| La Pastorale des malades et des personnes âgées invite à une célébration suivie d’un pique nique le mardi 14 septembre 2010 à Clairefontaine (Alcazar). 10h30 accueil 11h célébration eucharistique 12h pique-nique (que vous apportez), de l’eau sera fournie sur place. desserts et café offerts par Béthanie La suite de l’après-midi sera laissée au libre choix de chacun : promenade dans les ruines, papotes entre amis, contes … Le nombre de places étant limité, pour faciliter l’organisation, nous vous invitons à vous inscrire. Si vous souhaitez que nous venions vous chercher, n’hésitez pas à le faire savoir. Pour toute information et inscription :Paul Laguerre, 063/22.74.47 - Sœur Marie-Jacqueline, 0498/16.31.01 - Rose-Marie Clérin, 0494/26.11.15 - Nathalie van de Walle, 063/21.67.48 |
| Homélie du dimanche 11 octobre 2009 |
|
|
|
|
1ère lecture : du livre de la Sagesse (7,7-11)
«Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre» dira Pierre à Jésus (Mc.10, 28).
Ce sont les mêmes mots qui, pendant que je vous parle, sont en train de raisonner dans la basilique de Saint Pierre, à Rome, à l'occasion de la canonisation du père Damien.
Et, si c'est vrai qu'être chrétiens, c'est toujours se mettre à la «suite» du Christ, en glissant nos pas dans les siens, être chrétiens, c'est aussi laisser à chacun de traduire ce «tout quitter» dans sa propre vie de tous les jours. Damien l'a fait en embrassant la vie religieuse et en devenant ''l'apôtre des lépreux''. Et nous? Comment traduisons-nous ces mots dans notre aujourd'hui, surtout quand nous avons des enfants à charge, le prêt de la maison à rembourser, des parents âgés dont s'occuper, et je vous passe les détails... ?!
«Tout quitter», tout abandonner ! Malheureusement, trop souvent nous avons une mauvaise compréhension de ce que c'est que l'abandon. Il ne s'agit pas là de ''perdre'' quoi que ce soit; l'abandon chrétien, c'est plutôt de l'ordre du ''lâcher prise''! Quelle est la différence? Si en suivant le Christ nous ressentons un sentiment de frustration, alors nous sommes en train de perdre quelque chose. Tandis que si nous vivons notre foi en éprouvant une profonde ''liberté'' intérieure, alors nous sommes dans le lâcher prise.
La réponse est là. Voilà pourquoi nous pouvons très bien aller à la messe tous les dimanches, prier le chapelet tous les jours, avoir vraiment le sentiment sincère de suivre le Christ, tandis qu'en réalité nous le suivons, c'est vrai, mais en faisant bien attention de garder une certaine distance de prudence entre lui et nous; une bonne ''distance de sécurité'', si vous voulez. On le suit, mais ...de loin; on ne sait jamais...! Et bien, si nous en sommes là, ça veut dire, alors, que nous sommes encore en plein dans le contrôle, dans la maîtrise de notre vie. Mais l'abandon c'est tout autre chose; c'est une chance qui nous est offerte.
Comme on le disait au début de la messe, ce dimanche nous célébrons aussi la Rentrée pour les trois Groupes de Prière des Mères et le Groupe de Prière des Pères présents sur notre paroisse. A cette occasion, j'ai voulu laisser la parole à Veronica Williams, la fondatrice au niveau international de ces milliers de groupes répondus aujourd'hui dans le monde entier. Il faut savoir, en effet, que toute la spiritualité de ces groupes de prière est centrée justement sur une spiritualité d'abandon, spiritualité qu'elle-même, Véronica, depuis plusieurs années, expérimente au fil des jours dans sa propre chair.
Voici ce qu'elle écrit au début de son ouvrage «La joie de s'abandonner à Lui»:
«Depuis plusieurs années, j'aime parler de l'abandon. (...) Mais laissez-moi vous expliquer: lorsque je parle d'abandon, je parle d'abandon à cent pour cent! (...) Il semble que l'abandon à 75% ne pose aucun problème, ni d'ailleurs celui à 80% ou à 95%, mais seulement celui à 100%! Si vous vous sentez concernés, c'est peut-être, me semble-t-il que vous craignez de perdre la maîtrise de votre vie.
