| Homélie du dimanche 4 avril 2010 - Pâques |
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1ère lecture : du livre des Actes des
Apôtres (10,34a.37-43) Qu'est-ce qu'il va encore nous annoncer ? Quand on ouvre le journal le matin ou quand on pousse sur le bouton de la radio ou de la télévision à l'heure du Journal, on ne s'attend pas souvent à ce qu'il commence par une bonne nouvelle ! Que les nouvelles nous parviennent d'Afghanistan, d'Haïti ou de notre politique nationale, elles sont bien souvent moroses, voire tragiques ! L'Evangile de ce jour de Pâques ressemble un peu à un J.T. ! Il commence dans l'obscurité du premier jour de la semaine, dans un cimetière, par un rite funéraire... et, apparemment par un enlèvement de cadavre ! Oui, le scoop de Pâques, l'annonce incroyable de la Résurrection commence par la découverte du tombeau vide. Avec Marie-Madeleine d'abord, avec Pierre et Jean ensuite, il nous faut constater que le tombeau est vide. C'est la nouvelle du jour ! L'approche du Ressuscité, tout le temps pédagogique nécessaire pour nous familiariser avec sa rencontre se fera durant les quarante jours du temps pascal. Comme les apôtres, il nous faudra apprendre cette présence nouvelle. Aujourd'hui, nous est rapportée cette course haletante et silencieuse de Pierre et de Jean, à la suite de Marie-Madeleine... et les signes du tombeau vide... avec cette petite phrase qui va déclencher tout le christianisme : Il (l'autre disciple) vit et il crut. Avant la rencontre, il y a l'acte de foi. Avant la foi, il faut l'amour de l'autre disciple (celui que Jésus aimait) ; il faut aussi le désir pour voir les signes humbles, discrets du tombeau vide. C'est parce qu'il aime, que Jean, le disciple bien-aimé, croit. Et sa foi lui permet d'accéder au sens ultime des choses, de voir le Ressuscité. La résurrection de Jésus, comme le dit, à sa façon, le théologien protestant Daniel MARGUERAT, est un événement du quatrième type. Il faut l'amour et la foi pour la percevoir. L'amour est le terreau de la foi et de la reconnaissance des signes. C'est le coup de foudre initial ! Frères et sœurs dans le Christ, vous qui venez ici chaque semaine ou vous qui nous avez rejoints pour cette fête, au cœur de l'indifférence et même, de plus en plus de l'incroyance et de l'hostilité du monde, dans une Eglise qui vit un dialogue difficile avec une société sécularisée, une Eglise souvent tentée par des nostalgies passéistes et qui a peur d'inventer un nouvel avenir, nous voilà tous acculés à cette question de fond : avons-nous été séduits par l'amour et l'amitié de Jésus ? L'aimons-nous assez et nous laissons-nous assez aimer par lui pour voir aujourd'hui dans notre vie et dans la vie du monde les signes qui nous disent qu'il est vivant... et faire ainsi le saut de la foi ? Les signes... ils ne sont pas souvent spectaculaires, pas plus au tombeau vide que dans notre histoire et dans l'actualité du monde. Mais les signes qui peuvent faire naître la foi, une foi capable de bouleverser toute notre vie, ce sont des signes d'amour qui touchent notre cœur ou que nous reconnaissons dans la vie des autres. Ces signes, nous sommes même parfois seuls à les voir... Comme d'ailleurs dans toutes les histoires d'amour ! Je pense vraiment que nous sommes à un tournant de l'histoire du christianisme, en Occident tout particulièrement. La question que Jésus posait un jour à ses disciples, il nous la repose avec force en ce jour de Pâques : « Allez-vous partir vous aussi ? » Osons le reconnaître : derrière cette question ressurgit tant d'autres questions de notre vie et de l'avenir de l'humanité. Plus que jamais pourtant je crois que ma foi au Christ ressuscité et à son formidable message d'amour, l'amitié qu'il veut nouer avec moi, la lumière qu'il apporte à ma vie et au sens de ma vie est un formidable trésor ! Envers et contre tout, malgré ma propre fragilité, malgré les frilosités de notre Eglise et aussi la tristesse de voir tant de désertion autour de moi, j'ai toujours autant envie de mettre en lui ma foi et mon espérance ! Et j'ose encore vous dire à tous : « Portons-le ce trésor, osons le vivre et l'annoncer. Partons dans notre Galilée d'aujourd'hui à la rencontre du Ressuscité ! C'est au cœur du monde qu'il nous envoie ! Il nous le redit en ce jour : « N'ayez pas peur, ma paix est avec vous ! » Abbé Jean-Marie JADOT - Doyen de Saint-Martin |



