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sur la lecture de l'évangile de Saint-Marc

le MARDI 14 FÉVRIER de 9h15 à 15h30 à ARLON Clairefontaine

chez les Prêtres du Sacré-Cœur, 81 rue du Cloître.

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Homélie du dimanche 3 mai 2009 - 4ème dimanche de Pâques PDF Imprimer Email

1ère lecture : du livre des Actes des Apôtres (4,8-12)
2ème lecture : de la première lettre de saint Jean (3,1-2)

Evangile : selon saint Jean (10,11-18)

 

Le Seigneur nous donne, en ce 4e Dimanche de Pâques, cette Parole du Bon Pasteur : aujourd’hui, l’Eglise prie pour les vocations, afin que le Seigneur lui accorde des pasteurs selon son cœur.

 

 

 

En cette Parole, Jésus se désigne comme le Bon Pasteur, celui qui dépose sa vie pour ses brebis.

Celle du pasteur c’est une image que les interlocuteurs de Jésus, dans l’Evangile, le peuple d’Israël, connaissent très bien : c’est l’image du roi, de celui qui guide son peuple, et le conduit sur des chemins de bien, de paix, mais surtout, d’observance des commandements du Seigneur. Dans l’histoire d’Israël, Abraham et les autres patriarches avaient réellement été des pasteurs ; Moïse et le roi David, aussi, avant de commencer leur mission auprès du peuple de Dieu. De sorte que, identifiant les rois et les guides d’Israël aux pasteurs, les Juifs, aussi à l’époque de Jésus, attendent un Messie qui soit le vrai pasteur, capable de conduire son peuple sur des chemins de justices et de fidélité à Dieu, seul et véritable Pasteur d’Israël.

Jésus, alors, s’annonce comme étant ce berger, qui ne profite pas de ses brebis, mais qui donne sa vie pour elles : tout berger, quoiqu’en prenant soin de son troupeau, tôt ou tard utilise ses brebis, en en retirant du lait, de la laine, ou finalement, de la viande, après les avoir tués.

Dans ce texte, s’avère une chose étonnante : c’est le berger qui dépose sa vie. Jésus ajoute qu’il connaît ses brebis, et ses brebis le connaissent, et elles reconnaissent sa voix. De conséquence, une condition pour suivre Jésus, c’est reconnaître sa voix.

Aujourd’hui, cette Parole nous interpelle : sommes-nous en train d’écouter la voix du pasteur ? Car, si nous écoutons sa voix, il peut nous conduire sur des bons pâturages d’herbe fraîche, et vers des eaux limpides, qui sont les pâturages où ce berger dépose lui-même sa vie pour nous. Et quels sont-ils ces pâturages ? Concrètement, c’est notre histoire, avec tous nos problèmes, avec nos souffrances : les problèmes de ménage, la précarité économique, celle de la vieillesse, de la maladie, bref, toutes les situations de mort que nous pouvons vivre. Le Seigneur attend que nous écoutions sa voix pour nous conduire sur le pâturage de notre croix, là où nous ne voulons pas aller, puisque nous ne le pouvons pas, car cela nous fait peur.

Mais si nous suivons Jésus-Christ, nous trouverons sur ces pâturages une nourriture magnifique, très bonne : sa volonté. Nous ferons l’expérience que sur ces prés d’herbe fraîche, c’est Jésus qui est passé d’abord, et qui a mangé la volonté de son Père ; c’est lui qui est entré dans les faits de notre histoire, et qui y a donné sa vie pour nous, en se faisant tué par nos péchés et en nous pardonnant, telle une véritable brebis conduite à l’abattoir, un agneau muet.

Comme le chante une ancienne hymne, « l’Agneau a racheté les brebis » : nous verrons que dans ces pâturages nous ne mourons plus, car c’est le Seigneur qui y est mort à notre place, pour se faire lui-même nourriture pour nous.

Mais souvent, nous écoutons d’autres voix, celles des mercenaires, qui nous suggèrent comment gérer notre vie, la relation avec ton mari, ou avec ta femme, comment éduquer tes enfants, comment te faire justice contre l’autre. Et lorsque le loup arrive, ces mercenaires s’enfuient, et ils nous laissent dévorer : nous restons alors avec notre colère, la violence, avec notre envie de nous venger, pleins d’amertume, morts à l’intérieur, tristes et sans aucun espoir. Les mercenaires ce sont les voix qui te disent de ne pas donner ta vie, de la garder pour toi, de chercher ta commodité ; c’est la voix qui te pousse à suivre les conseils du monde, à travers la voix d’Internet, de la radio, des journaux, ou de n’importe quel autre qui te dise comment gérer ta relation à tes proches ; c’est la voix qui te fait révolter contre ton histoire et la volonté de Dieu, et à te faire toi-même pasteur de ton existence.

La Bonne Nouvelle c’est que le Seigneur Jésus-Christ vient aujourd’hui, tel le Bon Pasteur, par l’Eucharistie : il nous emmène sur un bon pâturage, qui est cet autel, où nous attend une nourriture délicieuse. C’est lui-même, l’Agneau, qui se fait manger par nous, afin que nous puissions devenir des brebis, à notre tour : des brebis dociles et obéissantes, qui se laissent conduire par son berger sur les pâturages de leurs existences, avec confiance, et qui se laissent aussi dévorer par les autres, puisqu’elles ont expérimenté que là elles trouvent la vie, celle même que leur Pasteur a déposée en leur faveur.

 

Ciro LIPARTITI – Diacre, séminariste stagiaire à Saint-Martin