| Formation Sud-Luxembourg Lire l'évangile de Saint Marc Une lecture continue et intégrale L'abbé Joseph STRICHER viendra rencontrer
LES PARTICIPANTS AUX GROUPES DE LECTURE de l'Évangile de Marc le MARDI 14 FÉVRIER de 9h15 à 15h30 à ARLON Clairefontaine chez les Prêtres du Sacré-Cœur, 81 rue du Cloître. Ce sera l'occasion partager nos découvertes, de faire émerger l'image de Jésus tel que Saint Marc nous le présente et de poser nos questions auxquelles l'abbé Stricher répondra. Il introduira ensuite la lecture de la fin de l'évangile de Marc. Attention, la rencontre aura lieu uniquement en journée ! Merci de vous inscrire avant le 7 février au 063 22 65 07 (entre 9h30 et 11h30) ou saintmartinarlon@gmail.com ou auprès de votre doyen. |
| Homélie du dimanche 14 juin 2009 - Corps et Sang du Christ |
|
|
|
|
1ère lecture : du livre de l’Exode (24,3-8)
Nous célébrons aujourd’hui la solennité du Corps et du Sang du Seigneur : c’est une fête qui nous appelle à la foi, tout d’abord, en ce sacrement, à discerner, par un regard de l’esprit, le corps du Christ sous les espèces du pain et du vin consacrés, comme cela se passera tout à l’heure pour nous sur cet autel.
Comme nous avons écouté dans l’évangile de Marc, lors de la dernière Cène, le Seigneur offre son sang en Alliance nouvelle pour une multitude, en annonçant et anticipant le sacrifice de la Croix : mais en quoi cela consiste cette Alliance ? Comme on vient de l’entendre dans la première lecture tirée de l’Exode, Dieu avait déjà inauguré une première Alliance avec le peuple d’Israël, que lui-même avait libéré de l’esclavage d’Egypte en le faisant sortir pendant la nuit, en lui ouvrant la mer Rouge. Sur la montagne, Dieu fait alliance avec ce peuple, par Moïse qui offre un sacrifice et qui asperge avec le sang des taureaux : à travers ce rite, Dieu voudrait faire d’Israël un peuple de sa propriété, qui lui soit consacré et qui le reconnaisse comme le seul Seigneur. Et Israël s’y engage, en proclamant : « Tout ce que le Seigneur a dit, nous le ferons et nous y obéirons ». Cependant ils feront aussitôt l’expérience de ne pas rester fidèles à cette alliance, car ils ne peuvent pas mettre en pratique les paroles du Seigneur : déjà avant que Moïse descende de la montagne avec les tables de l’Alliance écrites par Dieu, le peuple s’est construit une idole, un veau d’or. De plus, pendant la traversée du désert, durant quarante ans, ils murmureront contre le Seigneur, en le mettant à l’épreuve et en se révoltant contre lui et contre Moïse. Malgré tout, Dieu aura patience, en renouvelant sa fidélité et surtout en promettant une nouvelle Alliance, par laquelle il donnerait un cœur nouveau et un esprit nouveau à Israël pour qu’il soit son peuple à jamais. L’expérience d’Israël est notre même expérience : nous voudrions obéir au Seigneur et faire sa volonté. À l’intérieur de nous-mêmes, nous savons qu’il faut faire le bien, qu’aimer et donner sa vie c’est le bonheur pour nous, mais nous butons face à l’impossibilité de l’accomplir, de pouvoir aimer jusqu’au bout, de pardonner, de rester fidèles dans nos ménages. Saint Paul lui-même nous atteste de cette réalité, lorsqu’il écrit, dans l’épître aux Romains, que par la raison il reconnaît le bien, mais il fait l’expérience d’une loi du péché inscrite dans sa chair, dans son corps mortel, qui lui empêche de faire le bien qu’il voudrait, et qui le pousse à faire le mal qu’il ne voudrait pas. Et il ajoute que c’est à cause du péché qui habite à l’intérieur de sa chair : il s’agit de l’incrédulité que nous avons au profond de nous-mêmes, qui nous fait douter de Dieu, de sa bonté. Cela nous pousse à faire de nous des dieux, qui pensons connaître le bien et le mal, et gérer de conséquence notre propre vie, notamment dans les moments d’épreuve, de tribulation, d’angoisse morale ou physique. Constamment on se pose la question : Dieu est-il au milieu de nous ou pas ? Et nous nous faisons vite des idoles, exactement comme le peuple d’Israël dans le désert. Or le Seigneur est venu renouveler son Alliance : par le sang de son Fils, Dieu a fait une nouvelle Alliance avec tout homme, en le rachetant de l’esclavage du péché. C’est l’épître aux Hébreux que nous avons proclamé qui nous dit que le Christ a libéré notre conscience des œuvres mortes : ces œuvres sont justement celles que nous produisons lorsque notre vie ne marche pas comme nous le voudrions. Alors nous sommes pleins de rage, de colère, de jugements, contre Dieu et contre les personnes qui nous entourent. Mais le Christ nous a rachetés, par son sang, en faisant de nous un peuple nouveau, qui lui rende un culte spirituel : ce culte se fonde sur le fait qu’en communiant à son corps et à son sang nous devenons son Corps. De Dimanche en Dimanche, d’Eucharistie en Eucharistie, nous nous transformons en corps du Christ, en un Corps qui peut, lui aussi, se briser pour l’autre, se rompre et s’offrir en culte véritable au Dieu vivant, en faisant sa volonté jusqu’au bout : nous pouvons alors être libres d’aimer notre prochain, de pardonner, de servir. Et cela le Seigneur veut le faire pour toute son Eglise, dans chaque paroisse et communauté, afin qu’elle soit un seul Corps dans le Christ : un Corps où les membres se connaissent, dans leurs faiblesses, dans leurs souffrances, et qui se soutiennent mutuellement, par la prière, par le pardon. Que le Seigneur nous accorde alors, en cette solennité, la foi pour discerner le Corps et le Sang de Jésus-Christ dans l’Eucharistie et, en y prenant part, de devenir avec lui un Corps qui se donne pour le monde.
Ciro LIPARTITI – Diacre, séminariste en stage à Saint-Martin
|



