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| Homélie du dimanche 12 juillet 2009 |
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1ère lecture : du livre d’Amos (7,12-15) La semaine dernière, dans l’homélie, j’évoquais la figure charismatique du prophète Amos, ce vacher devenu prophète à son corps défendant, appelé par Dieu pour aller dénoncer l’injustice et l’exploitation que des bien-nantis faisaient supporter à leurs ouvriers ! J’ignorais alors que la première lecture de ce jour évoquerait la figure de ce prophète malgré lui ! C’est le Seigneur qui l’a saisi et qui l’a envoyé !
C’est aussi l’aventure des Douze que le Christ a séduits. Il les appelés et il les envoie pour une première mission d’essai, nous dit l’évangile de Marc. Nous aussi, à notre tour, le Christ veut nous séduire, nous appeler et nous envoyer, chacun avec son charisme, sa vocation spécifique, dans la réalité qui est la sienne, que nous soyons prêtre, religieux ou laïc chrétien. Reconnaissons-le, le monde dans lequel nous vivons a un urgent besoin d’un nouveau souffle, de trouver un sens et une profondeur pour l’aventure humaine. On recherche de nombreux prophètes ! De nouveaux missionnaires ! Jésus nous laisse quelques consignes pour la mission qui peuvent nous intéresser ! La première : on ne part pas seul, on part à deux ! Proposer l’Evangile, ce n’est pas une mise en valeur personnelle mais le témoignage d’un amour vrai, vécu d’une charité authentique. Pour cela, il faut au moins être deux. C’est un témoignage d’équipe, de couple ou de communauté. Je pense tout particulièrement à vous qui êtes parents et qui êtes confrontés au défi de transmettre le message du Christ à vos enfants. Ce qui importe d’abord, c’est votre témoignage de couple, votre fidélité mutuelle et votre fidélité au Christ ! Bien plus que dans le passé, c’est en famille que la foi se transmet. Deuxième recommandation : n’emporter que le nécessaire, se débarrasser du superflu. Autrement dit, rester lucide et libre par rapport à tout le matraquage publicitaire et matérialiste que nous subissons tous aujourd’hui, les jeunes en première ligne. Savoir discerner l’essentiel de l’accessoire. Rester libre face à l’appétit de consommation de tout genre. L’évangélisation suppose d’être libre, tant vis-à-vis de soi-même que du « monde ». Troisième instruction : surmonter l’indifférence, le refus, la hargne. La vérité de la Bonne Nouvelle peut déranger, attiser des résistances, susciter des moqueries. Quand on a 15 ans aujourd’hui, il faut être courageux pour oser dire aux copains : « je vais à la messe ! L’évangile m’intéresse ! » L’objectif de cette aventure missionnaire, c’est bien d’inviter l’autre à revoir sa façon de vivre, « se convertir », refaire des choix. C’est oser combattre le mal à sa racine et apporter une guérison, qu’elle soit physique, morale ou spirituelle. Sincèrement, en vous partageant cette réflexion, je ne puis m’empêcher de penser à plusieurs réflexions et confidences reçues ces derniers jours à propos de la jeune génération particulièrement fragilisée par le manque de repères, de valeurs de vie spirituelle, si souvent victimes de la drogue, de la boisson, de tant de bonheurs illusoires. Il ne s’agit pas de faire des généralisations hâtives mais oser pourtant regarder la réalité. Peut-être jamais autant qu’à notre époque, l’Evangile n’a été une bonne nouvelle de guérison et de salut. Le Christ engage encore : des missionnaires convaincus, enthousiastes et passionnés. Avant de courir au loin, commençons dans notre propre maison !
Abbé Jean-Marie JADOT – Doyen de Saint-Martin |



