Merci de vous inscrire sans plus tarder, sur la lecture de l'évangile de Saint-Marc le MARDI 14 FÉVRIER de 9h15 à 15h30 à ARLON Clairefontainechez les Prêtres du Sacré-Cœur, 81 rue du Cloître. |
| Lire la suite... |
| Homélie du 2 septembre 2007 |
|
|
|
|
1ère lecture : du
livre de Ben Sirac le Sage (3,17-18.20.28-29) Nous étions en plein dans
l'Evangile de ce dimanche ! La mise en scène par Jésus du
choix des places à la table de fête dans cette parabole, n'est pas de sa part
une décision anodine ! Se battre pour sa place, que ce soit à table ou dans la
vie professionnelle ou sociale, voilà un sport qui ne date pas d'hier
et nous
connaissons tous des versions modernes de cette propension de la nature humaine
à se faire valoir, à jouer des coudes ! "Les dessous" d'un repas de
noces
nous en avons déjà tous entendus parler ! Pour Jésus et pour toute la
tradition de son peuple conservée dans la Bible, le repas de noces est le grand
symbole de l'au-delà, la grande image biblique de la plénitude du Royaume de
Dieu. Mais quand Jésus nous parle
du Royaume, il nous parle tout à la fois, en même temps, du présent et de
l'avenir, l'un éclairant l'autre
et lui donnant sens. C'est essentiel pour
comprendre le message chrétien. On ne peut entrevoir quelque chose de l'au-delà
qu'à partir du présent. Et en même temps, l'au-delà doit stimuler notre
aujourd'hui, lui donner de la perspective. Mais en fait, quel est le
message de Jésus dans l'Evangile de ce jour à propos du Royaume ? Tout d'abord une invitation à
l'humilité. Nietzsche, Marx et Freud, "les maîtres du soupçon" du 19ème
siècle se sont insurgés en chur contre l'humilité chrétienne. "Ils y ont
vu une aliénation, une manière pour les faibles de refuser lâchement le dur
combat de la vie, de ne pas lutter contre l'injustice sociale ou de demeurer
enfermés dans une relation psychologiquement infantile
" (B. REVILLION) Il est vrai que l'injonction
d'humilité a parfois permis aux puissants de maintenir leur pouvoir et de faire
rentrer dans le rang "les têtes fortes" ! C'est vrai dans le monde
comme dans l'Eglise ! Au nom de l'humilité, on a
parfois cassé des êtres généreux dont le seul défaut était d'avoir un peu trop
de caractère ! Mais l'humilité dont nous
parle la Parole de Dieu, ce n'est pas l'écrasement du faible mais la
reconnaissance de notre "pesanteur", de notre fragilité. Selon
l'étymologie, être humble, c'est se trouver au plus près du sol. Humilité vient
de "humus", la terre. "Se reconnaître fragile,
écrit Bertrand REVILLION dans "Prions en Eglise", (se reconnaître)
vulnérable, c'est briser le verrou de l'orgueil, laisser l'Esprit ouvrir
l'oreille de notre cur. C'est laisser Dieu entrer en nous par nos failles et
nos blessures
" L'humilité est une échelle bien plantée dans la terre et
qui nous élève vers le ciel. Là, à la table du Royaume, tout orgueil et toute
prétention honorifique n'auront plus cours. Notre besoin de reconnaissance et
de pouvoir sera vain
car tous, même les derniers, même les derniers, même les
plus faibles seront accueillis et reconnus par l'Amour qui nous aimera
gratuitement. Voilà bien toute la magie,
tout le secret de l'Evangile : rêver du ciel, de la plénitude du Royaume, c'est
revoir radicalement la manière dont nous vivons le présent. En ces jours de rentrée,
rentrée scolaire, professionnelle, paroissiale, il est bon de nous entendre
redire que la priorité de Dieu, c'est l'amour gratuit. "L'idéal du sage,
disait la première lecture, c'est une oreille qui écoute". Je vous
souhaite à tous d'écouter Dieu pour remettre de l'ordre dans vos choix, dans
vos priorités, dans vos comportements. Vivre la gratuité
voilà sans
aucun doute le véritable trésor de l'Eglise qu'elle doit distribuer à temps et
à contretemps ! Au cur même d'une société où le profit règne en maître, voilà
le signe distinctif des chrétiens, le signe de la reconnaissance ! C'est cette
gratuité de l'amour divin que nous venons célébrer ici chaque semaine ! Abbé Jean-Marie JADOT Doyen
de Saint-Martin |



