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sur la lecture de l'évangile de Saint-Marc

le MARDI 14 FÉVRIER de 9h15 à 15h30 à ARLON Clairefontaine

chez les Prêtres du Sacré-Cœur, 81 rue du Cloître.

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Homélie du dimanche 7 février 2010 PDF Imprimer Email

1ère lecture : du livre d'Isaïe (6,1-2a.3-8)
2ème lecture : de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (15,1-11)
Evangile : selon saint Luc (5,1-11)

Pierre, ce matin-là est au boulot, avec ses amis. Boulot ingrat s'il en est puisqu'il faut malgré tout laver les filets pour rien, après avoir peiné toute la nuit sans rien prendre. Beaucoup diraient : Ce n'est certainement pas le moment de venir avec des paroles pieuses et des beaux discours. C'est l'heure où il vaut mieux se tenir à l'écart, et laisser passer la rage et le découragement.

Pierre ignore encore que c'est l'heure que Dieu a choisie pour débarquer dans sa vie. Dieu débarque souvent pendant les heures creuses.

La demande de Jésus est incongrue, provocante. Qu'est-ce qu'il y connaît à la pêche ! Pourtant Pierre s'exécute, sans comprendre sans doute. Il fait confiance. Et l'inattendu arrive.

Devant cette force surnaturelle, Pierre s'écroule, saisi d'effroi : « Eloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur. »

Isaïe, 6 siècles plus tôt avait la même expérience : « Malheur à moi, je suis perdu car je suis un homme aux lèvres impures ».

Et la petite Bernadette, partie avec ses deux amies chercher du bois mort dans les parages de la grotte de Massabielle, racontera elle aussi son saisissement quand elle aperçoit dans la noirceur du rocher une dame toute vêtue de lumière.

Quand l'homme fait l'expérience du divin, quand il rencontre Dieu, sa première découverte, c'est la prise de conscience de sa finitude... et de son péché comme d'une atteinte à la sainteté de Dieu. A chaque fois, il est « saisi ». Tu « m'as saisi, dit le prophète, et je me suis laissé saisir ».

Selon la parole admirable du franciscain Eloi Leclercq, découvrir Dieu, c'est « s'éveiller à une nouvelle conscience de soi ». Sommes-nous déjà passés par cette découverte ? Découverte de Dieu... mais aussi découverte de ce que je suis devant Dieu. C'est la première invitation de ce matin.

La seconde, c'est cette injonction de Jésus à Pierre : « Avance en eau profonde ».

Avancer, c'est tout d'abord une invitation à vivre sa foi dans le Christ comme une immense confiance en Lui, oser quitter ses certitudes et ses sécurités, vivre sa foi comme un risque.

Tous les grands témoins de la foi chrétienne nous parlent de cet abandon des sécurités du passé, de ce moment où il faut quitter la berge pour se jeter en Dieu, pour oser un nouvel avenir avec Lui.

Avancer, c'est aussi se donner de la profondeur. Dans un monde où tant de nos références sont superficielles, où nos amours sont épidermiques et nos engagements provisoires, avancer en profondeur, c'est refuser de vivre une foi qui ne touche que ce qui, est secondaire dans notre vie, une foi pour faire la fête, pour retrouver les objets perdus ou la foi bouée de secours quand les autres solutions ont été explorées. Donner à sa foi de la profondeur, c'est essentiel aujourd'hui si l'on veut affronter le choc de l'incroyance, la critique et la moquerie qui peuvent aller jusqu'à la persécution.  Donner à sa foi de la profondeur, c'est la vivre comme une amitié, c'est la nourrir de la Parole  et des sacrements. C'est la vivre au quotidien. Avoir l'audace et le courage de croire qu'elle peut changer le monde, le rendre plus humain... et donc aussi plus divin puisque l'humain est « l'image » du divin.

C'est alors, qu'à notre grand étonnement peut-être, nous deviendrons « pêcheurs d'hommes » !

Abbé Jean-Marie JADOT - Doyen de Saint-Martin