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Homélie du dimanche 27 juin 2010 PDF Imprimer Email

1ère lecture : du premier livre des Rois (19,16b.19-21)
2ème lecture : de la lettre de saint Paul Apôtre aux Galates (5,1.13-18)
Evangile : selon saint Luc (9,51-62)

Lorsque j'entends ce passage d'Evangile qui parle de « laisser  les morts enterrer leurs morts », l'histoire édifiante de Tobie - qui fait partie des livres de la Bible - me revient toujours en mémoire. Tobie, c'est ce saint homme religieux qui traverse bien des épreuves et qui vit en une époque où son pays est occupé et son peuple persécuté pour sa foi. Tobie, en cachette de l'occupant, la nuit, va enterrer ses concitoyens morts et leur donne une sépulture décente (« on n'enterre pas un homme comme un chien »). Il est convaincu que c'est là la volonté de Dieu.

Aussi, je ne comprends pas bien la dureté de Jésus envers cet homme qui lui demandait simplement de lui laisser le temps d'enterrer son père avant de marcher à  sa suite : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, va annoncer le règne de Dieu. » C'est trop fort. Comment Jésus peut-il inviter à mettre au second plan un geste d'accompagnement et de respect filiale aussi élémentaire ?

Un peu plus loin, à un autre homme qui lui disait : « Je vais te suivre, Seigneur, mais laisse-moi d'abord faire mes adieux aux gens de ma maison », Jésus répond encore plus durement : « Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n'est pas fait pour le Royaume de Dieu. »

On peut se poser la question : « Quelle mouche a piqué l'homme de Nazareth ce jour là ? » !

Je pense que  bien d'avantage qu'un mouvement d'humeur, la réaction surprenante de Jésus, ce jour-là, est un message-clé pour appréhender sa personnalité unique et sa mission et en même temps poser un regard lucide et vrai sur le choix que des hommes et des femmes peuvent faire en le suivant.

« Il prit avec courage la route de Jérusalem » précise saint Luc. Le courage... c'est bien de cela qu'il s'agit ! Quand on fait le choix d'aimer, d'aimer l'autre en vérité, il faut s'investir totalement. L'amour et la fidélité n'ont pas de demi-mesure. Prendre, avec Jésus, la route de Jérusalem c'est prendre le risque de donner sa vie pour l'autre.

Je me souviens de ce couple que je préparais un jour au mariage. Nous parlions, bien sûr, de l'amour. Et tout d'un coup le jeune homme dit : « C'est vrai, je n'aurais jamais pensé que se mettre à aimer, ça puisse faire autant souffrir. » Il disait cela avec un merveilleux sourire qui illuminait tout son visage. Il avait déjà commencé à comprendre d'expérience qu'aimer c'est aussi faire passer l'autre avant soi-même, c'est respecter l'autre en sa différence, c'est vouloir son bonheur... dans des circonstances parfois douloureuses.

Avec ses mots à lui, saint Paul ne disait pas autre chose dans sa lettre aux Galates : « Vous avez été appelés à la liberté. Mais que cette liberté ne soit pas prétexte pour satisfaire votre égoïsme ; au contraire mettez-vous, par amour, au service les uns des autres. Car toute la loi atteint sa perfection dans un seul commandement et le voici :  « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

Heureux sommes-nous d'entendre ce rappel si essentiel à notre bonheur et à notre avenir : prendre avec courage le chemin de Jérusalem pour vivre la Résurrection  et connaitre la joie !

Même si vos routes de vacances ne sont pas celles qui mènent à Jérusalem, « laissez-vous conduire par l'Esprit » pour retrouver le cap de l'Espérance et redonner souffle à votre vie !

Abbé Jean-Marie JADOT - Doyen de Saint-Martin