre ! Cette crainte de Dieu est associée à la confiance, à la joie ; Elle est compatible avec la certitude que Dieu aime sa créature et nous assure de son pardon pour nos fautes. La crainte est donc un choix qui nous enjoint à faire le bien, à choisir la vie. Si nous craignons Dieu, dit le psaume, nous aurons une descendance solide et pérenne comme l'olivier, nous jouirons de la longévité et de la prospérité. Il se termine sur une note plus collective : nous faisons partie d'un peuple et notre destin personnel est lié intimement à celui de Sion et de Jérusalem. Nous verrons le bonheur de Jérusalem et la paix sur la terre sainte ; une inscription heureuse dans l'histoire.

Le judaïsme conçoit l'homme dans son ensemble, l'âme et le corps, comme une unité. Le terme en hébreux : « nefesh », souvent traduit par âme, signifie également la personne physique. Il ne faut donc pas privilégier l'un au détriment de l'autre. L'âme peut être tourmentée, elle trouve toujours recours dans les bienfaits de la vie. Le judaïsme apparaît comme un ensemble de lois compliquées ; de l'intérieur, tout cela est vécu comme une danse de la vie. Cette lumière intérieure qui nous habite fait que nous surmontons l'angoisse et qui nous donne le sentiment que l'histoire a un sens, même si elle connaît des ruptures graves. Notre relation avec l'Eternel est quotidienne. Tout est l'occasion de bénir Dieu, et ces petites bénédictions dites pour chaque fait et geste de la journée, sont autant de petites communications faites à Dieu sur les bienfaits de sa création. Le terme qui se rapproche le plus peut être du sens du bonheur en hébreux est « menouhah », qui signifie le repos, et plus précisément le repos du chabbat. C'est bien cela qui manquait au monde après les six jours de la création. Ce terme ne signifie pas uniquement l'arrêt du travail, le chabbat n'est pas un jour chômé, ce n'est pas une liste de choses que l'on ne fait pas, mais au contraire une journée où nous accueillons comme une part d'âme supplémentaire, une journée de paix et de bonheur partagé en famille pour les repas et avec la communauté au moment de la prière. Une journée dont on peut dire qu'elle a gardé le peuple juif, dans le sens de maintenir. Le chabbat est une balise de bien être, une trêve de tous les conflits sociaux, une libération  de toutes les contingences. C'est une journée où chacun, aisé ou pauvre, se sentira bien chez lui, sa table bien mise, la maison et ses occupants réunis et bien vêtus, la famille ensemble pour un temps consacré. Cette journée se doit d'être une source de joie profonde, la joie de l'âme, et elle interrompt même le deuil, si celui-ci est en cours, toute tristesse en est bannie. Le repos du chabbat nous donne le goût du monde à venir, un monde de paix et d'harmonie, et le mot menouhah est même synonyme de vie éternelle. Voilà le bonheur, fait de choses très concrètes, un repas de fête, des rapports familiaux et conjugaux privilégiés et une place essentielle faite à la transcendance ? Il faut bien reconnaître que la pratique est tiède dans de nombreuses familles et l'ont peut alors se demander d'où vient la notion du bonheur, sans laquelle nous cesserions d'être qui nous sommes. Et bien, il en reste un climat, un souvenir. Le judaïsme entretient une relation dynamique avec le souvenir, le passé fait partie de nous et nous sommes amenés à le vivre et à en témoigner. La Havdala est une prière qui sépare le chabbat du début de la semaine. Elle consiste en bénédictions prononcées sur des épices qui rappellent le parfum d'une journée séparée du profane. Ce parfum nous habite même si nous ne pratiquons pas ou peu.

Je citerai encore le sentiment profond de se rattacher à notre histoire et la volonté de contribuer au fait qu'elle perdure. Nous restons dans l'espérance d'un monde meilleur dont la réalisation incombe à l'homme, partenaire de Dieu. Nous nous voulons témoins d'une histoire ancienne à l'origine du monothéisme, nous avons la chance d'en avoir le narratif et aspirons à continuer à témoigner de notre soif de paroles et de sens. Cela aussi est une idée du bonheur, mais un bonheur fait de certitudes inattendues. Si le bonheur est une affaire familiale, sa réussite est à la portée de tous et le mot paix en hébreu, Chalom, vient de la même racine que cholèm : entier, intègre. Le bonheur ne saurait être morcelé.

Monsieur Jean-Claude JACOB