| Homélie du dimanche 28 juin 2009 |
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1ère lecture : du livre de la Sagesse (1,13-15 ;2,23-24)
Comme c’est souvent le cas, l’évangile de ce dimanche nous présente un Jésus qui ne se résigne pas face à la souffrance et à la mort de l’être humain. Il s’engage le premier dans cette lutte car, dans sa conception de la vie, Jésus Christ n’est ni fataliste ni doloriste. Le destin n’existe pas à ses yeux, tout comme la souffrance n’a aucune valeur en elle-même. La souffrance pour la souffrance n’a jamais sauvé personne. Par contre, c’est ce qu’on en fait de notre souffrance qui peut lui donner du sens. Jésus Christ lui même, en effet, n’a pas cherché ni subi sa croix. Mais il l’a accueillie, il l’a assumée et il l’a intégrée dans sa mission, pour en faire un lieu de témoignage, une sorte de caisse de résonance à l’amour de Dieu. Donc la souffrance et la mort ne sont pas un mal en soi, mais elles le deviennent lorsqu’elles sont vides de sens. La vraie lutte que Jésus Christ mène, n’est pas alors contre la souffrance et la mort, mais contre ce mal qui peut les habiter, cette absence de sens, cette absence de Dieu souvent si ‘‘encombrante’’. « Un professeur universitaire a défié ses étudiants avec cette question : ‘‘Est-ce que Dieu a crée tout ce qui existe ?’’. Un étudiant a bravement répondu : ‘‘Oui, il l’a fait !’’. Le professeur a dit : ‘‘Dieu a tout crée ?’’. ‘‘Oui, Monsieur’’ a répliqué l’étudiant. Le professeur a répondu : ‘‘Si Dieu a tout crée, il a donc aussi créé le mal puisque le mal existe. Et selon le principe que nos travaux définissent ce que nous sommes, alors Dieu est mauvais’’. L’étudiant était silencieux devant une telle réponse. Le professeur était tout à fait heureux de lui-même et il se ventait aux étudiants qu’il avait prouvé encore une fois que la foi était un mythe. Un autre étudiant a levé sa main et a dit : ‘‘Puis-je vous poser une question professeur ?’’. ‘‘Bien sur’’, a répondu le professeur. L’étudiant a répliqué : ‘‘Professeur, le froid existe-t-il ?’’. ‘‘Quel genre de question est-ce là ? Bien sur qu’il existe. Vous n’avez jamais eu froid ?’’ a répliqué le professeur. Le jeune homme a répondu : ‘‘En fait Monsieur, le froid n’existe pas. Selon la loi de physique, ce que nous considérons comme le froid est, en réalité, l’absence de chaleur. Tout individu ou tout objet possède ou transmet de l’énergie. La chaleur est produite par un corps ou par une matière qui transmet de l’énergie. Le zéro absolu (-460°F) est l’absence totale de chaleur ; toute la matière devient inerte et incapable de réagir à cette température. Le froid n’existe pas. Nous avons créé ce mot pour décrire ce que nous ressentons si nous n’avons aucune chaleur. L’étudiant a continué : ‘‘Professeur, l’obscurité existe-t-elle ?’’ Le professeur a répondu : ‘‘Bien sur qu’elle existe !’’ L’étudiant a répondu : ‘‘Vous avez encore tort Monsieur. L’obscurité n’existe pas non plus. L’obscurité est en réalité l’absence de lumière. Nous pouvons étudier la lumière mais pas l’obscurité. En fait, nous pouvons utiliser le prisme de Newton pour fragmenter la lumière blanche en plusieurs couleurs et étudier les diverses longueurs d’onde de chaque couleur. Vous ne pouvez pas mesurer l’obscurité. Un simple rayon de lumière peut faire irruption dans un monde d’obscurité et l’illuminer. Comment pouvez-vous savoir l’espace qu’occupe l’obscurité ? Vous mesurez la quantité de lumière présente. N’est-ce pas vrai ? L’obscurité est un terme utilisé par l’homme pour décrire ce qui arrive lorsqu’il n’y a pas de lumière’’ Finalement, ce jeune homme a demandé au professeur : ‘‘Monsieur, le mal existe-t-il ?’’ Maintenant incertain, le professeur a répondu : ‘‘Bien sur, comme je l’ai déjà dit. Nous le voyons chaque jour. C’est dans les exemples quotidiens de l’inhumanité de l’homme envers l’homme. C’est dans la multitude des crimes et des violences partout dans le monde. Ces manifestations ne sont rien d’autre que du mal’’. L’étudiant a répondu : ‘‘Le Mal n’existe pas Monsieur, ou du moins il n’existe pas de lui-même. Le Mal est simplement l’absence de Dieu. Il est comme l’obscurité et le froid, un mot que l’homme a crée pour décrire l’absence de Dieu. Dieu n’a pas crée le mal. Le mal n’est pas comme la foi, ou l’amour qui existe tout comme la lumière et la chaleur. Le Mal est le résultat de ce qui arrive quand l’homme n’a pas l’amour de Dieu dans son cœur. Il est comme le froid qui vient quand il n’y a aucune chaleur ou l’absence qui vient quand il n’y a aucune lumière’’. Le professeur s’est assis. Le nom du jeune homme ? Il parait qu’il s’agissait d’Albert Einstein » La souffrance, la maladie et la mort, la notre comme celle des personnes que nous aimons, sont là. Elles font partie de notre vie. Nous ne pouvons pas les nier. Souvent nous ne pouvons pas les éviter non plus. Mais elles ne deviennent un ‘‘mal’’ que par l’absence de Dieu, lorsqu’on commence à douter de son amour et qu’on se ferme à son soutien et à sa grâce. Là alors on est vraiment seuls ; là on risque de se retrouver vraiment à genoux, écrasés non pas tellement par la souffrance ou par la maladie en elles mêmes, mais par cette absence, ce vide de Dieu. C’est ça qui est ‘‘Mal’’. C’est ça qui fait vraiment mal ! Alors, au cœur de nos épreuves, laissons le Christ saisir notre main et que ses mots : « Talitha koum, lève toi » (Mc.5,42), retentissent au plus profond de notre sentiment de vide, pour qu’on puisse vivre toute notre vie en hommes et en femmes debout, quelles que soient ces épreuves. Debout, parce que forts de sa présence et de son amour ! Abbé Pietro CASTRONOVO – Vicaire à Saint-Martin
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