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| Homélie du Jeudi 1er avril 2010 - Jeudi Saint |
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1ère lecture : du livre de l'Exode
(12,1-8.11-14) Je trouve que trop souvent on a réduit le lavement des pieds du Jeudi Saint à une simple invitation de la part du Christ au service. Oui, c'est un lieu de service, mais il n'y a pas que ça. Pour le comprendre il faut remettre ce lavement des pieds dans son juste contexte. Par exemple, ce n'est pas à n'importe quel moment que le Christ lavera les pieds à ses disciples, mais très probablement pendant la dernière cène, juste avant la crucifixion. Deux moments-clés de sa mission de salut. Donc on peut imaginer que le lavement des pieds est, lui aussi, un lieu privilégié où Dieu se manifeste à l'homme comme « Sauveur ». Maintenant, il faut tenir compte qu'à l'époque de Jésus on chaussait des sandales. Donc, dans un lieu poussiéreux comme la Palestine, les premiers à se salir étaient justement les pieds. Mais les pieds étaient aussi l'endroit du corps le plus exposé aux morsures des serpentes. ‘'Poussière'' et ‘'serpent'' ; deux images hautement symboliques qui nous renvoient aux premières pages de la Genèse, avec la création de l'homme et la tentation de la part du Malin. Si vous voulez, Jésus Christ, lavant la poussière des pieds de ses disciples, est en réalité en train de se salir les mains avec la boue de nos compromis, de nos pauvretés, de nos fragilités ; au fond... de notre humanité. En outre, il est en train de toucher, par là, le lieu qui, en nous, est le plus exposé aux pièges et aux morsures du tentateur, de cet être qui essayes constamment de nous détourner de la lumière de Dieu pour nous condamner à ne contempler que notre propre ombre. Cette ombre n'a rien à voir avec le péché, entendons-nous bien, mais si elle n'est pas reconnue et intégrée dans notre vie, elle peut l'engendrer, en nous entrainant dans un sentiment de honte et de mépris de nous-mêmes. Comprenons alors que par ce lavement des pieds, le Christ nous demande de lui laisser se salir les mains avec notre condition d'homme et de femmes, avec notre faiblesse humaine, cette faiblesse qu'on a tant de mal à accepter. Par là, il est en train de se faire solidaire avec la condition la plus intime de l'homme. Il nous rejoint dans les dimensions les plus fragiles de notre vie, de notre existence ; non pas pour les effacer, comme on le voudrait quelque part, mais pour nous réconcilier avec elles, et pour qu'on puisse leur rendre toute leur place, toute leur valeur. Tim Guenard a dit un jour à ce propos que ce n'est pas par hasard si le Christ, au cours de la dernière cène, après avoir lavé les pieds à ses disciples, a choisi de laisser à ces derniers, comme image de son sang, justement le fruit de l'arbre le plus « tordu ». Et d'ailleurs, si on devait déraciner toutes les vignes de la Terre, on n'aurait plus de Millésime ! Jésus-Christ sait en effet, que nous aider à apprivoiser notre ombre, nos côtés ‘'tordus'', est une condition nécessaire pour mieux nous connaitre, mieux retrouver notre place et ainsi pouvoir rendre la juste place à Dieu, dans notre vie. Mais si nous n'acceptons pas, comme St. Pierre au début, de reconnaître notre réalité de faiblesse, notre impuissance à nous donner la vie, la vraie vie, alors Jésus-Christ restera pour nous un très bon exemple, mais rien de plus. Laisser le Christ nous laver les pieds, ce soir, c'est alors accepter d'arrêter de râler sur l'ombre qui est en nous pour accueillir enfin la lumière qui est en Dieu. Abbé Pietro CASTRONOVO - Vicaire à Saint-Martin 1ère lecture : du livre de l'Exode (12,1-8.11-14)2ème lecture : de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (11,23-26) Evangile : selon saint Jean (13,1-15) Je trouve que trop souvent on a réduit le lavement des pieds du Jeudi Saint à une simple invitation de la part du Christ au service. Oui, c'est un lieu de service, mais il n'y a pas que ça. Pour le comprendre il faut remettre ce lavement des pieds dans son juste contexte. Par exemple, ce n'est pas à n'importe quel moment que le Christ lavera les pieds à ses disciples, mais très probablement pendant la dernière cène, juste avant la crucifixion. Deux moments-clés de sa mission de salut. Donc on peut imaginer que le lavement des pieds est, lui aussi, un lieu privilégié où Dieu se manifeste à l'homme comme « Sauveur ». Maintenant, il faut tenir compte qu'à l'époque de Jésus on chaussait des sandales. Donc, dans un lieu poussiéreux comme la Palestine, les premiers à se salir étaient justement les pieds. Mais les pieds étaient aussi l'endroit du corps le plus exposé aux morsures des serpentes. ‘'Poussière'' et ‘'serpent'' ; deux images hautement symboliques qui nous renvoient aux premières pages de la Genèse, avec la création de l'homme et la tentation de la part du Malin. Si vous voulez, Jésus Christ, lavant la poussière des pieds de ses disciples, est en réalité en train de se salir les mains avec la boue de nos compromis, de nos pauvretés, de nos fragilités ; au fond... de notre humanité. En outre, il est en train de toucher, par là, le lieu qui, en nous, est le plus exposé aux pièges et aux morsures du tentateur, de cet être qui essayes constamment de nous détourner de la lumière de Dieu pour nous condamner à ne contempler que notre propre ombre. Cette ombre n'a rien à voir avec le péché, entendons-nous bien, mais si elle n'est pas reconnue et intégrée dans notre vie, elle peut l'engendrer, en nous entrainant dans un sentiment de honte et de mépris de nous-mêmes. Comprenons alors que par ce lavement des pieds, le Christ nous demande de lui laisser se salir les mains avec notre condition d'homme et de femmes, avec notre faiblesse humaine, cette faiblesse qu'on a tant de mal à accepter. Par là, il est en train de se faire solidaire avec la condition la plus intime de l'homme. Il nous rejoint dans les dimensions les plus fragiles de notre vie, de notre existence ; non pas pour les effacer, comme on le voudrait quelque part, mais pour nous réconcilier avec elles, et pour qu'on puisse leur rendre toute leur place, toute leur valeur. Tim Guenard a dit un jour à ce propos que ce n'est pas par hasard si le Christ, au cours de la dernière cène, après avoir lavé les pieds à ses disciples, a choisi de laisser à ces derniers, comme image de son sang, justement le fruit de l'arbre le plus « tordu ». Et d'ailleurs, si on devait déraciner toutes les vignes de la Terre, on n'aurait plus de Millésime ! Jésus-Christ sait en effet, que nous aider à apprivoiser notre ombre, nos côtés ‘'tordus'', est une condition nécessaire pour mieux nous connaitre, mieux retrouver notre place et ainsi pouvoir rendre la juste place à Dieu, dans notre vie. Mais si nous n'acceptons pas, comme St. Pierre au début, de reconnaître notre réalité de faiblesse, notre impuissance à nous donner la vie, la vraie vie, alors Jésus-Christ restera pour nous un très bon exemple, mais rien de plus. Laisser le Christ nous laver les pieds, ce soir, c'est alors accepter d'arrêter de râler sur l'ombre qui est en nous pour accueillir enfin la lumière qui est en Dieu. Abbé Pietro CASTRONOVO - Vicaire à Saint-Martin |



