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Un article dans l'info-lettre du diocèse sur la Neuvaine à Notre-Dame de Lourdes.

NEUVAINE DU 3 AU 11 FÉVRIER
Fervente dévotion à Notre-Dame de Lourdes en province de Luxembourg
Cette année encore, dans le sud Luxembourg, vous serez des centaines à prier Notre-Dame de Lourdes durant une neuvaine qui débutera le 3 février pour se terminer le 11 février. Cette neuvaine à Notre-Dame de Lourdes est organisée depuis plus d'un siècle maintenant. Elle est née quasi en même temps que le premier pèlerinage d'habitants de la province de Luxembourg dans la cité mariale.
Homélie du dimanche 19 juillet 2009 PDF Imprimer Email

1ère lecture : du livre de Jérémie (23,1-6)
2ème lecture : de la lettre de saint Paul Apôtre aux Ephésiens (2,13-18)
Evangile : selon saint Marc (6,30-34)

« On peut vivre sans richesse et même sans le sou,
mais vivre sans tendresse, on ne le pourrait pas,
non, non, non, non, on ne le pourrait pas ! » chantait Bourvil !

 

 

Que d’humanité et de tendresse dans cette brève page d’Evangile, écoutée bien à propos en ces jours de vacances ! Tendresse de Jésus à l’égard de ses apôtres heureux et fatigués au retour de leur première mission… Jésus les écoute « raconter » ! (Comme vous le faites avec vos enfants quand ils rentrent du camp ou d’une quelconque aventure !)… Ils racontent leur joie d’avoir vu naître le Royaume de Dieu dans des cœurs. Une joie de partager la double passion de Jésus pour Dieu et pour les hommes… Après cette écoute, Jésus les invite au repos et à la détente…

Mais aussi tendresse et pitié de Jésus pour cette foule « débordante », qui une fois encore, va bousculer leur repos et envahir ce moment de détente… Jésus ne repousse personne. Bien plus, il va inviter ses apôtres à partager cette passion qu’il porte en lui pour les foules sans bergers et sans guides, ces foules dont il pressent tout le vide et la détresse : beaucoup ne savent plus pour qui ou pour quoi ils vivent et peinent.

Déjà la semaine dernière, la Parole de Dieu nous invitait à regarder notre monde avec réalisme et tendresse.

Frères et sœurs, peut-être profitez-vous en ce moment d’un temps de vacances, de repos, de congé. Une fois encore, ce dimanche, Jésus nous presse de ne pas fermer nos yeux et nos oreilles… et d’entendre les appels des foules d’aujourd’hui et comme je vous le disais il y a 8 jours, des jeunes en particulier. Beaucoup parmi nous et parmi nos concitoyens peuvent avoir les sous et peut-être même la richesse mais ne sont pas pour autant comblés, sans faim et sans attente !

Voilà un questionnement qui en appelle un autre : nous disciples de Jésus, moi prêtre, vous chrétiens baptisés, sommes-nous témoins pour notre temps de la tendresse de Dieu, porte-parole et témoins d’une Bonne Nouvelle qui peut combler la faim et le vide de tant de vies ? Trois dimanches de suite, le même appel nous est adressé.

Qui peut crier l’Evangile sur tous les toits, sinon les disciples du Christ ? Qui saura que Jésus est là, parmi nous, pour sauver le monde, si les chrétiens sont muets, peureux, hésitant à prendre des risques ?

Consciemment ou inconsciemment, les jeunes sont en droit de nous demander : où sont les chrétiens aujourd’hui dans notre société ? Où sont les bergers et les guides qui entraînent et élèvent ?

Le bonheur des foules se joue dans les engagements et les choix politiques, les combats sociaux et éducatifs, la défense des plus faibles, dans les médias qui créent l’opinion, qui ont autant de pouvoir pour abêtir que pour élever. Le bonheur des foules, c’est aussi se battre pour le beau et pour la promotion de la dimension spirituelle de la vie. Se tenir loin de tout cela pour aller se réfugier près du Christ, c’est se tromper de Christ.

Le Christ, en regardant la foule, était bouleversé de tendresse et de pitié, mais d’une tendresse et d’une pitié qui se compromettent. Il a longuement parlé à la foule et il est mort pour elle.

Venir aujourd’hui se reposer près du Christ, c’est sans nul doute communier de façon nouvelle à sa passion pour Dieu et pour l’homme. Venir à la rencontre du Bon berger (« celui qui est notre paix »), c’est nous entendre dire : sois aussi le berger de tes frères !

 

Abbé Jean-Marie JADOT – Doyen de Saint-Martin