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Un article dans l'info-lettre du diocèse sur la Neuvaine à Notre-Dame de Lourdes.

NEUVAINE DU 3 AU 11 FÉVRIER
Fervente dévotion à Notre-Dame de Lourdes en province de Luxembourg
Cette année encore, dans le sud Luxembourg, vous serez des centaines à prier Notre-Dame de Lourdes durant une neuvaine qui débutera le 3 février pour se terminer le 11 février. Cette neuvaine à Notre-Dame de Lourdes est organisée depuis plus d'un siècle maintenant. Elle est née quasi en même temps que le premier pèlerinage d'habitants de la province de Luxembourg dans la cité mariale.
Homélie du dimanche 27 septembre 2009 PDF Imprimer Email

1ère lecture : du livre des Nombres (11,25-29)
2ème lecture : de la lettre de saint Jacques (5,1-6)
Evangile : selon saint Marc (9,38-43.45,47-48)

 

Je pense que nous serions tous d’accord pour dire – toutes générations confondues – que vivre sa foi chrétienne dans le monde de notre temps est de plus en plus complexe… et fragile. Toute la pluralité des opinions que le poids énorme du contexte matérialiste de notre société et l’influence médiatique sur les jeunes surtout… autant d’obstacles et de défis à relever pour les croyants que nous cherchons à être… Nous avons tous à apprendre et à réapprendre à vivre dans ce monde complexe et pluriel.

Les lectures de ce dimanche offrent un éclairage intéressant. Elles viennent nous rappeler – si besoin est – que la révélation de Dieu et la bonne nouvelle pour l’homme qui l’accompagne ne sont la propriété de personne. Elles nous mettent en garde contre tout sectarisme et toute exclusivité.

« Eldad et Médad n’étaient pas à la réunion des anciens sous la tente de la Rencontre… et ils se mêlent de prophétiser ! » … allait se plaindre le peuple à Moïse ! « Seriez-vous jaloux, répond Moïse ! Ah ! Si le Seigneur pouvait mettre son Esprit sur eux pour faire de tout son peuple un peuple de prophètes ! »

« Maître, nous avons vu quelqu’un chasser des esprits mauvais en ton nom et pourtant il n’est pas de ceux qui te suivent ! » … allaient moucharder (« racuspoter » comme on disait dans l’argot de mon enfance) les disciples auprès de Jésus qui les reprend en disant : « Celui qui n’est pas contre nous est pour nous. »

Frères et sœurs, il y a plus de 40 ans d’ici, le Concile Vatican II a très officiellement reconnu la liberté religieuse et nous a invités au respect d’autres opinions que les nôtres. C’est un acquis pour lequel il vaut la peine de se battre.

En même temps, la tolérance est une attitude de vie que nous avons encore à approfondir, à creuser ensemble pour qu’elle ne soit pas simplement une attitude négative, proche de l’indifférence et d’un nivellement par le bas où tout idéal spirituel serait raboté. Pour que la tolérance soit plus que la tolérance, pour qu’elle soit un mode de vie qui construise et élève le monde, il importe grandement que chacun apporte un matériau solide et de qualité. Plus notre foi chrétienne est appelée à entrer en dialogue avec d’autres, plus il importe que nous l’approfondissions ensemble et que nous réfléchissions et œuvrions par des moyens d’annonce adaptés à notre temps et convaincants à la fois.

Je suis heureux et fier que dans notre paroisse nous puissions vivre un beau dialogue avec les autres cultes et avec la laïcité qui se traduit notamment lors des fêtes patriotiques. Je crois sincèrement  que c’est un signe d’espérance que nous écrivons ensemble.

Mais je suis tout autant préoccupé et heureux de vivre avec vous tous une autre démarche tout aussi essentielle. Je veux parler de toute la réflexion que l’on mène en équipe depuis plusieurs années sur une nouvelle approche de la catéchèse et de l’annonce de la foi. Nous sommes en effet de plus en plus convaincus que cette annonce et cette catéchèse ne doivent plus seulement concerner les enfants mais bien toutes les générations et l’ensemble du peuple chrétien, et de ceux qui désirent apprivoiser l’Evangile.

Les repères structurés du passé (tels le catéchisme et les cours de religion scolaires) se fissurent de plus en plus malgré toute la générosité de beaucoup. Il y a vraiment urgence à innover avec foi, audace et créativité. Les trois éditions des « 24 heures » et les « Carrefours de la Parole » que nous avons vécus ensemble et que nous nous proposons de vivre encore à l’avenir sont, je pense, de beaux essais de renouveau. De plus, notre évêque et tous les évêques de Belgique et des pays voisins atteints par la même sécularisation que nous, nous demandent d’avancer en ce sens.

Tous, nous avons besoin de redécouvrir le trésor de la foi chrétienne, l’approfondir ensemble et nous donner les moyens de l’intérioriser et de l’actualiser. C’est un vrai défi à relever.

D’une part, la tolérance constructive et le dialogue des différences, et d’autre part, l’évangélisation et l’annonce et le témoignage de sa foi et de ses convictions sont deux démarches qui doivent toutes les deux s’appuyer sur un réel partage des valeurs. Il faut avoir l’humilité d’écouter pour recevoir la part de vérité qui fait vivre celui qui pense différemment mais il faut aussi être au clair avec notre héritage chrétien c. à d. connaître et posséder la part de vérité qui nous fait vivre et que l’on peut partager aux autres, en l’occurrence pour nous, connaître la beauté et la force vitale du message du Christ !

Permettez-moi de vous redire en terminant ces paroles de Moïse à son disciple Josué : « Ah ! Si le Seigneur pouvait mettre son Esprit sur vous tous, pour faire de tout son peuple un peuple de prophètes ! » - C’est ma prière de ce matin…

 

Abbé Jean-Marie JADOT – Doyen de Saint-Martin