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sur la lecture de l'évangile de Saint-Marc

le MARDI 14 FÉVRIER de 9h15 à 15h30 à ARLON Clairefontaine

chez les Prêtres du Sacré-Cœur, 81 rue du Cloître.

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Homélie du 2 mai 2010 - 5e dimanche de Pâques PDF Imprimer Email

5ème dimanche de Pâques C
PREMIÈRE LECTURE : Ac 14, 21-27
PSAUME 144 : Béni sois-tu à jamais, Seigneur, Dieu de l'univers.
DEUXIÈME LECTURE : Ap 21, 1-5
EVANGILE : Jn 13, 31...35

Après la mort d'un être aimé, il y a toujours quelque chose d'émouvant à se rappeler ses dernières paroles et, plus encore à relire le testament qu'il a pu laisser à ses proches.
« Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres... »
Une parole capitale du testament de Jésus que nous avons toujours à méditer et à réactualiser dans notre vie... N'est elle pas le condensé et le point d'orgue de tout son enseignement : le bon samaritain, l'amour des ennemis, l'unique commandement, le verre d'eau donné en son nom, l'amour préférentiel pour les petits, des exclus, des pécheurs, le lavement des pieds... pour ne faire que quelques rappels.
Avec, comme toile de fond, notre vécu à chacun et  l'actualité de notre monde - de notre pays tout particulièrement -  nous pouvons nous poser la question : « vivons- nous encore ces paroles ? »
A cette question, comme moi sans doute vous répondez: « Oui ... j'essaie ... mais parfois c'est impossible ! »
Le ressuscité nous dit: « tu peux le faire! ». A la lumière de la Résurrection de Jésus, l'impossible devient possible parce qu'en Christ, nous somme tous des « sauvés ». Etre sauvé de l'impossibilité d'aimer ... qu'est-ce à dire?
Certes, comme les autres, nous nous heurtons aux limites (les nôtres et celles des autres), à des blocages, à des refus. Les choses peuvent être parfois cruciales, surtout s'il y a un engagement. Prenons l'exemple du mariage: faut-il tout supporter de l'autre? Ses violences répétées, son alcoolisme récurant, ses infidélités incorrigibles?
La question est délicate, parfois tragique. Dieu ne nous demande pas de nous détruire. A chacun de découvrir ce qu'il peut supporter, jusqu'où il peut aller. L'Evangile nous demande aussi de nous aimer nous-mêmes.
Mais, il nous demande aussi d'aimer l'autre jusque dans le conflit, arriver à ne pas dire du mal de quelqu'un qui est devenu au fil des jours « un ennemi» (l'expression est de Jésus lui-même). Là même, il faut pouvoir lui souhaiter du bien, ne pas chercher à l'écraser.
Le conflit, il ne faut pas avoir peur de le provoquer quand des valeurs supérieures, telle la justice sont en jeu. Les chrétiens qui ne luttent contre rien dans notre monde tel qu'il est sont des égoïstes et peut-être des lâches, pas des disciples du Christ. C'est jusque là que nous sommes appelés à aimer. Nous battre mais ne pas écraser.
Cet amour « impossible », le Christ nous le demande « en son nom ». Il ne peut être que le fruit de notre foi en celui qui donne sa vie par amour. Aimer comme lui.
Nous sommes parfois appelés à aimer des gens à histoires, ceux que nous jugeons impossibles et c'est probablement vrai, mais cela n'efface pas la demande de Jésus: Aime!
C'est sur cette demande qu'à certaines heures nous jouons notre vie. En écoutant cette Parole, si quelqu'un comprend qu'il lui est demandé un pas terrible, absolument insensé, qu'il se tourne vers le Christ, qu'il le prie et qu'il avance : jamais il n'aura été plus près du Christ !
Chaque semaine, l'Eucharistie nous reconduit à la source de cette folie d'amour. Heureux ceux qui s'y abreuvent !
Jean-Marie Jadot