Joyeux Noël et heureuse année année 2012 !

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Formation Sud-Luxembourg

Lire l'évangile de Saint Marc
Une lecture continue et intégrale


L'abbé Joseph STRICHER viendra rencontrer
LES PARTICIPANTS AUX GROUPES DE LECTURE de l'Évangile de Marc
le MARDI 14 FÉVRIER

de 9h15 à 15h30 à ARLON Clairefontaine
chez les Prêtres du Sacré-Cœur, 81 rue du Cloître.

Ce sera l'occasion partager nos découvertes,
de faire émerger l'image de Jésus tel que Saint Marc nous le présente et de poser nos questions auxquelles l'abbé Stricher répondra. Il introduira ensuite la lecture de la fin de l'évangile de Marc.


Attention, la rencontre aura lieu uniquement en journée !
Merci de vous inscrire avant le 7 février au 063 22 65 07 (entre 9h30 et 11h30) ou saintmartinarlon@gmail.com  ou auprès de votre doyen.
Homélie de l'Assomption PDF Imprimer Email
1e LECTURE : Apocalypse (11, 19a; 12, 1-6a. 10ab)

PSAUME 44 :Heureuse es-tu, Vierge Marie, dans la gloire de ton Fils.

2e LECTURE : 1 Corinthiens (15, 20-27a)

ÉVANGILE : Luc (1, 39-56)

Dimanche passé nous avons parlé du dogme de la Transsubstantiation. Aujourd'hui, c'est le tour d'un autre dogme, plus récent : celui de l'Assomption.

On pourrait presque se demander, au fond, pourquoi tous ces dogmes? Pourquoi insister tellement, par exemple, sur le fait que Marie soit montée au ciel en corps et en âme ? Est-ce qu'on peux vraiment dire que ceux qui y croient ont plus de foi de ceux qui n'y croient pas ?

Je pense que la vraie question n'est pas là. Toute la question est de savoir si ces dogmes me permettent, oui ou non, de vivre ma foi d'une manière plus consciente et plus épanouissante. Le véritable enjeu, si vous voulez, n'est pas de croire ‘‘plus'', mais de croire ‘‘mieux''. Parce que je peux très bien croire à beaucoup de dogmes et avoir une grande culture religieuse, sans que cela n'ait aucun impact concret et visible dans ma vie de tous les jours.

Ce que je veux dire par là, c'est que je trouve dommage, par exemple, de réduire l'Assomption de la Vierge Marie simplement à un moment très précis et très court de sa vie. Ce n'est pas au moment de sa mort, en effet, que Marie est montée au Ciel, une fois pour toutes. C'est dès son plus jeune âge que Marie n'a pas cessé d'y monter, jour après jour, ... marche après marche !
Mais le tout est de comprendre quel est ce ‘‘Ciel ‘' que Marie a atteint et auquel elle nous invite.

Pendant toute une époque, et vous avez peut-être connu ça, dans les églises on insistait beaucoup sur la peur du Jugement final et de l'enfer. Par là, on a essayé de motiver les chrétiens à réfléchir sérieusement avant de faire des choix importants dans leur vie. Depuis, l'Église a compris que ce n'est plus sur la peur de la mort qu'elle doit insister, mais plutôt sur la beauté de la vie.
Ce n'est pas, en effet, la menace de l'enfer qui a motivé tant d'hommes et de femmes, au cours de l'histoire, à oser la sainteté, mais plutôt la promesse du Ciel. Ce n'est pas la mort qu'ils ont voulu fuir, ni une perspective de souffrance éternelle ; c'est plutôt la vie qu'ils ont choisie, et par là, la perspective de joie profonde qui découle de ce choix.

Vous comprenez alors, que cette fête de l'Assomption n'est pas là pour mettre l'accent sur un endroit, mais plutôt sur un mouvement. Goûter de plus en plus le Ciel, ce n'est pas autre chose que de vivre de plus en plus la sainteté, au quotidien ! C'est ressentir grandir en soi, cette intimité avec la vie divine, cette harmonie intérieure, cette paix profonde.

Mais ce Ciel ne va pas nous tomber sur la tête, comme par magie. Ce Ciel demande à être recherché, jour après jour, choix après choix.

Voilà pourquoi ce qui rend Marie unique et extraordinaire, c'est la manière dont elle a utilisé sa liberté : tous ces ‘'oui'' qu'elle a su dire à Dieu, tous ces pas qu'elle a su faire vers lui !
Ses choix : voilà alors ce qui fait toute la grandeur de l'homme. Ses choix ! C'est par sa liberté que l'homme peut choisir de faire de sa vie un chef-d'œuvre, comme Marie. Et c'est toujours par cette même liberté, qu'il peut choisir de faire de sa vie un brouillon. Parce que, qu'on le veuille ou pas, nous sommes le résultat de nos choix. Et l'homme ou la femme que nous serons demain dépend des choix que nous ferons aujourd'hui.

Nous l'avons déjà dit : l'orchidée la plus belle et la plus rare ou le diamant le plus grand et le plus précieux, ne peuvent pas choisir d'être différents de ce qu'ils sont. C'est pourquoi ils n'ont aucun mérite à leur valeur, parce qu'ils ne prennent aucun risque. Tandis que l'homme, par ses choix, prend un risque absolu. Et c'est un risque qui engage toute son existence, au-delà même de sa mort.

Le rêve de Dieu, alors ? C'est de voir l'homme aimant. Son cauchemar ? C'est de le voir blessé et blessant.
Ce n'est, en effet, ni la pauvreté, ni la maladie, ni la vieillesse, qui rendent la vie de l'homme un brouillon, comme on pourrait le croire. Notre vie devient un brouillon lorsqu'on choisit de ne plus vraiment croire à l'amour. Parce que c'est le ‘‘choix'' d'aimer qui nous humanise, et par là, en même temps, qui nous divinise, en laissant paraître en nous le visage même du Christ.

Mais est-ce que nous sommes toujours conscients qu'on a le choix ?! Et est-ce que nous nous donnons vraiment ce droit de choisir ?!
Stéphanie Houle a écrit un jour : « Devant toute épreuve, on a l'option d'en mourir ou d'y survivre. Et devant l'échec, le choix de s'aimer ou de se détruire. Devant les imprévus, on possède la liberté de rire ou de pleurer, et dans l'adversité, le choix de pardonner ou de culpabiliser. Au milieu de la confusion, on a toujours la faculté de voir et de croire, ou l'alternative de se fermer et d'oublier».

Peut-être qu'on n'a pas tous les choix possibles, c'est vrai, ... mais on a toujours le choix !

J'ai envie de dire que ces choix auxquels nous sommes confrontés tous les jours, petits ou grands qu'ils soient, sont les marches qui peuvent nous mener un peu plus au ciel, comme pour Marie, ou... nous en éloigner. Et cette fête de l'Assomption est là, finalement, pour nous aider à contempler ce Ciel, et nous donner envie de le goûter à chaque instant, à chaque choix, un peu plus.

Abbé Pietro.