Joyeux Noël et heureuse année année 2012 !

L'église Saint-Martin fait partie du programme Eglises Ouvertes

Qui est en ligne

Nous avons 63 invités en ligne

L'asbl AMANOCLAIR possède son site Web : http://www.clairefontaine-arlon.be

(Mis à jour pour la réservation de salles)

Lire la suite...
Homélie du dimanche 21 juin 2009 PDF Imprimer Email

1ère lecture : du livre de Job (38,1.8-11)

2ème lecture : de la seconde lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (5,14-17)

Evangile : selon saint Marc (4,35-41)

 

Panique à bord ! C’est tempête sur le lac… et Jésus dort comme un bienheureux sur le coussin ! Manifestement la journée passée à enseigner les foules l’a épuisé ! Il est – comme nous le disons souvent nous-mêmes – « mort de fatigue »… au point que les disciples doivent le transporter comme ils peuvent dans la barque, « dans l’état où il était ».

 

 

 

Tous les détails de l’événement sont hautement symboliques : « l’autre rive » du lac sur laquelle Jésus invite ses disciples à passer est en terre païenne, là où habitent les forces hostiles à Dieu dans la vision des Juifs de l’époque. Saint Marc établit un parallélisme entre la tempête déchaînée du lac et les démons déchaînés de l’autre rive. On en a une preuve dans le vocabulaire employé ici puisque, pour calmer la tempête, Jésus dit à la mer : « Silence, tais-toi ! » Or, c’est exactement l’expression qu’il utilise pour chasser un démon : « Silence, tais-toi et sors de cet homme ! » Il s’agit donc bien, non pas simplement de calmer mais d’exorciser la mer.

On peut encore aller un peu plus loin… théologiquement. Lorsque Marc nous dit, au verset 38, que Jésus dort et, au 39, qu’il est réveillé, il utilise les termes techniques qui, en grec, expriment la mort et la résurrection. Autrement dit, le Jésus endormi sur un coussin au fond du bateau préfigure Jésus reposant au fond du tombeau et le Jésus réveillé, debout dans la barque, qui interpelle le vent avec vivacité, annonce cet autre Jésus, debout dans le tombeau et victorieux de la mort au matin de Pâques.

Toute cette symbolique nous ramène à notre vécu et à l’actualité qui ressemble bien souvent à cette tempête sur le lac de Tibériade.

Dans nos entreprises, nos institutions, dans l’Eglise, dans nos familles, dans les couples, les vents aussi peuvent se déchaîner ! Il arrive aussi que nous perdions pied et l’envie peut nous prendre de crier à ce Dieu endormi au fond d’une barque : « Nous sommes perdus, cela ne te fait rien ? »

Et il nous répondra, après avoir chassé les « démons » qui nous assaillent : « Pourquoi avez-vous si peur ? » Et jusqu’au bout nous nous demanderons, comme les disciples, qui il est, celui-là, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? Oui, qui est-il, ce compagnon de voyage qui s’est embarqué avec nous sur le même bateau ? Qui a lié son sort à celui du navire ? Qui est-il cet étrange passager que ses amis embarquent endormi, « tel qu’il est » ?

Ainsi se révèle le Dieu de Jésus-Christ : il est avec nous dans nos traversées, non pas comme le grand timonier, celui qui décide tout à notre place… mais comme le passager endormi, longuement silencieux… mais qui, lorsqu’on le sollicite et le prie, nous renvoie par ses questions à notre responsabilité et à notre liberté d’homme : « Pourquoi avez-vous peur ? Comment se fait-il que vous n’ayez pas la foi ? »

C’est bien la confiance qui peut faire de nous des vainqueurs dans les traversées difficiles. C’est elle qui nous tient debout, « réveillés »… comme des ressuscités au milieu d’un monde de morts vivants ! Dans cette victoire sur les forces du mal, Quelqu’un nous a précédés… et il nous rend forts de son Esprit.

 

Abbé Jean-Marie JADOT – Doyen de Saint-Martin