Vous pouvez aussi vous demander ce qui vous sera enlevé ou ce à quoi vous devrez renoncer. Il y a généralement un petit domaine dans nos vies auquel nous aimons nous accrocher. Lorsque nous avons le courage d'y renoncer, nous nous demandons souvent, par après, pourquoi cela était si important pour nous et pourquoi il nous a fallu tant de temps pour nous en défaire. Quelquefois nous découvrons que c'était précisément ce qui freinait notre bonheur.
On m'a demandé si j'accepterais de partager avec vous ma propre expérience pour vous aider à découvrir la merveille de l'abandon. Il me semble que beaucoup l'ignorent et cherchent des moyens plus compliqués pour devenir ''saints'', parce que c'est quelque chose de trop simple.
Tout d'abord, je pense qu'il peut être plus clair et parler de ''permission'', au lieu ''d'abandon'', car pour moi l'abandon à 100% signifie simplement que l'on donne à Dieu une autorisation absolue pour Lui permettre d'être Dieu dans notre vie. Je comprends maintenant que lorsque nous nous ''abandonnons'' et ''permettons'' au Dieu Tout-puissant d'entrer dans nos vies, nous Lui demandons de nous guider selon Ses chemins et nous Lui donnons une autorisation absolue de nous donner tout ce qui nous est nécessaire pour être véritablement heureux et par là, vivre en plénitude.
A travers cette ''autorisation'', nous Lui donnons aussi la permission de faire de nous la personne qu'Il a voulue en nous créant et de changer tout ce qui, dans notre vie, a besoin de l'être afin que nous puissions vivre dans la paix et dans la joie. Il attend patiemment que nous L'invitions à pénétrer sans cesse davantage dans nos vies.»
Elle continue plus loin: «Peut-être vous demandez-vous: ''que dois-je faire pour m'abandonner et qu'est-ce que cela signifiera pour ma vie?'' ou peut-être pressentez-vous que le prix à payer sera trop élevé.
Je comprends vraiment que cela puisse paraître difficile car c'est contraire à nos habitudes de pensée. Nous pensons généralement que nous devons faire des efforts pour ''maîtriser la situation'' et qu'il y va de notre responsabilité de trouver une solution à chacune de nos difficultés. Aussi, il se peut qu'il vous soit même difficile d'envisager ''l'abandon'', comme quelque chose que l'on doive rechercher.
Vous risquez de vous inquiéter en pensant que le Seigneur voudra que vous soyez pauvre et que vous donniez tout ce que vous avez, comme le jeune homme riche de l'Évangile. Mais Lui seul connaît le projet particulier qu'Il a pour vous, celui qui vous rendra heureux et vous comblera. Si c'est en travaillant et en vivant au milieu des pauvres, vous ne serez jamais véritablement heureux si vous essayez de changer de place. Son plan est peut-être que vous viviez parmi les riches et s'il en est ainsi, c'est là que vous trouverez le bonheur. Il est plus vraisemblable qu'Il désirera que vous restiez là où vous êtes actuellement et que vous gardiez votre mode de vie, pour être témoin de Son Amour et de Sa Protection pour vos amis, vos voisins et vos collègues de travail. Il ne s'agit pas d'être pauvre ou d'être riche, il s'agit d'être là où le Seigneur veut que vous soyez, que vous n'ayez pas d'autre emploi du temps que de faire Sa Volonté.
Rappelez-vous que si nous Lui abandonnons véritablement nos vies, cela inclut notre situation financière mais cela signifie aussi qu'Il s'occupera de nos découvertes bancaires. Nous ne sommes que les gérants de Ses finances. Il y a là une grande liberté».
Ce que j'ai envie de mettre en valeur, dans ce que Veronica explique de son expérience personnelle, c'est que l'abandon, pour produire pleinement ses fruits de paix intérieure, de joie et de vraie liberté, a besoin d'être un abandon authentique, un abandon à 100%. Parce que, comme le disait saint Jean de la Croix: qu'un oiseau soit retenu par une corde épaisse ou par un subtil fil de soie, dans les deux cas il ne saura quand même pas voler; il ne saura quand même pas gouter ce que c'est que la vraie liberté.
Alors, ne nous contentons pas d'avoir fait le gros du chemin. Ce n'est pas le moment de s'arrêter. Peut-être que cette paix et cette liberté que nous recherchons sont juste là, après le tournant. Ne nous décourageons pas. Le Seigneur est là. Il nous appelle. Faisons-lui confiance.
Abbé Pietro CASTRONOVO – Vicaire à Saint-Martin
|



